Lire la Littérature Védique en Sanskrit

La valeur de la lecture de la littérature védique en Sanskrit – Maharishi Mahesh Yogi (Vidéo sous-titrée en Français (VOST) de 16’09 »

Bien que le sujet a déjà été traité, en rajouter une couche ne peut pas faire de mal, au contraire. Pour ceux qui ont commencé la lecture de la littérature védique en sanskrit, certainement que vous avez apprécié les bénéfices qui découlent de cette pratique. Un esprit plus clair, des sentiments plus profonds, une énergie plus stable et surtout une habilité à lire plus vite, comme le flot d’une rivière qui s’écoule sans obstacle. Souvent un sentiment de joie accompagne la lecture, une douce félicité intérieure, comme gage d’une bonne prononciation. 

La valeur de lire ou réciter les textes sanskrits n’est pas une nouvelle idée. Comme nous le savons, les pandits védiques récitent souvent sans faire attention à la signification, purement pour l’effet des sons. De plus, beaucoup de textes décrivent les bénéfices qui s’accumulent de cette lecture. Le Rāmāyaṇ de Vālmīki, par exemple, nous conseille que: 

यः पठेद् रामचरितं सर्वपापैः प्रमुच्यते। 

«Celui qui récite l’histoire de Rām sera libéré de tous les péchés» (1.1.98), 

et en effet de telles expressions abondent partout dans la littérature. Cependant, on peut aussi constater que le bénéfice promis n’apparaît pas ou peut être nettement inférieur à ce qui est indiqué. Maharishi souligne que le déploiement de l’Ātmā, le niveau le plus fondamental de la vie humaine, le Soi, est le fondement des bénéfices de la lecture de la littérature sanskrite, et donc notre première considération est de comment déployer l’Ātmā dans notre vie.

Les Upaniṣads décrivent l’Ātmā comme un quatrième état de conscience humaine, au-delà de la veille, du rêve et du sommeil profond: 

शिवं शान्तमद्वैतं चतुर्थं मन्यन्ते स आत्मा स विज्ञेयः। – śivaṁ śāntam advaitaṁ caturthaṁ manyante sa ātmā sa vigyeyaḥ (Nṛsiṁhottaratāpanīya Upaniṣad 1) 

«Le Paisible, le Joyeux, le Non-Duel est connu pour être le 4e, cela est le Soi qui est à être connu.»

De façon significative, le point de vue traditionnel est que l’Ātmā est disponible à l’expérience humaine, et en effet la Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad note que: 

आत्मा वा अरे द्रष्टव्यः श्रोतव्यो मन्तव्यो निदिध्यासितव्यः। – ātmā vāre draṣṭavyaḥ śrotavyaḥ mantavyaḥ nididhyāsitavyaḥ (Bṛhadāranyaka Upaniṣad, 2.4.5) 

«Seule cette Ātmā, seul cet état de la forme la plus simple de la conscience, est digne d’être perçu, entendu, contemplé et réalisé.»

Bien que l’Ātmā soit jugée accessible à la conscience humaine, il est généralement considéré que l’expérience est difficile, demandant souvent plusieurs années de pratique ardue et d’austérité. Cependant, au cours des quarante dernières années, Maharishi a mis à disposition des procédures qui permettent à quiconque d’expérimenter facilement et sans effort l’Ātmā ou la pure conscience. Maharishi souvent la décrit comme la forme la plus simple de notre propre conscience individuelle.

En particulier, son programme de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi a été enseigné avec grand succès partout dans le monde à des millions d’individus de toute nationalité et de milieu socio-culturel. Plus de 600 études scientifiques ont été publiées sur les bénéfices de la technique de Méditation Transcendantale (voir Orme-Johnson Farrow, 1977; Chalmers, et. al. 1989; Wallace, et. al., 1990). 

En outre, les individus rapportent des expériences claires de la pure conscience qui correspondent aux descriptions trouvées dans les Upaniṣads. Par exemple, l’expérience suivante décrit à la fois l’expérience dans la méditation et l’effet qui en résulte sur l’activité:

L’infinitude sans limites, la béatitude, le bonheur, le silence total. Dans l’activité, une puissante totalité silencieuse repose à la surface de tout. Une belle douceur relie et fusionne tout ce que je vois. (Maharishi Mahesh Yogi, 1976, p. 77)

Un autre exemple:

La méditation était remplie de lumière et de béatitude; j’ai fait l’expérience de la conscience pure comme un continuum illimité et synchrone – une connectivité infinie – et dans cet état, j’étais tout ce qui est. Je sentais que l’univers entier était mon Soi. J’étais sur le chemin royal de l’existence où l’on ne fait rien et accomplit tout. (p. 82)

De telles expériences sont devenues, au cours des dernières années, monnaie courante pour de nombreuses personnes, même au début de leur pratique de la technique de la Méditation Transcendantale.

Maharishi a souligné à maintes reprises que la valeur d’expérimenter la pure conscience réside dans le déploiement des états supérieurs de conscience; il a élaboré en détail la nature et les caractéristiques des états supérieurs, lesquels sont fondés sur la capacité à maintenir spontanément la pure conscience illimitée et infinie dans tous les états habituels de veille, rêve et sommeil profond. Et il a souligné que le développement des états supérieurs de conscience n’est pas juste pour les reclus qui méditent dans leurs grottes himalayennes, mais pour tout individu sans considération de style de vie.

Le point de Maharishi de combiner la lecture du Sanskrit avec le programme de Méditation Transcendantale est que l’expérience régulière de la pure conscience crée un fondement dynamique, lequel permet à la récitation de prendre place à partir d’un profond et puissant niveau, et de cette façon, le processus de développement de conscience supérieure, qui se déploie dans le temps à travers la pratique régulière du programme de Méditation Transcendantale, est amélioré et accéléré (Nader, 1995, p. 200).

Maharishi (1994b) décrit cette combinaison comme: «fermez les yeux et méditez. Ouvrez les yeux et lisez la littérature védique.» Les étudiant par exemple, à l’École Maharishi de Fairfield commencent à apprendre le Sanskrit à la maternelle et à l’université, la lecture du Sanskrit continue jusqu’au niveau doctorat.

Une clé pour comprendre ce programme réside dans la description de Maharishi de quels textes constituent le matériel de lecture, car son point n’est pas qu’on devrait lire n’importe quel texte sanskrit mais qu’il y a des textes spécifiques qui permettent à quelqu’un d’éveiller les impulsions les plus fondamentales de la loi naturelle dans la conscience. Afin de pouvoir comprendre ce point, nous devons examiner la description de Maharishi de la nature et de l’origine de la littérature védique.

Maharishi considère que la pure conscience n’est pas seulement la source de l’intelligence et de la créativité individuelle, mais est aussi le domaine le plus fondamental à partir duquel l’univers entier émerge. Il cite souvent la Taittirīya Upaniṣad qui décrit la pure conscience comme Ānanda, ou la pure félicité, laquelle crée et soutien l’univers entier, et à laquelle toutes choses retournent à la fin.

Dans sa Science de l’Être et de l’Art de Vivre, Maharishi décrit cet état comme l’Être, ou l’existence pure:

«Sous-jacent au niveau le plus subtil de tout ce qui existe dans le domaine relatif, se trouve le domaine abstrait et absolu de l’Être pur qui est non manifesté et transcendantal. Ce n’est ni de la matière ni de l’énergie. C’est l’Être pur, l’état d’existence.

«Cet état d’existence pure est sous-jacent à tout ce qui existe. Tout est l’expression de cette existence pure, ou Être absolu, qui est la composante essentielle de toute vie relative.» (1963, p. 17)

Maharishi soutient qu’à travers sa propre dynamique auto-interactive, la conscience pure s’exprime elle-même comme les formes et les phénomènes diversifiés de la création. En assumant le rôle de l’univers matériel, elle se meut en elle-même, créant une structure dynamique dans son silence éternel. Cette structure est Śruti, que Maharishi (1995a) décrit comme «la vibration de l’intelligence sous forme de sons, générés par la dynamique autoréférente de la conscience – ces sons spécifiques qui construisent la conscience pure.» (p. 352) Maharishi (1985) décrit Śruti comme une fréquence vibratoire non manifestée, un bourdonnement, qui exprime la dynamique de transformation de la conscience autoréférente en ses structures diversifiées.

Dans l’analyse de Maharishi, cette structure dynamique de la conscience pure est le ‘Veda’; ainsi le Veda à son niveau le plus fondamental n’est pas une collection de livres, mais l’interaction dynamique de la conscience autoréférente en elle-même, constituant tous les sons non-manifestés qui émergent à la suite de cette interaction. La valeur holistique de ce son se retrouve dans l’expression du Ṛk Veda, dont la plus grande signification réside dans ses structures phonétiques et non dans un sens traduit.

Dans cette structure holistique du son se trouvent d’innombrables fréquences, qui sont incorporées dans les textes de la littérature. Ces sons sont la littérature védique à son niveau le plus fondamental, et c’est leur enregistrement phonétique qui se trouve dans les différents textes. D’où, dans l’analyse de Maharishi, la littérature védique comprend ces aspects de la littérature sanscrite qui trouvent leur source dans la dynamique auto-interactive de la conscience pure.

Maharishi identifie quarante aspects de la littérature védique, chacun exprimant une qualité spécifique de la conscience. Il s’agit du Ṛk Veda, Sāma Veda, Yajur Veda, Atharva Veda, les six Vedāṅgas, les six Darśanas, Itihāsa, Smṛti, Purāṇa, un certain nombre de textes ayurvédiques et les Prātiśākhyas.

À l’intérieur de ces branches, Maharishi fait la distinction entre les textes qui incarnent les sons de la dynamique auto-interactive de la conscience et les commentaires et les œuvres ultérieures qui sont souvent inclus. Par exemple, Maharishi tient le Nyāya Sūtras de Gautama comme texte authentique du Nyāya, dont les sons constituent une qualité spécifique de la conscience, mais il n’inclut pas comme littérature védique des ouvrages ultérieurs tels que Nyāyabhāṣya de Vātsyāyana, Daśapadārthaśāstra de Chandramati, etc. Ces textes mettent en lumière les valeurs individuelles, mais ne fournissent pas, dans l’analyse de Maharishi, une vision holistique de la littérature védique (1994, p. 252).

Peut-être l’aspect le plus important de la discussion de Maharishi sur la nature du Veda et de Śruti est son application pratique: la disponibilité de ces sons à la conscience humaine, car il explique qu’un individu qui identifie la conscience (individuelle) avec la conscience pure est capable d’apprécier dans cette forme la plus simple de conscience les fins détails de la structure de la conscience, les sons et les formes non manifestés du Veda et de la littérature védique:

«Elle est générée dans le champ autoréférent de la conscience. À ce niveau, ces valeurs de sons sont là, et n’importe qui peut amener sa conscience à cet état apaisé où l’on est ouvert à soi-même. Et on devrait entendre ces sons, on devrait voir ces sons.» (Maharishi, 1990)

L’expérience de la structure détaillée du Veda, note Maharishi: «Appartient à cette conscience suprêmement pure qui est pleinement consciente de sa propre réalité complète» (1986, p. 497). Selon le point de vue de Maharishi, les grands voyants védiques de l’antiquité reconnaissaient ces sons comme les fluctuations de leur propre conscience autoréférente; ces sons furent par la suite écrits et conservés par les familles védiques de l’Inde.

Récemment, Tony Nader, médecin avec un doctorat en physiologie, travaillant en étroite collaboration avec Maharishi, a trouvé une correspondance remarquable entre les structures et les fonctions de la physiologie humaine et les textes de la littérature védique. Le Dr Nader a pris les qualités de conscience que Maharishi a associées à chaque branche de la littérature védique, et a localisé un aspect de la physiologie humaine avec une fonction similaire, puis a comparé la structure de chacun. Bien qu’il n’y ait pas assez d’espace pour traiter adéquatement ce sujet, quelques exemples fourniront un aperçu de la recherche du Dr Nader.

Maharishi considère Vyākaraṇ comme étant la branche de la littérature védique représentant la qualité d’expansion de la conscience autoréférente. La tendance du Veda à s’élaborer séquentiellement lui-même – à se déployer de la première syllabe du Ṛk Veda aux quarante branches de la littérature védique – est exprimé par Vyākaraṇ. Le Dr Nader localise la similarité entre cette tendance expansive et la fonction de l’hypothalamus.

L’hypothalamus libère des facteurs qui activent l’hypophyse, la neuro-hypophyse et le système nerveux autonome. Ces libérines représentent l’expansion nécessaire pour l’évolution de la réponse endocrine et autonome, ce qui mène à des réponses biochimiques et physiologiques qui amènent le système à un nouvel état d’équilibre (Nader, 1995, p. 85).

Structurellement, l’Aṣṭādhyāyī, le texte principal de Vyākaraṇ, comprend huit adhyāyas de quatre pādas chacun, soit un total de trente deux pādas. De même, l’hypothalamus comprend huit régions – antérieure, postérieure, moyenne et latérale, droite et gauche – avec quatre noyaux chacun, soit totalisant 32 noyaux, correspondant aux 32 pādas de l’Aṣṭādhyāyī. Le Dr Nader a noté une correspondance entre chaque pāda de l’Aṣṭādhyāyī et les fonctions anatomiques spécifiques.

Un deuxième exemple est Nyāya, la branche de la littérature que Maharishi considère comme incarnant la qualité distinctive et décisive de la conscience, ce qui comprend simultanément les qualités opposées de la conscience. Selon le Dr Nader, Nyāya correspond fonctionnellement dans la physiologie au thalamus, qui relaie les influx sensoriels vers les zones sensorielles primaires du cortex cérébral, ainsi que l’information sur le comportement moteur dans les zones motrices du cortex (Nader, p. 122). Structurellement, il y a 10 chapitres (मण्डल) au Gautamīya Nyāya Sūtras, et 10 zones du thalamus: antérieur, ventraux, dorso-latéraux, dorso-médian et intralaminaires, qui se trouvent de part et d’autre du cerveau. De plus, alors que les Nyāya Sūtras décrivent 16 sujets de raisonnement (प्रमाण, प्रमये, etc.). Le thalamus fonctionne à travers 16 groupes de cellules appelés noyaux. Dr Tony Nader souligne que la première des 16 divisions प्रमाण (pramāṇa) correspond au premier groupe nucléique du thalamus appelé pulvinar (p. 127).

Pramāṇa a quatre subdivisions – प्रत्यक्ष (perception directe), अनुमान (inférence), उपमान (comparaison) et शब्द (témoignage verbal) – qui correspondent respectivement aux quatre subdivisions du pulvinar. La première subdivision relie le colliculus supérieur à des zones du cortex et est responsable de l’intégration visuelle d’ordre supérieur, c’est-à-dire, la perception (प्रत्यक्ष); la seconde connecte le colliculus supérieur et le cortex temporal avec des zones du cortex et du cortex temporal. Ces domaines sont impliqués dans les fonctions telles que la vision, l’ouïe, la mémoire et le langage – ensemble, ils sont à la base des processus d’inférence (अनुमान). La troisième partie du pulvinar relie les zones corticales pariétales à d’autres zones corticales pariétales et est responsable de l’intégration sensorielle polymodale. Cette zone donne une perception d’ordre supérieur sur les influx sensoriels en relation les unes avec les autres, servant la fonction de comparaison (उपमान).

La quatrième relie le cortex temporal au gyrus temporal supérieur et est responsable de la mémoire, du langage et de la parole. C’est la base du témoignage verbal (शब्द). Les quinze catégories suivantes de Nyāya sont également liées aux différents aspects du thalamus, en structure et en fonction (p. 127).

Le Dr Nader suggère que la correspondance entre les sons védiques et la physiologie humaine a un grand potentiel pour rétablir l’équilibre physiologique. Il explique que la lecture des sons de la littérature védique dans leur ordre approprié, même phonétiquement, sans aucun sens de la signification, crée une résonance avec les mêmes structures anatomiques auxquelles ils correspondent, vivifiant une séquence spécifique d’activité neuronale et physiologique. En rétablissant la séquence correcte du déroulement de la loi naturelle dans la physiologie, toutes imperfections (stress, blocages ou toute autre anomalie structurale ou fonctionnelle) peuvent être éliminées (Nader, p. 201). Le résultat, selon le Dr Nader, est que la physiologie fonctionne de plus en plus en accord avec son originale et parfaite conception.

Maharishi (1994) ajoute que la lecture de la littérature védique dans l’ordre séquentiel a pour effet de réguler et d’équilibrer le fonctionnement de la physiologie cérébrale (p. 145); pendant la lecture, le fonctionnement des fibres individuelles du cerveau entre en cohérence avec la valeur holistique du fonctionnement cérébral et, par conséquent, l’esprit commence à fonctionner selon la loi naturelle dans chaque expression. Lorsque l’esprit s’écoule dans une direction évolutive, toutes les pensées, paroles et actions s’écoulent également dans une direction évolutive, dans la direction du développement des états supérieurs de conscience.

Les étudiants de la nouvelle filière doctorale à l’Université Maharishi de Management lisent la littérature védique pendant plusieurs heures par jour et attestent de leur illumination grandissante. Ils ont rapporté des centaines d’expériences d’états de conscience supérieurs. Par exemple, ce qui suit est l’expérience d’un étudiant lisant les Brahm Sūtras, qui représente la qualité holistique de la conscience autoréférente, le plein développement du Soi:

Il y avait encore ce petit corps [je le savais comme le mien,] mais la réalité en même temps était qu’il n’y avait pas de frontières [du tout] qui me contenaient – ce qui était mon Soi continuait pour toujours – et qu’il y avait une connaissance très concrète que j’avais toujours été cela, que j’avait atteint ce que j’étais vraiment, [que je pouvais enfin être vraiment au repos, que j’étais] rentré à la maison. Tout reposait en moi et était soutenu par moi, et je savais donc tout ce qu’il y avait à savoir. J’avais la perception de…[encercler] et abriter tout l’univers, de sorte que je me sentais responsable [de garder tout en vie et de grandir].

L’impression de cette expérience finale était celle d’une liberté et d’une maîtrise totales, d’une félicité sublime, d’un silence animé et d’une simplicité absolue, presque ridicule, le tout à la surface de mon être. Toutes les fibres de mon être semblaient vivifiées avec les réalisations: “Je suis vraiment le Veda, je suis vraiment la totalité.” (Freeman, 1996)

Ma conscience est devenue énorme, mais tout autour de moi semblait comme une partie de moi, comme mes propres mains. Tout est devenu partie intégrante de mon Soi, et mon Soi était [au même moment] dans tout. (Freeman, 1996)

Conclusion

Maharishi souligne que chaque individu est capable d’expérimenter le Veda dans son état le plus simple de conscience. En cela, il indique un concept critique pour les chercheurs védiques: la connaissance et la compréhension complètes du Veda ne viennent pas de l’analyse intellectuelle, mais de l’identification de sa conscience avec le Veda – la dynamique auto-interactive de la conscience pure et autoréférente – et de l’explorer à son propre niveau. Comme le Veda est un phénomène de subjectivité pure, transcendantal aux processus de la pensée, l’intellect est incapable de le comprendre à son propre niveau:

Vous connaissez le Veda en étant le Veda. Vous connaissez Veda en étant le Veda. La cognition du Veda est sur son propre niveau, et c’est à ce niveau que nous entrons dans les détails de l’éveil. Le Veda est la structure détaillée de l’éveil pur, et là l’intellect ne va pas. (Maharishi Mahesh Yogi, 1991)

Maharishi situe cette compréhension dans deux expressions qu’il cite ensemble, ce qui souligne la relation entre l’identification de sa conscience avec le Veda et la connaissance du Veda:

वेदाहम् वेदोऽहम्

Vedāham Vedo’ham 

que Maharishi (1991) traduit: «Je connais le Veda, je suis le Veda.»

L’idéal de Maharishi de l’étude védique constitue un ajout important dans le domaine de l’éducation, car il promet de développer une connaissance complète dans la conscience de chaque étudiant en explorant le Veda et la littérature védique sur son propre niveau, et en animant les impulsions fondamentales de la loi naturelle de façon permanente dans la conscience des étudiants. La lecture de la littérature védique en conjonction avec la pratique de la technique de Méditation Transcendantale fournit la base de l’éducation védique, car elle stimule le potentiel total de la loi naturelle dans la conscience de chaque étudiant, et rend ainsi disponible la dynamique structurante de la pure conscience. Maharishi décrit ceci comme l’accomplissement suprême de l’éducation qui peut créer un individu parfait et un système éducatif parfait.

Un autre avantage de la lecture de la littérature védique en sanskrit, est de rétablir l’ordre et l’harmonie, non seulement dans l’esprit mais aussi dans toute la physiologie. Aussi, il n’est pas rare que des réajustements prennent place au niveau physiologique occasionnant des mouvements le long la colonne vertébrale… Par contre, il n’est pas conseillé de faire des efforts ni dans la lecture ni dans la durée. Une trentaine de minutes devrait être un maximum.


Vivre la santé selon l’Ayur-Veda Maharishi (9)

Questions et réponses

1) Pourquoi mangeons-nous en premier lieu? 

Maharishi explique que nous mangeons pour gagner un état joyeux et sain de vie dans les états supérieurs de conscience. Nous mangeons pour assimiler l’intelligence de la nature dans notre propre physiologie. Il y a très peu de chose dans la vie qui ont une telle influence directe sur nous comme notre nourriture. Pour cette raison, la nourriture est une partie centrale de la vie védique.

Il y a un proverbe à la campagne en Inde: «L’esprit dépend de la qualité de la nourriture que nous mangeons.» Pour le plein développement de l’esprit, nous avons besoin que la pleine étendue de la loi naturelle soit développée dans l’alimentation. Ceci fera en sorte que notre pensée et notre comportement seront toujours dans une direction évolutive.

Il y a une autre expression védique venant du Rāmāyaṇa – un texte central d’une des 40 branches du Veda et de la littérature védique – qui dit: «Quelque soit ce que nous mangeons, nos Devatā le mangent.»

À partir de la recherche de Maharaja Adhiraj Rajaraam, nous savons que les Devatā sont les incarnations des lois de la nature à l’intérieur de notre physiologie humaine. Ils sont l’intelligence de la nature gouvernant notre fonctionnement physiologique. Quelque soit ce que nous mangeons, cela nourrit cette intelligence. La qualité de la nourriture déterminera alors la qualité du fonctionnement de l’intelligence de notre corps.

2) Quelles sont les principales choses que nous pouvons faire dans notre vie quotidienne pour rester en bonne santé?

Il y a deux choses fondamentales qui doivent être surveillés – l’alimentation et le comportement. Il faut prendre soins des deux, l’alimentation et le comportement.

Ce n’est pas suffisant d’avoir une alimentation sattvique si le comportement ne l’est pas. Il faut travailler les deux simultanément.

Si la maladie se perpétue, c’est que les êtres humains répètent les mêmes erreurs alimentaires et comportementales, de génération en génération. Il ne faut pas en conclure à de l’hérédité! C’est assurément un manque d’éducation correcte. 

Donc, en supprimant l’alimentation polluée chimiquement qui provoque des réactions et des mutations dans le corps, la santé trouvera matière à s’épanouir. Maintenant, nous savons que l’alimentation végétarienne supporte la santé beaucoup plus que l’alimentation carnée. 

La sagesse de la vie a été oubliée et par conséquence des comportements erronés en a résulté. Les modèles comportementaux, fruits du conditionnement de l’éducation fragmentée d’aujourd’hui, incite l’individu à ne plus respecter ses sentiments intérieurs et à le priver de réflexions profondes. 

Parce qu’il y a certaines règles qui ont besoin d’être suivies avec les changements de saisons, comme: quels genres de nourriture manger, ou quelles activités accomplir selon sa constitution physiologique, oublier cela, c’est oublier l’intelligence de la nature qui guident l’évolution de toute chose dans la création.

Manger toutes sortes de trucs à n’importe quel moment, sans harmonie avec les changements de saisons, mesure simplement notre incompréhension de la vie.

Les gens sattvique, à la fois dans leur style de vie et leurs habitudes alimentaires gagnent aussi à être sattvique mentalement. Encore une fois, nous savons d’un esprit perturbé est source d’un grand nombre de problèmes.

3) Qu’entend-on par mentalement sattvique et comment changer la nature de notre esprit?

L’esprit est de trois types – sattvique, rajasique et tamasique. L’esprit sattvique est celui qui reste dans la félicité et hors de la confusion. Vasudaiva kutumbakam, «le monde est ma famille», est le but fondamental de l’esprit sattvique.

L’esprit rajasique est celui qui est plus indulgent dans les plaisirs d’essayer de se garder de plus en plus heureux pour atteindre ce niveau de luxe et de bonheur physique aussi loin que possible. C’est vivre une vie moins pour soi-même mais plus pour les autres aspects. Il faut maintenir un status aux yeux des autres personnes. Que cela soit nuisible ou non, ça n’a pas d’importance!

La propriété tamasique de l’esprit est chez les gens qui trouvent leur bonheur en apportant la douleur et la blessure – le côté sadique de l’esprit. 

Le résultat d’un esprit sattvique est comme nous le dit Guru Dev: «La positivité attire la positivité, le sattva attire le sattva.» C’est ce que nous expérimentons comme étant le support de la nature. 

La principale approche à un esprit sattvique, est bien sûr celle de la pratique de la Méditation Transcendantale. En permettant, à l’esprit conscient d’expérimenter sa propre source, la Méditation Transcendantale offre un moyen direct de rétablir l’ordre et l’harmonie dans le processus de penser. Ce qui amène l’individu à être de plus en plus en accord avec la loi naturelle.

4) Le soleil est indispensable, pourquoi?

Profitez bien du soleil car il est la source principale de vitamine D. Cette vitamine est essentielle pour l’assimilation du calcium qui se trouve dans la nourriture que nous mangeons. Ainsi l’ossature restera en bonne condition. Toutefois, pour prévenir les dommages de la peau en été, évitez tous les aliments ou les comportements qui accroissent le dosha Pitta.

La vitamine D est produite dans notre peau sous l’effet du soleil, et plus précisément sous l’action des rayons ultraviolets. Dans les pays du Nord de l’Europe, 75 % de la population souffre d’une carence en vitamine D pendant l’hiver. Cette carence est d’autant plus répandue que les foies de morue et de flétan, et les poissons gras (sardines, hareng, maquereau, thon etc.) qui sont les principales sources alimentaires de vitamine D, sont de moins en moins consommés.

Une autre source de vitamine D est les produits laitiers.

5) Quelle doit être notre attitude face à la vie?

Prendre les choses comme elles viennent, est la meilleure approche psychologique. Ne pas vivre sous de faux prétextes, ce qui veut dire d’être vigilant et de reconnaître nos réelles aspirations, de nos créations d’humeurs. Dans la Bhagavad Gita, le Seigneur Krishna dit: «Je suis envers eux, comme ils sont envers moi», cela sous-entend que nos réelles aspirations doivent trouver leur plénitude naturellement et spontanément car c’est notre manière d’être. Le reste ne nous appartient pas!