Connaître par l’Être est vraiment connaître

Conférence de presse du 31.03.2004

Maharishi: Elle [la compréhension intellectuelle] a un rôle secondaire, un rôle supplémentaire. Ce qui se passe, c’est que si vous donnez un diamant à quelqu’un, il le porte et à moins que vous ne lui disiez qu’il a beaucoup de chance – personne n’a de diamant et il a un diamant magnifique et coûteux – il peut commencer à sentir le poids du diamant.

La compréhension intellectuelle est également nécessaire pour que la connaissance qui est vivante dans la conscience de chacun soit mise en pensée, en parole, en action, spontanément. La compréhension intellectuelle ne peut donc pas être écartée.

C’est par le biais du support intellectuel que la réalité transcendantale de l’Être s’insinue dans la pensée, la parole et l’action. Et c’est ce qui fait la différence dans la vie. Les deux choses sont donc nécessaires: l’expérience et la compréhension de celle-ci. Les deux sont nécessaires. Mais la simple lecture de livres est une perte de temps. C’est comme si vous lisiez au sujet de l’eau – c’est comme ceci, c’est comme l’océan, c’est comme la rivière, c’est comme les gouttes – vous lisez sur le sujet mais vous ne l’avez pas vu, vous ne l’avez pas touché, vous ne l’avez pas goûté. Nous accorderions un quart d’importance à la lecture et trois quarts d’importance à l’Être – connaître par l’Être est vraiment connaître. Alors vous connaissez vraiment et il ne peut y avoir d’erreur dans la connaissance. Les deux choses sont nécessaires, mais elles ont leur propre proportion.

Dans nos Universités Védiques, nous lirons des livres – les conférences des professeurs, la connaissance qui satisfera l’intellect – et nous pratiquerons la Méditation Transcendantale pour faire l’expérience de la réalité transcendantale. Ensuite, il y aura des programmes où vous accomplissez dans le transcendantal.

Peut-on parler de la vérité ultime?

Maharishi: «Les Ṛṣis et les Maharishis ont proclamé «Oui, je connais cette réalité qui est comme le soleil d’or et qui est la base de toute la création, je la connais.»

Mais récemment les gens ont commencé à dire que si l’on dit que l’on connaît la réalité, alors c’est qu’on ne la connaît pas. C’est devenu très courant dans le domaine de la philosophie aujourd’hui, mais nous devons éviter cela.

L’argument de ces philosophes est que comme la réalité ou la vérité est transcendantale, elle est en dehors du domaine de la parole, alors comment l’esprit pourrait-il affirmer la connaître?

Nous pouvons mettre en avant un argument contre cela: la réalité est transcendantale, mais lorsque notre esprit atteint le domaine transcendantal, cette réalité s’imprègne dans notre esprit qui, revenant au domaine de la relativité, proclame «je connais Cela, je suis Cela.»

Nous avons donc tout droit de dire sans aucun doute ou confusion dans notre esprit que nous connaissons la réalité, nous la connaissons tout simplement. Et si quelqu’un demande «quelle est la vérité, quelle est la réalité?» nous disons:

La vérité est ce qui ne change jamais: l’Etre cosmique qui ne peut changer, toujours le même, éternel, omniprésent. Et mon Soi et votre Soi, et tout cela n’est rien de différent de ce qui est omniprésent. Ainsi votre nature essentielle et ma nature essentielle et la nature essentielle de tout cela est cette réalité, la conscience de béatitude omniprésente, Sat Chit Ananda, Brahm.

Vous devez avoir une conception claire de la vérité. Lorsque nous disons que ceci est bleu ou blanc, nous disons que cela est vrai. [Mais] la couleur bleue de ceci ou la couleur blanche de cela n’est pas vraie pour toujours: ce sont des vérités temporaires de la vie. Toutes nos expériences appartiennent à la phase temporaire de la vérité, pas à la vérité permanente.

Lorsque nous disons LA vérité, nous voulons dire cette vérité qui ne change jamais, la vérité éternelle, vraie en tout temps. Tout change tout le temps dans le monde relatif, tout ici est temporaire. Donc rien dans le domaine relatif de la vie ne peut être une vérité durable, une vérité permanente. Ce qui est en dehors de la relativité est permanent, éternel, ne change jamais, c’est LA vérité…» – Hochgurgel, Autriche, 1962