La Séquence du Veda

Les vibrations de la Loi Naturelle qui ont été formulées dans la conscience autoréférente des Ṛṣis Védiques, sont exprimées comme les hymnes de la littérature védique. Dans sa structure, elle consistes en une séquence de sons et de silence. Les sons sont connus sous le nom de mantras et le silence est la conscience. Ceci est exprimé dans l’Apastamba Shrauta Sūtram du texte védique de Kalp comme: Mantra-Brāhmanayor-Veda Nāmadheyam (le son et la conscience constituent ensemble le Veda. 24.131) Les sons du Veda sont contenus dans les syllabes, mots, versets, hymnes et mandalas qui composent la littérature védique. Le silence se trouve dans les espaces entre toutes ces variations de sons. La signification du déploiement séquentiel et ordonné de la connaissance védique est décrite dans l’Apaurusheya Bhāshya, le commentaire de Maharishi sur le Ṛk Veda. Ceci, selon Maharishi est, «essentiellement le commentaire sur les espaces entre les syllabes de la structure védique – la valeur non-manifestée de la conscience, qui, dans son dynamisme autoréférent, constitue les mécanismes de transformation du son précédent dans le son suivant»

Alors que la plupart des commentaires sur la littérature védique expliquent la signification des mots, l’Apaurusheya Bhāshya de Maharishi est appelé le «commentaire non créé» parce qu’il se focalise sur le processus créatif qui explique l’émergence du son à partir de la réalité silencieuse et non créée de la conscience pure. Cette perspicacité résulte de la réalisation de Maharishi que le Veda, à travers ses propres mécanismes internes, se commente lui-même. Selon l’Apaurusheya Bhāshya, le Veda, à partir de la première syllabe, sa première expression, contient toute la connaissance sous forme de graine pour toutes les expressions ultérieures. Si la connaissance complète est contenue dans la première syllabe, elle doit aussi être contenue dans le premier mot, le premier verset, le premier hymne, etc. Ainsi, la connaissance continue à se déployer séquentiellement sous des formes plus élaborées. Chaque élaboration devient un «commentaire» sur l’expression précédente plus compacte.

La première syllabe du Ṛk Veda est ‘A’ (A – prononcé comme ‘Ah’). La prononciation de ‘A’ exige l’ouverture complète de la bouche et contient en elle le potentiel total pour tous les autres sons possibles. Maharishi a décrit la progression séquentielle du son dans la forme. 

Ce thème naturel de l’évolution de la conscience part du son holistique, ‘A’, et évolue dans les expressions fragmentées de ‘A’ – les sons des voyelles et des consonnes – et dans le processus continu de l’évolution dans les formes du son, ou formes de parole, évoluant davantage dans les formes de création matérielle.

C’est la vision de Maharishi sur la façon dont la conscience, le niveau fondamental de la nature, crée de l’intérieur lui-même et est ultimement responsable de toutes les formes et phénomènes de l’univers physique. Plus important encore dans la vision de Maharishi est la capacité d’un individu à expérimenter le pouvoir d’organisation de la Loi Naturelle qui est présent dans le déploiement séquentiel de la structure du Ṛk Veda. La Méditation Transcendantale est, comme nous l’avons déjà dit, un moyen naturel et systématique d’amener l’esprit à son état le moins excité où les vibrations subtiles de la conscience qui constituent le Veda sont éveillées. Le résultat est que la pensée, la parole et le comportement individuels deviennent plus alignés avec l’ordre inhérent dans le fonctionnement de la nature. Selon Maharishi, cela s’étend également à la lecture de la littérature védique en séquence. «Lorsque le texte védique est correctement prononcé dans son ordre correct, il stimule tous les éléments de la physiologie du cerveau à être pleinement alerte et à fonctionner holistiquement de manière cohérente et ordonnée».

La séquence est importante parce qu’elle aligne le cerveau avec la direction évolutive de la Loi Naturelle qui est présente dans la structure naturellement déployée de la littérature védique elle-même. Tout comme l’expression totale du Ṛk Veda est contenue dans ‘A’, le début de chaque texte de la littérature védique contient l’intégralité de cette valeur particulière de la connaissance sous forme compacte. À partir de là, le texte se déploie dans une séquence parfaite à mesure que la connaissance s’ouvre à elle-même. La fin de chaque texte contient la valeur non compactée de la connaissance qui est exprimée comme sa valeur de point. Lire le texte du début à la fin intègre la pleine étendue de la connaissance – de la totalité à son point – dans notre physiologie cérébrale. Au niveau de notre conscience, elle crée simultanément la conscience du silence (l’intégralité, la totalité) et du dynamisme (la valeur de point). Cette coexistence de valeurs opposées, comme nous l’avons vu plus haut, est le fondement du fonctionnement intégré de l’esprit dans les états supérieurs de conscience. Ma propre recherche en la conscience, qui est décrite plus loin dans cette proposition, inclut un programme systématique de lecture de la littérature védique en séquence en combinaison avec une approche qui suit le calendrier védique.

La connaissance védique… et pourquoi notre époque ne serait pas finalement incluse dans cette connaissance? Où posons la question différemment! À quel moment pouvons-nous dire que notre époque est partie intégrante de la connaissance védique, quelle est védique? 

Puisque le Ṛk Veda est la source de tous les dharmas et que toute la littérature védique en émerge, il est logique d’en conclure qu’il doit y avoir une relation entre la source et son expression. 

Répondre à cette question, c’est comprendre que la connaissance et donc la littérature védique, est le devenir de la conscience. Pour reprendre une phrase célèbre: «On devient ce que l’on voit.» À un niveau qui perçoit? La conscience dans sa qualité de Ṛṣi. Qu’est-ce qui est perçu? La conscience dans sa qualité de Chandas. Et par quel miracle? Celui de la conscience dans sa qualité de Devatā. 

Finalement, nous ne pouvons parler de connaissance védique uniquement en référence à cette structure de trois-en-un. Le processus doit nous amener à prendre conscience, un peu comme cette série télévisée ‘les Cinq Dernières Minutes’ où à la fin le commissaire Bourrel dit: «Bon Dieu! Mais c’est bien sûr!»

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