Le Véritable Travail

Le véritable travail d’unification de la vie pour que, dans cet état unifié, la vie puisse éternellement être vécue dans l’abondance, aux deux niveaux, subjectif et objectif. Aux deux niveaux, subjectif et objectif, la vie doit être illimitée, infinie, éternelle. C’est pourquoi le processus d’évolution commence sur le mécanisme direct de l’unité lorsque les deux aspects de la vie sont devenus une réalité vivante, le Soi et le non soi.

Lorsque les deux sont devenus la réalité vivante de la vie quotidienne, on agit et pourtant on est le témoin de son action. On dort et pourtant on est le témoin de son sommeil. Lorsque l’on est capable de jouir du sommeil, commence alors le processus de l’éveil complet. D’ordinaire, on s’endort, on est parti, mais ce n’est que dans la conscience cosmique que l’on jouit vraiment du sommeil, parce que l’on fait l’expérience de ce qu’est le sommeil. On est éveillé tout en dormant. Cette expérience du sommeil n’est disponible dans aucun autre état, à l’exception de la conscience cosmique.

On dort, on bénéficie du sommeil. Mais on ne sait pas ce qu’est le sommeil. Pendant cet état de sommeil profond, on est ailleurs. Mais ce n’est que dans la conscience cosmique que l’on est éveillé au sommeil, comme on est éveillé à la veille, comme on est éveillé au rêve. Ainsi, même les états relatifs de la vie ne sont pas appréciés si l’on ne s’est pas élevé à la conscience cosmique. 

Qu’est-ce que… Regardez le mirage de la vie. On n’a même pas la capacité de jouir du sommeil! Comment un tel homme peut-il apprécier ce qu’est l’éveil? C’est ce qu’on appelle «faire l’idiot*»… (rire). C’est exactement cela, faire l’imbécile, ne pas savoir ce qui est là, ne pas savoir ce que l’on fait, mais s’occuper tout le temps: «Je n’ai pas le temps, pas le temps. Pas de temps pour quoi que ce soit. On ne fait que s’amuser. C’est la vie dans l’ignorance. Ne pas savoir ce que l’on est, ne pas savoir ce qu’est l’autre chose, mais pourtant s’engager dans le fait de faire, s’engager dans le comportement. Ne pas savoir ce que c’est, mais s’engager, comme ça, comme ça, comme ça… La vie dans l’ignorance prive un homme de la joie du sommeil. Cette profonde ignorance, et cette ignorance du Soi. 

Et quand le Soi a été gagné. Gagné signifie: quand il est arrivé à notre conscience. Le non-soi est alors ceci et cela, et le Soi est ceci. Le monde a donc été séparé en deux segments, le subjectif et l’objectif. 

Lorsque les deux sont séparés. La vie commence alors à être un peu inconfortable. Parce que la vie est un tout. Et lorsqu’elle est divisée en segments, ceci et cela. Spontanément, la mécanique de la nature se met en place pour unifier la vie. Et cette unification, cette croissance à partir de la conscience cosmique, se fait principalement par la culture du cœur. 

L’esprit a été suffisamment cultivé. Et la culture de l’esprit a divisé la création en deux segments: subjectif et objectif. C’est ce que l’esprit a fait. Le cœur accepte le défi de l’esprit et commence à unir les deux segments de la vie. Le cœur commence à unir. 

Toute la culture de la personnalité, à partir de l’état de conscience cosmique, est engendrée par la culture du cœur. Le cœur joue le rôle principal dans l’écriture de la conscience de Dieu. Le cœur, la qualité du cœur est d’apprécier.

L’amour, c’est quoi? L’appréciation. L’appréciation est l’amour, l’acceptation. Et cette qualité, lorsqu’elle grandit, accepte. Ce n’est pas le grossier qui domine la vision, c’est quelque chose de subtil. 

La mère ne se préoccupe pas de ce que dit l’enfant. Parce qu’au fond d’elle se trouve l’âme de l’enfant, qui est l’âme de la mère. Donc, un ensemble. La valeur superficielle de la séparation n’a pas d’importance. C’est la vision raffinée de l’amour qui ne se préoccupe pas de la grossièreté superficielle, elle apprécie seulement, apprécie, apprécie, apprécie.

Quelqu’un que vous aimez, vous ne vous préoccupez pas de ses erreurs. Quelqu’un que vous n’aimez pas, vous l’enveloppez d’erreurs, même s’il ne s’est pas trompé. (rires) Le manque d’amour. La haine est un amour négatif. Le manque d’amour va même ajouter de la grossièreté. Et l’amour lavera toutes les grossièretés. Il en ressortira quelque chose de subtil, quelque chose de bon.

Ainsi, cette tendresse de la perception permet d’apprécier les valeurs plus tendres de la vie et de ne pas se préoccuper des valeurs plus grossières de la vie. Personne ne se préoccupe de ce qui est grossier. Il y a quelque chose de raffiné, il y a quelque chose de beau. 

C’est le raffinement de la vision qui marque le passage de la conscience cosmique à la conscience de Dieu. Ce raffinement de la perception est dû au développement du niveau du cœur. La capacité élargie du cœur. C’est pourquoi le chemin entre la conscience cosmique et la conscience de Dieu est appelé le chemin de la dévotion, le chemin de l’amour. La dévotion. 

La dévotion n’aime pas le raisonnement. L’amour ne connaît pas la raison. C’est ce que dit le proverbe. C’est la qualité spontanée du cœur, non fondée sur la raison qui est la gloire de l’esprit. Toute la raison de l’esprit est établie dans le Soi, le non soi, évidemment sur les expériences du Soi, du non soi. Il y a peut-être une raison absolue pour que le Soi et le non soi soient deux. 

Il y a une raison absolue. Le Soi est absolu. Le non soi est relatif. Le relatif est le manifesté changeant, l’absolu le non-manifesté non-changeant. Les deux n’ont rien à voir l’un avec l’autre, en ce qui concerne leur structure. L’un est relatif, l’autre est absolu. 

Cette raison absolue pour laquelle ces deux choses sont séparées n’est pas suffisante pour que le cœur fasse un compromis. Il s’élève pour les unir ensemble malgré la raison absolue, fixe, inamovible et incontestable que les deux sont deux. L’amour ne connaît pas de raison. Il doit unir! 

Dans l’état de conscience cosmique, les deux sont les réalités de la vie. Le cœur s’élève, prend son courage à deux mains pour unir ces deux valeurs absolument différentes de la vie. Le cœur ne se préoccupe pas du fait qu’elles ne peuvent pas être unies. Mais il s’élève dans son effort pour les unir. L’unité du relatif avec l’absolu est absolument impossible. Mais le cœur prend son courage à deux mains. L’amour ne connaît pas de raison. Il s’enfle simplement dans sa qualité. Il s’élève dans l’évolution de l’amour et commence à apprécier le non-soi graduellement vers la valeur du Soi. Graduellement. 

Et pas directement vers la valeur du Soi. Mais directement, sans se soucier de la grossièreté de la valeur superficielle de l’objet. Et permettant à la vision de tomber sur la valeur cachée plus délicate et subtile de l’objet. Et graduellement, graduellement, ne plus se préoccuper de ce qui est grossier, et se préoccuper de plus en plus de ce qui est subtil. Et subtil, et subtil, et subtil. Le pouvoir de l’amour, la lumière de l’amour, apporte la valeur la plus délicate de l’objet à la surface de la cognition. La cognition est alors très, très riche. 

Cette riche cognition de l’objet, la valeur céleste de l’objet, fascine en quelque sorte le Soi. Et alors le Soi, qui est absolument séparé de l’objet dans ses caractéristiques, commence à fondre, comme s’il fondait. Ou, si nous ne pouvons pas accepter la fusion de l’absolu … très bien, ne lui permettons pas de fondre. Maintenant, faisons fondre le relatif le plus fin dans la valeur de l’infini. 

Dans le même processus de déploiement de l’aspect de plus en plus délicat de l’objet, sans se soucier de l’aspect grossier de la valeur superficielle de l’objet et en commençant à approfondir de plus en plus la valeur délicate de l’objet, alors l’objet est apprécié dans la valeur céleste relative suprême. Le pouvoir de l’amour commence alors à se réjouir de l’accomplissement et de plus en plus d’amour. Parce que l’objet est de plus en plus fascinant, de plus en plus fascinant et de plus en plus fascinant. 

Cette vague d’amour croissante fait passer la valeur de l’objet de la valeur céleste suprême à la valeur transcendantale infinie de l’Être. Et lorsque cela est acquis, alors l’expansion du cœur commence à se calmer. Le cœur a alors atteint son but. Le développement complet du cœur a uni les valeurs toujours séparées de l’absolu et du relatif. Une unité que l’esprit n’aurait pas pu concevoir sans le plein développement du cœur. 

Sans l’aide du cœur, l’esprit n’aurait pas conçu l’unité du non soi avec le Soi. L’unité du manifesté et du non-manifesté est tout simplement inconcevable au niveau de l’intellect. Mais le cœur est venu soutenir, aider, cet état paralysé de l’intellect qui ne peut, pour quelque raison que ce soit, même concevoir que l’absolu et le relatif puissent être unis en une seule phase. 

C’est la valeur du cœur qui a permis à l’esprit ou à l’intellect de gagner la conviction que «je» et cela, et tu es cela, et que tout ceci est cela. Cette compréhension intellectuelle sur le chemin de l’esprit ou de l’intellect se réalise lorsque, avec l’aide du cœur, les deux entités complètement séparées l’une de l’autre, le Soi et le non soi, en sont venues à se serrer la main pour se tenir sur le même plan. Lorsque l’objet est connu en termes du sujet, il s’agit de la conscience d’unité: L’unité. L’esprit analyse alors: «oui, oui, c’est vrai, nous n’étions pas deux, nous ne faisons qu’un». Ainsi, le processus de développement de ces deux facultés de vie que sont le cœur et l’esprit fonctionne de manière optimale lorsque l’on en est doté (fin). – Maharishi Mahesh Yogi, d’une cassette audio de 1972

La lampe à la porte – le thalamus et les états supérieurs de conscience

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(…suite) L’éveil ou la vigilance, constate Nader, est maintenu dans la physiologie en partie par le thalamus. En effet, l’implication du thalamus dans le maintien de la vigilance contribue à sa qualité de «lampe à la porte». Comme nous l’avons déjà noté, l’expression «lampe à la porte» décrit la fonction bidirectionnelle de la conscience qui éclaire simultanément l’intérieur et l’extérieur. Nyāya correspond au thalamus qui, dans le cerveau, est le siège de la justice. Nader commente qu’il y a justice entre la perception innocente – enregistrée par les sens de la perception arrivant au thalamus – et la conclusion intellectuelle pour initier l’action. En outre, la qualité de distinction et de décision de la conscience, qui est Nyāya, est remplie par le thalamus et les cinq chapitres de Nyāya correspondent aux cinq divisions du thalamus.

Dans une analyse du sens de la vue du point de vue de Nyāya, Nader explique que dans la vision d’une fleur, l’œil capte la réflexion de la lumière sur l’objet. Cette lumière atteint la rétine et excite ou inhibe un certain nombre de cellules. Le sens de la fleur (ou de tout autre objet) n’est pas inhérent aux cellules réceptrices individuelles de la rétine. Les cellules sont soit simplement inhibées, soit excitées, soit neutres. Cependant, toute caractéristique particulière de la fleur (qu’il appelle ses valeurs ponctuelles) entraîne une stimulation ou une inhibition d’un type et d’un nombre spécifiques de cellules dans la rétine.

L’information provenant de ces cellules est acheminée par diverses stations jusqu’au thalamus et, de là, jusqu’au cortex cérébral où elle est perçue comme une fleur présentant des caractéristiques spécifiques. La réponse spécifique des cellules rétiniennes correspond aux valeurs spécifiques ou aux valeurs ponctuelles extérieures, spécifiques, relatives et changeantes. La reconstruction de la fleur par le cortex cérébral en une totalité (le concept holistique de la fleur qui transcende les caractéristiques particulières de toute fleur) représente l’aspect ou la fonction holistique, orientée vers l’intérieur et, sans doute, plus transcendantale. Le thalamus est le point de connexion entre l’intérieur et l’extérieur, le spécifique et l’holistique. C’est la lampe à la porte qui soutient à la fois les parties et le tout.

Considérant que la connaissance est différente selon les états différents de conscience, Nader poursuit en expliquant comment le principe de la lampe à la porte peut être revu en fonction des sept états de conscience décrits dans la Science Védique Maharishi. Dans l’état de conscience de sommeil, le thalamus est en mode dormant, les portes du thalamus sont fermées, ou la lampe à la porte n’est pas allumée, pour ainsi dire, et il n’y a pas de perception. Dans la conscience de rêve, la conscience traite les impressions stockées en leur donnant une réalité illusoire. Là encore, la lampe n’est pas allumée, mais le sujet est absorbé dans une réalité imaginaire. À l’état de veille, le stimulus sensoriel facilite la perception d’un objet mais occulte l’Ātmā ou le Soi en tant que conscience illimitée plutôt que l’ego individuel, le petit soi.

La lampe est allumée à l’extérieur mais pas à l’intérieur. L’écran sous-jacent de la conscience pure (l’Ātmā) est obscurci, de sorte que la perception de l’objet est colorée ou influencée par les tendances du système nerveux de l’individu, ou par son sens relatif du soi. Si le système nerveux est plus sollicité, la perception est plus ombragée ou plus éloignée de la réalité. Dans la conscience transcendantale, l’individu jouit d’un état transcendantal au-delà de la pensée et de la perception sensorielle; l’Ātmā est maintenu sans valeurs spécifiques. Dans ce cas, c’est comme si la lampe était allumée à l’intérieur mais pas à l’extérieur.

En revanche, dans la conscience cosmique, on fait l’expérience à la fois de la réalité transcendante intérieure et du champ extérieur de la perception relative; la lampe est à la porte et éclaire l’intérieur et l’extérieur. Dans des états de conscience encore plus développés, la conscience cosmique raffinée (également connue sous le nom de conscience de Dieu) et la conscience d’unité, la pleine valeur de l’extérieur est mise en évidence. Dans la conscience de Dieu, sur la base d’un écran de conscience intérieur clair, la perception extérieure est raffinée et nette, vue dans toute sa gloire. Dans la conscience d’unité, le Soi intérieur ou l’Ātmā devient la seule expérience intérieure et imprègne toutes les conditions de perception, de pensée, de parole et d’action.

Le thalamus conserve ses qualités de distinction et de décision et permet à la conscience de détecter des valeurs spécifiques, telles qu’une fleur, mais au lieu de les voir comme de petites unités, elle voit la Totalité, ou l’unité en mouvement à l’intérieur d’elle-même. L’intérieur n’est jamais éclipsé, mais les valeurs distinctes de l’extérieur sont appréciées. Nader explique que c’est ainsi que le Nyāya maintient la justice ou l’équilibre entre le changement et le non-changement, l’extérieur et l’intérieur, le relatif et l’absolu, le dynamisme et le silence. La fleur est vue, mais l’infini n’est jamais perdu. Comme le décrit Nader, c’est comme la vision de l’orfèvre qui voit la forme, mais qui voit l’or dans chaque forme. C’est ce qu’on appelle la vision illuminée, qui ne connaît l’obscurité à aucun niveau – que ce soit au niveau des sens, de l’esprit, de l’intellect ou de l’ego.

Dans ce sens, Darshana se réfère à la cognition au-delà de l’état de veille. Quand il est analysé du point de vue de la Science Védique Maharishi, Darshana peut être considéré comme un phénomène universel d’états de conscience supérieurs, avec d’énormes implications pour toute expérience ou compréhension du pouvoir de la perception et de l’interactivité du regard dans l’art. 

Comme nous le verrons ici, Darshana ne se réfère pas seulement à la sextuple boucle d’émergence et de submersion (du Nyāya au Vedānta), mais aussi à la qualité bidirectionnelle de l’intelligence, la lampe à la porte; on la retrouve dans la physiologie dans le fonctionnement du thalamus et, dans les états de conscience supérieurs, elle est expérimentée en tant que conscience cosmique, conscience de Dieu et conscience d’unité. L’idée de l’illumination simultanée de l’intérieur et de l’extérieur au niveau de la conscience individuelle signifie que le sujet peut tout connaître – toutes les phases de l’existence, toutes les structures, toutes les fonctions, toutes les formes et tous les phénomènes. (À suivre)

Chaque niveau de conscience a son propre monde

Aujourd’hui, plus que jamais, la réalité des sept états de conscience trouve son expression dans une population mondiale où la diversité de l’attention est absolument dans toutes les directions. Des personnes les plus spirituelles, en passant par celles enclins à un matérialisme sans bornes, pour finalement toucher aux plus faibles qui n’ont de choix que de subir leur existence. La vidéo suivante est parlante, le texte est explicatif.

Concise description des 7 états de conscience, août 1968, Squaw Valley, CA, USA (en anglais)

Maharishi: […] Lorsqu’un homme au sommet de la montagne dit: «Oh, je vois ceci…», et qu’un homme au pied de la montagne dit: «Je vois ceci…», les deux sont corrects [de leur point de vue]! Aucun n’est faux. [L’homme au pied de la montagne est] correct dans le sens où il voit seulement «ceci», il ne peut voir que «ceci» et il ne peut décrire que «ceci». C’est donc la réalité de sa position!

Un homme situé au milieu de la montagne a un niveau de vue différent. De son niveau, tout ce qu’il voit, il le décrit. Il est capable de décrire plus que l’homme au pied de la montagne. Mais ce «plus» est encore bien moindre que celui de l’homme au sommet de la montagne. Ainsi, cela dépend à quel niveau de conscience on fait l’expérience de l’environnement. Dans la Conscience d’Unité […], on ne trouve aucune différence […]. Dans la Conscience de Dieu, on a une image complètement différente du monde: le monde est très fascinant, très beau. Dans la Conscience Cosmique, [la vision] a un statut complètement différent: «Cela change toujours, je ne change pas. J’ai une grande supériorité sur tout cela»… Dans la Conscience Transcendantale, le monde n’existe pas, [seulement l’état de vigilance silencieuse]. Dans l’état de veille, tout est si cher, si bien, si agréable… des valeurs localisées, toutes localisées… Dans l’état de rêve, la fascination est différente. Dans le sommeil, rien n’existe.

Ainsi, quand un homme dort, il ne voit rien, et un homme en Conscience de Dieu voit tout si brillant, lumineux, fascinant et beau: les expériences d’un dormeur et d’un homme en Conscience de Dieu seront complètement différentes. Les deux ont raison! Les deux ont absolument raison, mais les expériences n’ont rien à voir l’une avec l’autre.

C’est la Philosophie de la Vie qui peut donner une validité à deux domaines d’expérience complètement différents… […] En résumé, nous disons: les expériences sont différentes dans les différents états de conscience. Tout comme nous mettons des lunettes différentes et l’expérience [de la vision] devient différente: jaune, vert, rouge… Mettre des lunettes différentes signifie avoir différents niveaux de conscience… différents états de conscience.

Toutes les expériences sont valables. Toutes sont les vérités de l’existence. Rien ne conteste l’autre. […] Les états de conscience sont différents et dans chaque état de conscience, le monde est différent, l’expérience est différente – tout simplement parce que dans chaque état de conscience, notre machinerie [c’est-à-dire notre corps] fonctionne différemment!

Lorsque le taux métabolique prend une forme particulière – correspondant à ce style particulier de fonctionnement – nous obtenons le niveau de conscience… soit l’état de conscience de sommeil, soit de rêve, soit de veille, soit la Conscience Transcendantale, soit la Conscience Cosmique, soit la Conscience de Dieu, soit la Conscience d’Unité… Ce sont les différents états de conscience qui perçoivent le monde selon leur capacité de perception.

Ces différents niveaux de conscience ont des évaluations différentes. Et ceci est la vérité: le monde est tel que nous sommes. Quelle que soit la valeur de la conscience, c’est la valeur du monde pour nous. Et chacun est concerné avec la valeur du monde en termes de lui-même. Le monde peut être différent pour quelqu’un d’autre mais pour moi c’est comme ça et c’est mon monde. […] Donc, mon monde est tel que je suis. Votre monde est tel que vous êtes.

[Notre attitude est la suivante:] vous êtes pour moi comme je suis pour moi-même. Je suis pour vous comme vous l’êtes pour vous-même. Telle est la situation… Donc, peu m’importe ce que vous pensez de moi, je suis heureux tant que je pense du bien de vous… c’est tout ce qui compte. Je peux être complètement mauvais pour vous mais avec cette méchanceté je ne suis pas concerné tant que je me sens bien avec vous. […] Je suis concerné par ce bien. Je ne me soucie pas de ce que vous pensez de moi. Si vous pensez du mal de moi, très bien, je peux être mauvais pour vous mais vous resterez toujours bon pour moi parce que je pense du bien de vous. C’est un tel soulagement! [Maharishi et le public rient] Cela me sort des situations où je me trouve paralysé.

[Jusqu’à présent], je me trouve paralysé lorsque vous pensez différemment [de moi]. [Mais] je ne peux pas aider votre façon de penser parce que vous ne pouvez penser qu’à partir de votre niveau de conscience, je ne peux penser qu’à partir de mon niveau de conscience… et [donc] je me sens paralysé parce que je ne peux pas aider votre façon de penser. La façon dont vous pensez [est] la façon dont vous êtes parce que vous ne pouvez penser qu’à partir de votre niveau de conscience.

Mais jusqu’à présent, j’étais inquiet parce que j’essayais de me préoccuper de ce que vous pensiez: vous pensiez du mal de moi et j’ai commencé à me sentir mal parce que vous pensez du mal de moi et je ne peux pas vous aider à penser du bien de moi. J’étais donc malheureux parce que je voulais savoir si vous pensiez du bien de moi. Mais maintenant, je me sens soulagé parce que je ne suis pas concerné par ce que vous pensez de moi. Si vous pensez du mal de moi, alors vous devriez être malheureux avec ce mal. Et parce que je pense du bien de vous, je peux être heureux avec mon bien.

Cela me libère complètement de toute la misère que je m’infligeais inutilement parce que vous ne pensiez pas du bien de moi. Donc, vous restez avec ce que vous pensez et je resterai toujours avec ce que je pense.

Cette situation naturelle vient avec cette connaissance. Et c’est un tel soulagement: pourquoi devrais-je me tenir responsable de votre territoire de préoccupation. Ce qui vous concerne, c’est ce que vous pensez de moi, ce que vous pensez du pilier, ce que vous pensez du plafond… c’est ce qui vous concerne! Je ne peux pas me rendre misérable pour votre responsabilité. Vos pensées sont votre responsabilité, elles ne sont pas ma responsabilité. Alors, pourquoi je ne devrais pas vous laisser libre d’être avec vos responsabilités… pourquoi devrais-je mettre votre responsabilité dans ma tête et mon cœur? Il est complètement inutile que je vous prive de votre liberté.

Vous restez avec votre pensée et dorénavant je ne vais pas me rendre malheureux parce que vous pensez de telle ou telle façon. Je ne veux pas que vous soyez privés de votre liberté parce que de toute façon vous ne pouvez pas en être privés! Le niveau de votre conscience est le niveau de votre pensée. Il ne peut pas être modifié à moins que vous ne suiviez un “cours de cycles de Méditation Transcendantale”. Et alors, le nouveau niveau de pensée est votre niveau de pensée – ce n’est pas mon niveau de toute façon.

Il n’est pas bon de se rendre malheureux parce qu’un de nos amis, un de nos parents, ne pense pas du bien de nous. S’il ne pense pas du bien de nous, c’est sa responsabilité – il a ce genre de lunettes qui ne lui conviennent pas! Mais il les met!

Cette connaissance, cette conclusion pratique, nous rend absolument libre dans notre esprit:  Juste parce que les autres ne pensent pas du bien de nous… qu’est-ce que c’est [pour nous rendre malheureux]? Ils pensent comme ils pensent, nous sommes bons tant que nous pensons en bien d’eux. Nous ne voulons donc pas savoir: «Qui ne pense pas du bien de moi?» Parce qu’en sachant cela, mon bon sentiment à son égard peut être assombri.

Mais sachant juste ce fait que chaque homme pense à partir de son niveau de conscience, juste cette connaissance que dans chaque état de conscience les pensées sont différentes, les expériences sont différentes, les réalités sont différentes. Donc, nous ne pouvons pas modifier le niveau de conscience de quiconque. Il doit se libérer du stress et automatiquement son niveau de pensée, son niveau de compréhension, son niveau de sentiment seront meilleurs. Et alors seulement, il commencera à penser d’une meilleure façon.

Le simple fait de comprendre que chaque niveau de conscience possède son propre monde nous libère des grandes influences contraignantes de la pensée des autres à notre égard. […] Ce qui est nécessaire, c’est de sauvegarder notre propre cœur et notre propre esprit. Il est nécessaire de protéger nos sentiments envers les autres. Il est nécessaire de protéger notre compréhension envers les autres, c’est-à-dire ne pas laisser notre compréhension être abaissée. 

Nos sentiments envers une personne doivent être bons, amicaux, agréables, élevés, encourageants… Notre compréhension, nos sentiments, notre comportement doivent être à un niveau élevé… à notre niveau. Si une personne est faible, c’est sa responsabilité. C’est l’utilisation pratique de cette connaissance que chacun ne peut penser qu’à partir de son propre niveau de conscience. […] Nous sympathisons avec elle, quel que soit son niveau, et nous l’aidons à s’élever à un niveau supérieur. (1973)

Le changement de paradigme qu’apporte la révélation des sept états de conscience est un immense soulagement pour l’évolution de l’humanité. Effectivement, savoir maintenant que la vie humaine n’est plus limitée aux trois états de conscience relative que sont la veille, le rêve et le sommeil prouve une fois de plus que Dieu a bien fait l’homme à son image. 


Sur le même sujet, je vous invité à examiner le texte suivant: La Croissance Systématique des États Supérieurs de Conscience. Et pour corroborer les propos de Maharishi voici un lien qui ne manquera pas d’attiser votre réflexion: À propos de l’importance de dire du bien des autres…

La Conscience de Dieu – Abandonner le tamas du sommeil profond

Maharishi: «Lorsque l’état de veille de la conscience se comporte dans le domaine céleste de la vie – lorsque la vie céleste commence à dominer dans l’état de veille de la conscience, alors cette expérience actuelle de l’état de veille de la conscience de ceci et de cela se transforme naturellement dans la lumière de la vie céleste, qui est le Dieu. Cela arrive au niveau de la conscience elle-même – la conscience de l’état de veille voyant ceci et ceci et ceci. La conscience de l’état de veille qui voit ce Dieu céleste est beaucoup plus profonde, beaucoup plus belle, beaucoup plus fascinante, beaucoup plus louable.

«Le caractère louable du niveau céleste de la vie supplante l’importance de ceci, de cela et de cela. Dans la conscience, ce niveau de vie céleste est maintenu fermement avec l’Être absolu. Et ce niveau de vie céleste est presque un avec l’Être absolu. La différence entre le relatif grossier et l’Absolu, le grand écart entre le grossier et l’Absolu, devient minime. Une très légère différence, et presque aucune différence. Alors c’est la Conscience de Dieu, qui est 100% l’Être absolu avec le domaine céleste de la vie – l’Être céleste et absolu.

«Dans cet état, le tamas, qui est responsable du sommeil profond, est presque nul – il est là, mais presque nul. La prédominance de sattva est totale. Rajas est là juste pour maintenir le sattva en vie, et tamas est là juste pour maintenir le sattva en vie. Sinon, la prédominance de tamas, comme dans le sommeil profond, disparaît. Et quand tamas disparaît, alors la séparation de la conscience et du sommeil profond – la conscience et le corps allongé sous l’influence de toute l’ignorance, tamas, devient minimisée.

«Ainsi, même pendant le sommeil profond, ce qui reste dominant, c’est la conscience, et pas vraiment la sensation de sommeil comme c’est le cas pendant la Conscience Cosmique, pendant Jivan Mukti. [Dans la Conscience Cosmique] on fait l’expérience que le sommeil est là, et absolument tout calme et établie, la conscience intérieure, les deux choses sont séparées. Cette dualité disparaît dans l’unité de cette vie céleste plus l’Être absolu. Ce qui reste est toute lumière.

Question: «Dans la Conscience Cosmique vous avez l’Absolu plus tamas, et dans la Conscience de Dieu vous avez l’Absolu plus sattva?»

Maharishi: «Oui, [dans la Conscience de Dieu] nous avons le maximum de sattva, et le maximum de sattva est tout céleste. L’obscurité du sommeil profond disparaît. Ce qui reste est la lumière céleste avec la conscience intérieure. L’aspect tamas n’y a pas sa place. C’est ainsi que les deux disparaissent [l’obscurité du sommeil et l’aspect tamas].

«De même, ici, à l’état de veille, le contraste entre l’Absolu et ce relatif grossier est grand. Lorsque ce relatif grossier est remplacé par le niveau céleste de la vie, demeurant tel qu’il est – parce que l’on doit se comporter dans ce domaine – sa prédominance n’existe plus.» – Kumbha Mela, Inde 1966

Dieu, la Conscience de Dieu et la foi

Maharishi: «Ce qui est important pour nous, c’est la Conscience de Dieu, pas la foi en Dieu! La foi n’accomplit rien. Je ne veux pas être cruel envers le beau mot “foi” mais cela revient à gaspiller la vie. Combien, combien de générations sont mortes dans la foi, dans “l’espoir”? Nous ne voulons pas mourir dans la foi. Nous voulons vivre dans l’amitié avec Lui. Et nous voulons tendre la main de la bonne et systématique manière. Et tendre la main pour serrer la main de Dieu, c’est: nous devons être très solidement établis dans notre propre Soi. Sinon, sans savoir qui je suis, je vais rencontrer le Plus Grand. Qui va rencontrer le Plus Grand? (rires de l’auditoire)

«Un homme ignorant ne peut rencontrer que son propre niveau d’ignorance. Celui qui n’est pas conscient de son Soi ne peut rencontrer qu’un homme qui n’est pas conscient de lui-même. Parce que, les deux imbéciles pourraient très bien s’entendre. (rires et applaudissements de l’auditoire, Maharishi rit) Que peut-on dire d’autre? (les rires continuent)

«La Conscience de Dieu ne se réalise pas de manière fanatique – pas en pensant, pas en créant des humeurs, pas en l’implorant, pas en le pleurant. Ce n’est pas par de telles expressions dramatiques d’émotion ou de pensée que l’on peut réaliser Dieu. C’est une réalité qui se trouve au niveau supérieur de la création.

«Ainsi, chacun doit s’élever à sa propre réalité qui l’élève à ce niveau éternel de la vie sur lequel on se trouve alors au niveau supérieur de la Création. Établi dans cette Conscience Cosmique où on est établi dans cette éternité de la vie au niveau de l’Être omniprésent. Ensuite on peut étendre son amour pour Dieu et alors la Conscience de Dieu est à portée de main.

«Pour aimer quelqu’un de très grand, il faut avoir un grand cœur. Un petit cœur ne peut tout simplement pas se gonfler de vagues d’amour pour quelqu’un de très grand. Dieu n’est pas une question de foi!» – 1967, dans une conférence publique

Bonus: Pour ceux qui le désirent, voici une conférence video en anglais de Maharishi avec la transcription: https://enjoytmnews.org/harmony-of-differences-and-waves-of-bliss-the-most-highly-evolved-state-of-human-existence/#.YZlLJy9zhdg

La pauvreté, supprimée par la plénitude dans le vide

Quand il n’y a absolument rien, on trouve absolument tout

Conférence de Genève du 01.12.2005

Maharishi: Comment brisez-vous la pauvreté? Vous amenez la pauvreté au niveau extrême, là où il n’y a absolument rien. Et vous avez écrasé la pauvreté. Et quand il n’y a absolument rien, vous trouvez absolument tout. Et c’est la vraie richesse. 

La vraie richesse est la vraie richesse. Soulignez cette chose un millier de fois. La vraie richesse n’est pas dans la richesse dénombrable – millions, milliards, trillions et autres – ce n’est pas en termes de cette richesse. Mais en termes de la source de toute richesse. La source de la richesse infinie. 

Vous désirez et la chose est là. Vous souhaitez – la chose est là. C’est la vraie richesse. Et c’est à cette classe que nous voulons élever les pauvres. Elle ne se préoccupe pas de pièces et de richesses dénombrables, mais de cette affluence qui est un domaine de toutes possibilités. Toute richesse en est un aspect. 

Mais la richesse n’est pas – à elle seule – la vie totale. Il y a le pouvoir. Il y a le pouvoir. Et il y a la connaissance. Et il y a la félicité. 

Notre éradication de la pauvreté est l’élimination de tout ce qui n’est pas la Totalité. L’élimination de tout ce qui n’est pas la Totalité. Et c’est notre propre autosuffisance. Notre propre conscience. Notre propre conscience. Et c’est principalement une question d’attention. L’attention.

Nous avons le programme d’éradiquer la pauvreté, et ceci dans le sens où le monde l’entend. Mais lorsque nous savons d’où nous fonctionnons pour cela, et où nous voulons emmener notre peuple, nous voulons emmener notre peuple – non pas vers une richesse qui peut être minimisée, ou qui peut être volée, ou qui peut être une cause de douleurs et de larmes. Mais à un niveau où la félicité se meut, où les vagues sont les vagues de la félicité. 

L’état de conscience de rêve est – quelque chose est vu en termes de quelque chose d’autre. Il y a un arbre, et vous le voyez comme un lion qui vous saute dessus. C’est le rêve. Quelque chose est vu comme quelque chose d’autre. 

La Conscience de Dieu, c’est aussi: quelque chose vu en termes de quelque chose d’autre. Vous voyez un manguier, et vous voyez que Krishna est là, et vous voyez que Vishnu est là. Quelque chose qui est vu en termes de quelque chose d’autre. C’est cela, la Conscience de Dieu. 

La Conscience de Dieu – quelque chose vu comme autre chose. Vous voyez quelque chose, mais vous voyez Dieu en elle. Vous voyez quelque chose – Dieu en elle.

La pauvreté signifie qu’un homme est pauvre. Cela signifie qu’il a moins d’argent. Maintenant, quand nous voulons qu’il ait plus d’argent, notre programme est de le priver complètement de tout ce qu’il a maintenant. Et c’est ce que nous disons – c’est notre programme pour éliminer la pauvreté.

Il a un peu d’argent – il est pauvre. Maintenant, nous voulons qu’il ait plus d’argent. Le programme est le suivant: Le priver de tout ce qu’il a – l’amener à un état de vide. L’emmener vers le vide. À la vacuité. Vers l’abstraction. Au non-manifesté. Et lui montrer – lui prouver qu’il a tout. Il a tout. Dans un sens, nous l’emmenons au vide. Et dans le même sens, miraculeusement, nous le privons du vide.

La Méditation Transcendantale et Yoga

Une question a été posée concernant les “expériences de Kundalini” apportées par d’autres techniques…

Maharishi: «Ces expériences sont contenues dans les pratiques de Méditation Transcendantale. Seulement nous ne parlons pas beaucoup de la Kundalini. Bien que presque tous les bons méditants passent par toutes ces expériences.

«Le but de chaque système de Yoga est d’abord d’obtenir le Samadhi, puis de le stabiliser, puis de le développer en Conscience de Dieu et de le laisser trouver son accomplissement dans l’unité (la Conscience d’Unité). C’est le but de chaque Yoga. 

«Parce que l’esprit et le corps vont ensemble, tout comme le Prana. L’activité du Prana, l’activité du corps et l’activité de l’esprit – les trois vont ensemble. Si l’un est plus, l’autre est plus – si l’un est moins, l’autre est moins.

«Différents systèmes ont été élaborés. Et c’est la perfection de l’enseignement, que considérant le corps, le même état de Samadhi peut être atteint. En considérant le Prana, le même état de Samadhi peut être atteint. En considérant l’esprit, le même état de Samadhi peut être atteint. C’est la perfection de l’enseignement.

«Et le Hatha Yoga ne vise rien d’autre que ce que vise tout autre système de Yoga. Et la Méditation Transcendantale apporte la plénitude à chaque système, parce que dans le Yoga – qu’est-ce que le Yoga? L’union est le Yoga. Lorsque l’esprit s’unit à l’Être, alors c’est l’état de Yoga. Où est le Yoga dans le fait de se pencher ou de se lever ou autre chose? Il n’y a pas de Yoga, il n’y a pas d’union, dans les Asanas. Il n’y a pas d’union dans le Pranayama. Si la langue s’unit au nez (rires), cela ne devient pas le Yoga.

«C’est une union, mais c’est à ce niveau. (rires) L’union est l’union de l’individualité avec l’illimité cosmique. C’est l’union, c’est une union significative. Il n’y a pas d’union dans les Asanas, il n’y a pas d’union apportée par le Pranayama et pas d’union dans Pratyahara ou Dharana. Il n’y a pas non plus d’union dans Gyan (la connaissance). L’union est dans le Samadhi. Et Dhyana mène au Samadhi. Dhyana est ce qui prend l’esprit du domaine de l’expérience grossière, l’amène à l’expérience subtile, l’amène à la quiétude du domaine transcendantale. Dhyana ou la méditation est une voie directe au Samadhi, qui est le Yoga.

«Quand le Yoga commence momentanément, quand l’esprit arrive au domaine transcendantale, même momentanément, même vaguement, même à travers un petit contact, un petit peu de cela – alors le Yoga commence. C’est le début du Yoga. Quand on commence la Méditation Transcendantale, alors c’est le début du Yoga. Et quand cet état se stabilise et ne disparaît plus – dans la veille, le rêve, le sommeil, dans les trois états, il continue, c’est la Conscience Cosmique – alors le Yoga est substantiel, il est établi. C’est l’état établi de Yoga.

«Et ensuite, il se glorifie davantage dans l’expérience de la valeur céleste de la vie. Et ensuite l’expérience de tout en termes d’éternité, en termes de son propre Soi, dans l’état d’unité (la Conscience d’Unité). 

«Dans l’état d’unité, lorsque même la perception de la diversité est en termes d’infini, alors la conscience est établie dans l’état éternel de Yoga, de l’union. Il n’y a aucun domaine de désunion, aucune différence, aucune distinction, aucune diversité, juste l’unité. L’unité, l’éternité et c’est l’état permanent de Yoga.

«Ce que nous enseignons est donc le Yoga. Seulement nous ne l’appelons pas ainsi, parce que le mot Yoga a été largement détourné pour signifier faire quelques exercices physiques, se pencher ici et là. C’est pourquoi, dans le seul but de préserver les masses de la confusion du terme, nous n’appelons pas cet enseignement Yoga. Sinon, c’est du Yoga…» – Livigno, Italie, 1970

La relation Maître à disciple

Maharishi: «La dévotion est quelque chose de plus ajouté à l’amour. Elle est complétée par les qualités de service et de vigilance. Le service est également unificateur, mais en même temps, il dépend également de certaines valeurs extérieures. Il doit donc s’appuyer sur la plate-forme de la vigilance. Cette vigilance n’est pas seulement utile à la faculté de servir mais aussi à l’esprit d’amour, car en l’absence de vigilance, même la félicité de l’unité ne deviendrait pas une réalité vivante.

«Un très vieux dicton pratique dit: “l’amour est aveugle”, “l’amour ne connaît pas de raison”, et ceci pour alerter l’amoureux afin qu’il ne soit pas perdu. Que la valeur de l’amour soit appréciée, soit vivante. Veda (?) – cet aspect de la vigilance qui est contenu dans la qualité du service, les deux sont réunis. Si la vigilance est perdue, le sens du service est perdu, la vie s’effondre et la valeur unificatrice de l’amour cesse d’avoir une quelconque valeur pratique et utile. La vigilance seule peut constituer une barrière ou un obstacle à l’influence unificatrice de l’amour. C’est pourquoi la vigilance seule n’est pas donnée dans la dévotion. Qu’est-ce qu’on y donne? Service et amour, amour et service. L’amour et le service signifient la dévotion. La vigilance seule n’est pas considérée – amour et service; le repos du niveau pratique de la vie.

«Quelqu’un qui veut aimer quelqu’un veut lui être d’une valeur pratique. Et c’est cet élément du service – la valeur pratique du service dans le domaine de l’amour. La même chose se produit chez les dévots de Dieu, où l’amour est si profus, si intense et si absorbant qu’on ne peut que se perdre dans ce grand afflux d’émotions – parce qu’il est là, dans cette gloire céleste, cette valeur, cette grandeur – auquel on peut absolument se livrer, sans aucune conscience de soi. Mais alors, pour jouir de la grande valeur de la relation avec Dieu, il faut avoir une position très, très stable et puissante pour l’individualité.

«Et qu’est-ce qui permet à l’homme d’être absorbé par la gloire du domaine céleste? La conscience illimitée, la nature vivante du Soi. Parce que le Soi est déjà établi dans l’illimité de la Conscience Cosmique. Cet établissement de l’absence de limites du Soi dans la Conscience Cosmique est une bonne base pour sauver un homme afin qu’il soit absorbé dans la gloire céleste de Dieu. Et c’est sur cette base que la Conscience de Dieu devient puissante.

«Ce grand afflux d’amour de la gloire céleste de la vie ne devient une réalité vivante au niveau individuel que lorsque l’individualité est établie sur la valeur infinie. Si l’individualité n’est pas établie sur la valeur infinie, elle ne pourra pas soutenir son individualité, elle ne pourra pas jouir de cette gloire céleste de la Conscience Cosmique. Parce que l’objet de l’amour est toute joie, l’amant doit se tenir sur ses pieds, sinon il sera perdu – perte totale d’identité – et fera même honte à cette vague d’amour irrésistible, car elle ne pourra pas servir son objectif.

«Le but de l’amour n’est pas l’absorption totale dans un état d’unicité où la vie cesserait d’être vécue. Le but de l’amour est de rendre la vie significative, aussi puissante que possible, aussi glorieuse que possible. Et si l’on n’est pas capable de soutenir et de profiter de cette vague d’amour, le but de cette vague sera perdu. Et donc, d’une manière très naturelle, d’une manière très spontanée, la vague d’amour est prudente. Elle vient à des degrés croissants avec l’augmentation de la pureté de la vie. Lorsque la vie devient plus pure, la conscience s’élargit, les valeurs physiques et mentales du cœur et de l’esprit s’étendent. Et avec cette expansion du cœur, avec cette expansion du récipient de l’amour, la vague d’amour devient plus grande.

«Dans un cœur expansé, il n’y a aucune chance que la vague d’amour soit plus grande. Et cette situation naturelle, qu’une vague d’amour ne sera pas grande dans un petit cœur, c’est parce que l’amour est gentil. Il ne veut pas que le cœur se brise – il ne le permettra pas. Et c’est pourquoi, à mesure que la pureté grandit, ou que l’Être s’infuse de plus en plus, le cœur se gonfle de plus en plus d’amour, spontanément de plus en plus. Et l’expansion est fructueuse, précieuse pour la vie. Et lorsqu’il se retrouve face à face avec cette gloire céleste, il est capable de soutenir cet élan qui s’élève pour unifier les deux. Et cet élan est soutenu par la vigilance, née de la faculté de servir dans la structure de l’amour.

«C’est donc l’illimité du soi individuel qui est capable de maintenir cette faible ignorance (leshāvidya) sur la base de laquelle l’impact infini de la puissance sous-jacente de l’amour est maintenu. Ainsi, ce sens du service, ce petit sens du service, le maintien de la vigilance, est précieux pour l’amour. Vous voyez la structure de l’amour? Elle est alerte et serviable du début à la fin. C’est ce qui le maintient. – 10.11.1970

La Croissance Systématique des États Supérieurs de Conscience

Combien de fois avons-nous entendu parler des sept états de conscience? Certainement de nombreuses fois… Mais c’est un tel fascinant sujet qui imprègne tout le discourt de Maharishi qu’il est difficile de ne pas y revenir une fois de plus. Souvent lorsque j’écoute une conférence de Maharishi, je me pose la question: «Mais de quel état de conscience parle-t-il?» Des fois, c’est évident mais parfois cela l’est moins, d’où l’importance de la description ci-dessous.

Description de l’expérience et de la connaissance dans les sept états de conscience

À notre époque, Maharishi Mahesh Yogi a mis en lumière une connaissance détaillée des états supérieurs du développement humain, et des technologies de la conscience, y compris les programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi, pour atteindre systématiquement le plein fonctionnement de la physiologie totale du cerveau.

Maharishi a formulé une science complète de la conscience – sa Science Védique – à partir de la connaissance contenue dans l’ancienne Littérature Védique. Cette science décrit les sept états de la conscience humaine – chacun avec son propre état correspondant unique de physiologie et d’expérience mentale – et donne la connaissance théorique et pratique pour déployer la pleine valeur de la conscience humaine. Les trois premiers états de conscience sont communément expérimentés et compris: 

1. L’état de conscience de sommeil – Suṣupti Cetanā: est un état de repos et de régénération du corps et de l’esprit en préparation à l’activité. C’est une partie importante du cycle quotidien pour le maintien de la santé. Il n’y a aucune expérience d’objets de perception et aucune expérience de soi-même.

2. L’état de conscience de rêve – Swapna Cetanā: est un état où l’esprit et le corps se régénèrent en préparation à l’activité. Il est important pour l’équilibre de la santé mentale et physique; c’est l’expérience illusoire des objets et de soi-même. La validité de l’expérience subjective et de la perception d’objets demande une évaluation extérieure à l’état de rêve.

3. L’état de conscience de veille – Jāgrat Cetanā: est un état où l’esprit et le corps sont engagés dans l’activité. Les objets de perception et soi-même sont expérimentés comme limités dans l’espace et le temps. La nature absolue et essentielle de l’objet et du sujet (le soi) est inconnue, ainsi l’état de veille est aussi mentionné comme un état d’avidyā ou d’ignorance.

Au fil du temps, de grands individus ont entrevu des niveaux de la réalité plus élevés que ces trois états de conscience. La Tradition Védique décrit comment, grâce à une éducation appropriée, il est possible de déployer systématiquement quatre états de conscience supérieurs. Ils sont:

4. L’état de Conscience Transcendantale – Tūrya Cetanā: est l’état décrit par Patañjali comme l’apaisement complet de l’esprit, aussi connu comme la Pure Conscience ou Samādhi. Dans cet état, l’esprit transcende l’activité de penser et de perception des sens, et s’identifie avec le niveau unifié, silencieux et non changeant de l’Ātmā – le Soi universel, décrit comme un état autoréférent de vigilance au repos. Cet état de conscience autoréférente est caractérisée par une conscience illimitée, un éveil intensifié et un repos physique profond. 

Le programme de Méditation Transcendantale offre un moyen naturel, sans effort et universel pour un individu de toute origine de développer systématiquement la Conscience Transcendantale. Maharishi a mis en évidence que ce chemin vers l’Illumination est idéal pour les personnes actives et ne nécessite pas d’effort et de tension, de renoncement, de changement de croyance, etc.

5. L’état de Conscience Cosmique – Tūryatīt Cetanā: est un quatrième état de conscience où le Samādhi temporaire devient un Samādhi permanent, maintenu spontanément en même temps que les états changeants de veille, rêve et sommeil; la nature essentielle du Soi est réalisée, dans cet état de complète liberté intérieure, le fondement de l’habilité maximum dans l’action. La physiologie de cet état, est si stable et flexible que le stress n’a plus de prise. C’est l’expérience d’un continuum éternel de conscience illimitée.

  Dans cet état le potentiel total de la Loi Naturelle est pleinement éveillé dans notre propre conscience et nos pensées, paroles et actions sont soutenues par l’Intelligence évolutive de la nature. Sur ce fondement, nous ne faisons pas d’erreurs mais rayonnons une grande influence d’harmonie et de positivité à la fois pour nous-même, la société et l’environnement. La Conscience Cosmique, souligne Maharishi, est l’état normal de la vie humaine qui peut être développée par une éducation appropriée.

Lorsque la Conscience Transcendantale a été expérimentée, à maintes reprises, pendant un certain temps, en alternance avec les états de veille, rêve et sommeil, à travers la pratique régulière de la technique de Méditation Transcendantale, le système nerveux gagne la capacité à maintenir cette Conscience Transcendantale en même temps que les trois états relatifs de l’existence, et l’état de Conscience Cosmique commence à se développer. 

Au niveau de l’expérience, la Conscience Cosmique se caractérise par la Conscience Transcendantale, établie de manière permanente, témoignant de sa propre activité, ce qui repose sur la qualité du fonctionnement intégré du système nerveux. Dans cet état, la Conscience maintient son identification avec elle-même alors que l’esprit et les émotions sont pleinement engagés dans l’activité.

6. L’état raffiné ou glorifié de Conscience Cosmique, la Conscience de Dieu – Bhagavad Cetanā: est caractérisé par la perception du relatif le plus fin ou la valeur céleste des objets de perception, qui se développe avec le raffinement croissant du système nerveux; dans cet état le cœur s’écoule dans des vagues d’amour universel. 

Lorsque la Conscience Cosmique a été établie, dans cet état de fonctionnement physiologique sans stress, la perception se raffine pour soutenir l’expérience la plus riche du niveau le plus fin de la Nature. La Conscience de Dieu n’est pas “la Conscience de Dieu” mais l’expérience directe de toute l’étendue de la création de Dieu. Sur cette base, on s’élève naturellement vers la réalisation de Dieu et de toutes choses à la lumière de Dieu dans le contexte de ses propres traditions spirituelles. La Conscience Divine est similaire à la Conscience Cosmique sauf que le fonctionnement de l’esprit et des sens est maintenant devenu beaucoup plus raffiné. Les objets des sens sont perçus dans leur valeur la plus raffinée et les émotions sont dites avoir réalisées leur plein développement. La Conscience Divine est aussi caractérisée par une attitude dévotionnelle. Tout devient infiniment plus subtil et infiniment plus joyeux.

7. L’état de Conscience d’Unité – Brahmi Cetanā: réalise à la fois le Soi intérieur et les objets extérieurs de perception comme étant essentiellement la totalité transcendantale, le Yoga supérieur est atteint – l’unité du Soi et du non-Soi. Ceci est exprimé par les Mahavakhyas: Tat Twam Asi – Tu es Cela, et Sarvam Khalu Idam Brahm – Tout ceci est véritablement Brahman.

Dans cet état suprême de l’expérience humaine, on perçoit tout en termes d’unité du Soi. La Conscience est la seule réalité, plus rien ne peut la cacher, les différences sont secondaires. Ce qui domine maintenant est l’homogénéité de la Conscience. En d’autres termes, l’objet, aussi bien que le sujet, sont expérimentés comme la Conscience. Dans la Conscience Cosmique, on vit en harmonie avec la Loi Naturelle, en obtenant le soutien de la créativité cosmique de la Nature. Dans la Conscience d’Unité, on fait l’expérience de tout comme mode de fonctionnement de sa propre intelligence et on obtient la maîtrise de toutes les Lois de la Nature.

La Dévotion à Dieu est au Niveau de l’Être – pas de la Pensée

Question: Dans votre introduction à votre commentaire de la Gita, vous avez fait une remarque sur Shankaracharya et vous avez dit que «en l’absence du soleil, les étoiles de moindre importance prennent le relais» et j’aime cela.

Maharishi: Vous aimez cela parce que c’est la vérité. Chaque jour, nous voyons que lorsque le soleil se couche, les étoiles prennent le relais. C’est notre expérience de chaque jour. Chaque jour, dans le ciel, cette chose se produit.

Question: En l’absence de Shankara, de la façon dont il a exposé le Vedanta, Ramanuja et les autres (commentateurs) sont-ils corrects?

Maharishi: La principale erreur de Ramanuja, de Madhva et de tous les autres était de ne pas tenir compte de la conscience transcendantale. En prônant la dévotion, ils ont négligé cette conscience pure et ont établi leur domaine de dévotion au niveau de la pensée de Dieu – en le chantant, en le priant, en pensant tout le temps à Lui.

La dévotion est une chose du domaine de l’Être. On vit cela dans la vie. On n’a pas besoin de dire «Je t’aime tellement» et on n’a pas besoin de continuer à dire «Je t’aime tellement». L’amour est une chose au niveau de la vie. On le vit… spontanément on le vit – particulièrement, un amour illimité dont les vagues sont si hautes qu’on peut sentir le contact de Dieu.

L’amour est une chose de la vie. Il est au niveau de l’Être. Et ignorer l’Être du domaine de la dévotion, c’est porter la dévotion à un niveau sans fondement… c’est comme construire un château dans l’air. Vous ne pouvez pas construire. Il n’est pas possible d’établir le domaine de la dévotion indépendamment de la pure conscience.

Lorsque ces personnes ont commencé à exposer la dévotion, elles n’ont fait que l’éloge de Dieu. Si la conscience d’une personne est pleine de la conscience de béatitude, si le cœur et l’esprit d’une personne sont remplis de cette conscience pure, alors le chant de Dieu est juste une vague de félicité.

Quand la conscience est universelle, alors seulement ces chants et ces prières ont un sens pour contacter ce domaine du Tout-Puissant. Sinon, c’est juste penser et glorifier la banque, en restant dans le marché. Vous pleurez pour la banque, vous restez dans le marché et vous pensez à la banque, vous appelez la banque, vous louez la banque et vous faites toutes sortes de choses dans la rue de la banque. Si vous n’entrez pas dans la banque, la banque ne sera pas d’une grande utilité.

Lorsque ces personnes, après Shankara, ont commencé à glorifier la dévotion, elles n’ont pas maintenu cette conscience transcendantale et, pour cette raison, leurs disciples, même s’ils se balançaient dans les humeurs de la dévotion, ressentaient quelques vagues de bonheur dans leurs humeurs de dévotion, ne pouvaient pas atteindre l’illumination que la dévotion apporte – ne pouvaient pas atteindre la Conscience de Dieu qui est le but de toute dévotion.

Et donc ils n’ont pas duré dans le temps. «Ils n’ont pas duré dans le temps» signifie que leur enseignement est resté inefficace – juste resté inefficace. Et les gens ont été dissuadés de continuer à perdre leur temps en pleurant pour Dieu ou en le désirant ou toutes sortes de choses qui ont été étiquetées comme des pratiques de dévotion, mais qui n’ont abouti qu’à un simple état d’humeur. C’est une perte de vie. – Humbolt, 1970