La Dévotion

Si un homme veut être un véritable dévot de Dieu, il doit devenir son pur Soi; il doit se libérer des attributs qui ne lui appartiennent pas, et c’est seulement alors qu’il peut avoir une dévotion sans faille. S’il est enveloppé par ce qu’il n’est pas, sa dévotion sera couverte par cet élément étranger. Sa dévotion n’atteindra pas Dieu, et l’amour et les bénédictions de Dieu ne l’atteindront pas.

La dévotion est la qualité d’un cœur ouvert, et le cœur s’ouvre lorsque la conscience se développe. La dévotion est à la fois amour et intelligence. La dévotion est un état profond d’appréciation et d’amour, ainsi qu’une capacité de compréhension. La dévotion est une qualité plus sophistiquée de l’amour. L’amour unifie, la dévotion unifie également, en même temps qu’elle élève.

La dévotion n’est que l’expression d’un cœur ouvert. Elle commence réellement à partir de la conscience cosmique. Lorsque les limites ont été supprimées, le cœur peut commencer à couler. Un léger vent peut faire monter l’eau d’un étang en vagues, mais si l’étang est gelé, même un cyclone ne peut le faire bouger.

«Je remplirai le monde d’amour et créerai le Paradis sur Terre.» – Maharishi Mahesh Yogi, 1959

La dévotion envers le Créateur naît d’une appréciation accrue des fins détails de Sa création. La dévotion n’est pas quelque chose qui peut être pratiqué en tant que tel. C’est la manifestation spontanée d’une vie purifiée, où l’appréciation de la création est si minutieuse, si fascinante, qu’elle conduit à une adhésion totale au Créateur.

La dévotion est la forme la plus simple de la conscience. Elle est la plus naturelle. Il n’y a rien de plus complet, rien de plus innocent, rien de plus divin. La pureté du cœur signifie que l’on ressent chaque acte, chaque pensée, chaque perception comme la Grâce de la Mère divine, la Gloire de Dieu.

La dévotion est l’aspect le plus fin de l’amour – le moyen de grandir dans la dévotion à Dieu. La première impulsion d’amour tendre et de dévotion est ressentie entre la mère et l’enfant.

Question: «La dévotion n’est-elle pas parfois considérée comme un signe de faiblesse?»

Maharishi: «C’est vrai. Seul un homme d’affaires insatisfait recherche la banque. La dévotion est la qualité naturelle d’un cœur faible qui veut être comblé. Il n’est pas comblé, mais il se gonfle pour être comblé. Et il se gonfle aussi longtemps que la plénitude n’a pas été gagnée. Mais ce n’est pas de la faiblesse. Nous n’appelons pas cela de la faiblesse. Nous appelons cela une belle expression de la qualité de la vie.

La vie est faite d’amour. Et lorsque l’amour se gonfle pour embrasser l’éternité entière… Ah! Cela s’appelle la dévotion. La dévotion est un mot qui porte l’amour à un tel degré de complétude que l’on est absorbé dans le point d’attention – la totalité de l’absorption.

L’amour unifie. La dévotion est glorifiée dans l’état d’unité. C’est une grande qualité de vie; c’est une qualité de vie naturelle. La vie évolue et évolue pour trouver l’ultime infini. Par conséquent, la dévotion ou l’abandon n’est pas une faiblesse de la vie, mais un moyen d’atteindre la plénitude… la plénitude. Bien sûr, la plénitude n’est acquise que par ceux qui ne sont pas satisfaits.» – Maharishi Mahesh Yogi, Rishikesh, Inde, mars 1969

Prière et Dévotion

…[Si le fils est] obéissant alors il n’a pas à demander à son père ceci ou cela. Et s’il n’est pas obéissant, il peut continuer à demander pour ceci et cela mais il n’aura pas de réponse.

Si le fils est obéissant, ça signifie s’il a la confiance du père alors sans demander il aura tout. Et s’il n’a pas la confiance alors il peut continuer à demander mais il n’aura pas de réponse.

Donc, [une telle] prière n’est pas efficace si on n’est pas en accord avec le Créateur. Et si on est en accord avec le Créateur alors la prière n’est pas nécessaire.

[…] Prier est inutile dans l’état de non-contact avec le niveau omniprésent de la vie. Et prier est d’aucune utilité quand le contact est fermement établi.

Prier a sa valeur… pour former… une sorte de modelage… pour former la psychologie… une sorte de satisfaction psychologique. Autrement, prier a aucune efficacité dans la plénitude du besoin. La prière demande.

Maintenant, la prière peut être de deux différentes structures. Une structure de prière peut être celle de demander… Nous demandons pour quelque chose… dans la prière nous demandons. Et l’autre type est, aucune demande mais aimer chanter la gloire de Dieu. Et c’est la prière que nous aimons. Pas de demande mais de s’amuser nous-mêmes … se laisser nous-mêmes être noyer dans la joie de chanter la gloire de Dieu. Et c’est la prière dévotionnelle. Et c’est l’océan d’extase dans la mémoire de Dieu… dans les grandes vagues d’amour pour Lui.

Et cela est la prière qui a sa valeur infinie. Et ce genre de prière est juste un élan d’expansion du cœur dans l’amour pour Lui. […] le Suprême. Et cette prière a la valeur infinie, je dis, la valeur infinie. Parce que c’est ce déversement du cœur, de l’émotion, vers le Tout-puissant qui cultive le cœur. Et à travers le sentiment d’amour, il devient possible de communiquer avec Dieu… ou aux Êtres célestes. 

La communication… la communication avec les Êtres célestes est sur ce niveau d’intensif déversement d’amour. Et ce type de prière… Je pense l’histoire de toute religion rapporte de tels déversements d’amour dans l’éloge de Dieu partout dans le monde à travers les âges. Il y a eu des dévots qui se sont levés et dansés et tombés dans des extases en récitant l’éloge de Dieu, en chantant la gloire de Dieu. Et cette prière est toujours très, très utile. Elle remplit l’être de quelque chose de si riche qu’on ne peut seulement l’apprécier. C’est très enrichissant. Ça enrichit la vie entière.

Une telle conception de prière est quelque chose qui est très, très valable. Mais ceci devient la condition du cœur seulement quand le cœur est développé. Dans son extension illimitée, le cœur devient ingérable et quand il devient ingérable, il se déverse dans de tels élans de dévotion.

Tout ce chant et cette danse dans l’éloge de Dieu, en mémoire de Dieu, est juste une chose très, très naturelle. Elle est naturel à cette infinité du cœur, quand l’Être illimité devient de plus en plus saturé dans la vie. La conscience croît vers la Conscience Cosmique. Ainsi, le cœur individuel a cet illimité de l’Être éternel. Ce déversement d’amour est aussi dit être une prière. Et cette prière est quelque chose des plus désirables, des plus agréables, des plus efficaces. Et elle est efficace pour tout.

Maintenant, cette prière est un élan spontané de l’état de plénitude. L’autre type de prière est un cri de besoin… la vie dans l’état de manque. Donc, nous criions dans l’état de besoin sans plénitude. C’est juste en vain… une perte d’énergie (rire). C’est juste une perte d’énergie! On pourrait crier dans l’agonie, on pourrait avoir un flash d’un certaine grande vision miraculeuse de Dieu. Si irrepressible et puis elle s’en va. Et quand elle est partie alors le dévot de Dieu pleure dans l’angoisse et la douleur de la séparation. Et alors il prie… il prie pour quelque chose or peut même prier pour la même vision une fois encore. Cette demande… la prière qui vise à demander… à questionner… est à partir d’un niveau de vie très indésirable. À partir d’un niveau de démérite. Un niveau de vie où on ne mérite pas cette grandeur. Et ne méritant pas, on la pleure.

Mais il y a un proverbe: «Premièrement méritez et alors désirez.» Méritez et désirez. Et une fois que vous le méritez, vous n’avez pas à désirer – c’est déjà fourni!

Donc, la prière qui est le flux de l’état de plénitude est la très heureuse prière. Et la prière qui est dans l’angoisse du besoin… demandant pour la plénitude… est une perte de temps. Ça ne signifie pas grand chose dans la vie. – Maharishi Mahesh Yogi, Rishikesh, 1968