Le Problème de la Paix Mondiale

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Nous avons vu dans le chapitre «Vie individuelle et vie cosmique» que l’individu exerce une influence sur le cosmos tout entier par chacune de ses pensées, paroles et actions. Une personne au cœur plein de paix répand donc naturellement une  influence toute vibrante de paix et d’harmonie  dans l’ensemble de l’univers. Ceux qui sont agités, soucieux et troublés et qui n’ont pas l’expérience de la conscience-béatitude créent sans cesse une influence défavorable dans leur environnement. Les tensions et soucis de l’individu génèrent une influence correspondante autour de lui et contaminent l’atmosphère. Toute activité malhonnête, immorale et coupable produit dans l’atmosphère une influence néfaste et dégradante. Quand un grand nombre de personnes dans le monde sont malheureuses et tendues, l’atmosphère du monde reflète ces qualités. Lorsque les tensions dans l’atmosphère augmentent au-delà d’une certaine limite, il en résulte des désastres collectifs.

Les grands représentants de la science médicale dans l’Inde ancienne, Caraka et Suṣruta, ont mis en évidence que tant que les gens se comportent avec droiture, l’atmosphère reste pleine de vibrations harmonieuses. Les récoltes sont bonnes, le soleil brille, il pleut en temps voulu et l’ensemble de la vie dans la création bénéfice de chaque élément de l’atmosphère environnante. Au contraire, lorsque les gens perdent leur droiture et agissent à l’encontre des codes moraux de la vie, l’équilibre de la nature et de l’atmosphère est perturbé, ce qui déclenche des désastres collectifs, tels que famines, inondations, sinistres et tout ce qui nuit à la vie dans le monde. Cela nous donne une mesure pour évaluer la santé du monde.

Nous voyons donc, de tous les points de vue, que pour créer une atmosphère bonne, saine et harmonieuse, favorable au bien de toutes les créatures dans le monde, il est nécessaire que l’homme vive dans le bonheur, la paix et l’abondance. Tout homme a la possibilité de vivre de cette manière.

On ne peut résoudre le problème de la paix mondiale qu’en résolvant celui de la paix de l’individu, et il n’est possible de résoudre ce problème qu’en faisant naître chez lui un état de bonheur. La pratique de la Méditation Transcendantale, qui est un moyen direct d’établir la conscience-béatitude dans la vie des gens, pourrait donc résoudre le problème de la paix de l’individu, de la famille, de la société, de la nation et du monde entier. – Maharishi Mahesh Yogi, extrait de «La Science de l’Être et l’Art de Vivre», p. 216-217

Le libre-arbitre, le déterminisme et le Jyotish Maharishi

Cet article, résumé d’un document de 22 pages, rédigé par Sam Boothby, Ed.D., membre de la faculté de l’UMM, est extrait du volume 1 de la série de livres sur l’Éducation Fondée sur la Conscience: Consciousness Based Education – A Foundation for Teaching and Learning in the Academic Disciplines. Il a une valeur très concluante et pratique.

Nous savons que le Jyotish Maharishi peut prédire l’avenir avec précision. Cela implique que tout est fixé ou déterminé. Cependant, Maharishi nous dit que nous avons le libre-arbitre ou la liberté d’action: «L’homme a atteint un niveau d’évolution si élevé qu’il jouit de la liberté de ses actions au sein de la nature. Il peut donc vivre comme il le désire, pour le bien ou pour le mal» (Maharishi, Bhagavat Gita, p. 27). La juxtaposition de ces deux perspectives donne naturellement lieu à une série de questions: (1) Si nous affirmons que l’homme a le libre-arbitre, comment pouvons-nous dire que tout est complètement déterminé? (2) Si tout n’est pas complètement déterminé, comment le Jyotish Maharishi peut-il prédire l’avenir avec précision? Comment concilier cette situation? Cet article présente les explications de Maharishi qui clarifient et réconcilient la situation. 

Maharishi dit que pour comprendre la perspective individuelle du libre-arbitre, nous devons d’abord connaître la perspective cosmique du rôle de la loi naturelle dans l’évolution de la création. Le but de toutes les lois de la nature est de réguler le progrès dans la vie, de promouvoir l’évolution et, en fin de compte, d’amener toute vie à la plénitude par le biais de l’évolution. «Le but de la création est l’expansion du bonheur et le processus de l’évolution cosmique permet de réaliser ce dessein. La signification et le but de la vie individuelle sont les mêmes que ceux de la vie cosmique. Il n’y a entre eux qu’une différence de degré» (Maharishi, Science de l’Être, p. 54). Ainsi, dans la Science Védique Maharishi, l’évolution a un but et une finalité spécifiques. En d’autres termes, le point final de l’évolution, du point de vue cosmique, est déterminé. Du point de vue cosmique, du point de vue de l’Intelligence Créatrice Cosmique, il est déterminé que chacun jouira de la plénitude ultime de l’illumination. Dans le passage ci-dessus de la Science de l’Être, Maharishi note que si la vie individuelle et la vie cosmique partagent le même but, et sont donc déterminées dans cette mesure, l’évolution de l’homme se fait à une échelle différente de celle de l’univers. C’est à cette échelle individuelle que le libre-arbitre opère. À l’échelle cosmique, notre plénitude ultime est assuré. À l’échelle individuelle, ce qui n’est pas déterminé dans ce contexte, c’est le délai – la rapidité avec laquelle on atteindra cet état d’illumination. Selon la liberté d’action de l’homme, cela peut être plus ou moins rapide.

Le 24 juillet 1971, lors d’un des premiers symposiums sur la Science de l’Intelligence Créatrice à Amherst, Massachusetts, Maharishi a intégré la perspective cosmique et individuelle en notant tout d’abord que «la vie est déterminée à être dans la liberté et la plénitude». Il poursuit cependant en indiquant «qu’un homme soit paresseux en raison de sa foi dans le déterminisme, ou qu’il soit dynamique en raison de sa foi dans l’indéterminisme, le progrès est déterminé pour tous. Il s’agit d’un progrès moins rapide ou d’un progrès plus rapide». C’est ce principe de rapidité qui est au cœur du libre-arbitre et du déterminisme en ce qui concerne l’individu. L’individu est placé dans un contexte cosmique qui est déterminé. Mais dans ce contexte, il peut utiliser son libre-arbitre pour accélérer ou ralentir sa vitesse d’évolution. Ainsi, une réponse aux questions soulevées dans l’introduction est que le libre-arbitre et le déterminisme coexistent – il s’agit de savoir si nous mettons l’accent sur la perspective cosmique ou individuelle.

Après avoir établi l’importance de l’action libre de l’homme pour déterminer la vitesse de l’évolution, un autre principe important que Maharishi a mis en lumière dans son discours d’Amherst est le fait qu’à l’état de veille, le libre-arbitre n’est pas une qualité absolue. Le libre-arbitre peut être faible ou fort: «Une vie faible – un libre-arbitre faible – sera piégée dans le déterminisme à un point tel qu’il sera très difficile pour l’aspect libre de la volonté d’opérer dans un sens ou dans un autre. Un libre-arbitre fort, quant à lui, utilise le déterminisme. Un libre-arbitre fort, une Intelligence Créatrice développée, voit que la plénitude est prédéterminé pour chaque être humain. Le système nerveux humain est créé pour vivre la plénitude. Et si l’on voit que cela est déterminé, on saute dans cet état de plénitude, on vit cette vie de plénitude». Ici, Maharishi associe la force du libre-arbitre au développement de la conscience, c’est-à-dire à la quantité d’Intelligence Créatrice que l’on vit dans la vie. Si nous ne vivons pas un niveau élevé d’Intelligence Créatrice, notre libre-arbitre est faible et nous sommes à la merci des circonstances. Plus une personne dispose spontanément d’une Intelligence Créatrice, plus elle dispose d’un libre-arbitre. L’implication de ce principe est que nous devons nous engager dans des actions qui augmenteront la quantité d’Intelligence Créatrice spontanément disponible pour nous si nous voulons maximiser notre libre-arbitre, c’est-à-dire maximiser notre capacité à accélérer le rythme auquel nous gagnons l’illumination. Maharishi explique: «Il existe une zone dans chaque individu qui est en accord avec le libre-arbitre de l’intelligence cosmique, le libre-arbitre de Dieu, cette zone que nous appelons «le champ de l’intelligence pure». Et grâce à la Méditation Transcendantale, nous savons par expérience que notre conscience peut facilement être saturée par cette zone de libre-arbitre, cette zone d’Intelligence Créatrice.»

Pour Maharishi, le libre-arbitre est l’expression du désir naturel de vivre spontanément une qualité de vie idéale. C’est la capacité d’agir comme on le souhaite, sans être tributaire de l’environnement, du hasard et des circonstances, ou des faiblesses de sa qualité de conscience. En substance, Maharishi définit le libre-arbitre comme la capacité de s’engager dans une action qui favorise une vitesse d’évolution maximale face aux influences non évolutives de l’environnement intérieur ou extérieur. Dans la Science Védique Maharishi, les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons sont expliquées comme n’étant ni fortuites ni aléatoires, mais en fait le produit de nos actions passées. Maharishi explique ces circonstances par le principe du karma, qui consiste à récolter ce que l’on a semé. Il décrit ce principe dans son commentaire sur le verset 39 du chapitre 1 de la Bhagavad-Gita. Il commence par noter: 

«Si nous étudions les mécanismes invisibles de la nature, nous constatons que toute chose dans l’univers est directement reliée à toutes les autres choses. Chaque élément est constamment influence par la totalité des autres éléments.». Il poursuit: «L’homme est assurément maître de son destin. Il dispose du libre-arbitre – le plus grand don que Dieu lui ait fait – grâce auquel il jouit d’une complète liberté d’action. Mais lorsqu’il accomplit une action, il doit en subir les conséquences, car la réaction est toujours égale à l’action.»

Ainsi, dans chaque présent, nous récoltons les conséquences de nos actions passées. C’est l’aspect déterminisme de la dichotomie entre le libre-arbitre et le déterminisme. Chaque présent n’est cependant pas limité à cette récolte, en particulier pour les individus qui pratiquent la technique de la Méditation Transcendantale, comme l’explique Maharishi dans La Science de l’Être et l’Art de Vivre, p. 155: 

«Ces aspects du karma hérité du passé échappent au contrôle de celui qui agit. Ce qu’il peut faire de mieux dans le présent pour neutraliser cette influence venant du passé, c’est de s’engager dans la pratique de la Méditation Transcendantale, qui élèvera rapidement sa conscience et produira une influence favorable sur son environnement. Lorsque la conscience se développe, l’énergie et l’intelligence augmentent. Alors, quelle que soit l’influence du passé, elle ne sera pas capable d’entraver l’action présente. Sans doute, l’influence du karma passé se manifestera-t-elle, mais elle ne pourra plus diriger complètement la destinée de l’action présente.» 

Lors d’une conférence donnée à Villars, en Suisse, en 1973, il a expliqué: 

«Si nous acceptons l’influence du passé, cela peut aller – à condition que nous acceptions que le présent soit plus évolué et donc plus puissant, et que nous puissions faire ce que nous voulons. Le passé influencera, essaiera de donner une direction, mais nous ne sommes pas obligés d’en être la proie».

C’est là que le libre-arbitre entre en jeu. Comment allons-nous réagir à la situation? Allons-nous utiliser toutes nos connaissances pour maximiser le progrès dans la situation, ou allons-nous être éclipsés par la situation et nous retrouver à réagir de manière habituelle. Dans la citation ci-dessus, Maharishi indique que la façon dont nous réagissons à notre karma passé est fonction du développement de la conscience. L’interaction entre l’action et la réaction donne une deuxième réponse aux questions soulevées dans l’introduction. Il y a un aspect de chaque présent qui est déterminé: les conséquences de nos actions passées. Et il y a aussi, simultanément, un aspect de chaque présent qui est plus ou moins libre (selon la qualité de conscience que nous apportons à la situation): notre capacité à agir dans ces circonstances. Ainsi, pour Maharishi, le libre-arbitre et le déterminisme sont les deux faces d’une même pièce. Ce qui était une action libre hier, détermine les circonstances d’aujourd’hui. Ce qui est une action libre aujourd’hui, déterminera nos circonstances dans le futur. Sa conclusion: pour créer le meilleur avenir possible, nous devons continuellement accroître notre libre-arbitre jour après jour en pratiquant les programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi.

Comme Maharishi l’a décrit lors d’une autre intervention au même symposium sur la Science de l’Intelligence Créatrice en juillet 1971: «Le libre-arbitre est toujours au maximum, parce que la tendance de la volonté est d’aller toujours plus loin. C’est la vie: On veut toujours plus. Si l’on a le libre choix, on aimerait en avoir toujours plus». Maharishi note ici qu’une personne qui a plus de libre-arbitre, plus de conscience, utilisera ce libre-arbitre pour accélérer son évolution. Et accélérer son évolution signifie que dans n’importe quelle circonstance où elle se trouve, elle essaiera d’agir de manière à maximiser le bien qui lui sera apporté dans le futur. En d’autres termes, elle agit en toute circonstance d’une manière qu’elle juge la plus évolutive – ou d’une manière qui est la plus évolutive sous l’influence spontanée d’une Intelligence Créatrice accrue.

Nous avons déjà noté que Maharishi associe directement le libre-arbitre de l’homme au processus d’éveil. Dans son commentaire sur le chapitre IV, verset 12 de la Bhagavad-Gita, il note: «Le succès s’obtient certes par l’effort». Cependant, bien que Maharishi assimile clairement la liberté à l’action qui accélère le développement de l’illumination, contrairement aux précédents commentateurs de la Bhagavad-Gita, il précise que l’action pour l’illumination ne doit pas être une contrainte. Elle peut être un résultat tout à fait naturel du développement de la conscience accompli par la pratique des programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi. Il est donc nécessaire d’agir, d’appliquer notre volonté. Mais Maharishi donne la directive qu’une telle action ne doit pas impliquer de contrainte. Le chapitre VI, verset 17, enseigne: 

«Pour celui qui est modéré dans sa nourriture et dans son temps de récréation, qui modère ses efforts dans l’action, qui est modéré dans le sommeil et dans la veille, pour lui est ce Yoga qui détruit le chagrin.» 

Maharishi commente ce verset: «La modération dans l’effort signifie que l’on ne doit pas se surmener dans le travaille. Une telle recommandation implique en premier lieu qu’on soit assez robuste pour ne pas se fatiguer indûment. En d’autres termes, on doit être énergique, éveillé et sans paresse. Deuxièmement, l’action entreprise doit être conforme au dharma personnel et être compatible avec les lois de la nature, sinon la nature protestera silencieusement contre cette action et l’on sera contraint à faire un «effort dans l’action» tout à fait excessif. La pratique régulière de la technique de Méditation Transcendantale remplit les deux conditions citées car elle procure une plus grande énergie et crée de l’harmonie dans la nature.»

Dans sa Science Védique, Maharishi a mis l’accent sur le développement de cette qualité de conscience qui permet d’interagir spontanément avec des situations et des circonstances difficiles d’une manière qui maximise la rapidité de l’évolution, plutôt que sur le développement de la volonté comme moyen de produire de telles actions.

Le Jyotish Maharishi et le renforcement du libre-arbitre 

Un consultant en Jyotish Maharishi peut prédire des circonstances à venir dans nos vies qui, bien qu’elles ne soient pas suffisamment graves pour justifier un Yagya Maharishi, créeront un défi à l’action évolutive pour nos personnalités. Si nous ne voulons pas être continuellement confrontés aux mêmes circonstances dans le futur, nous devons réagir aux circonstances sous pression dans le présent d’une manière plus évolutive que nous ne l’avons fait dans le passé. L’essence de l’enseignement de Maharishi sur ce point est que la seule façon pratique de changer notre façon de penser et d’agir est de développer notre conscience. Et la valeur appliquée de la Science Védique de Maharishi fournit la connaissance d’une large gamme de techniques qui éliminent simplement et naturellement les anomalies structurelles et chimiques qui bloquent le développement de la conscience pure. 

Si nous voulons augmenter notre capacité à agir spontanément d’une manière plus évolutive, Maharishi nous recommande de profiter au maximum des technologies disponibles dans sa Science Védique à tout moment. Tirer parti de toutes les techniques et de la connaissance disponibles dans la Science Védique Maharishi développera la plus grande Intelligence Créatrice possible – ce dont nous avons particulièrement besoin à des moments où nous serons soumis à une pression maximale de la part de l’environnement. Si les circonstances ne mettent pas la vie en danger et ne justifient pas un Yagya Maharishi, ou si pour une raison ou une autre nous ne sommes pas en mesure de nous procurer le Yagya Maharishi nécessaire, mais que nous savons que nous allons devoir faire face à un certain défi dans le futur, il serait alors sage de compléter la régularité des programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi en profitant d’autres programmes que Maharishi a mis à notre disposition pour accélérer la croissance de la conscience, comme une routine quotidienne idéale indiquée dans l’Ayur-Veda Maharishi, ou une pratique prolongée des programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi dans le cadre de cours spéciaux. En profitant d’un plus grand nombre de technologies de Maharishi, vous disposerez du maximum de libre-arbitre que votre système nerveux peut supporter et vous pourrez agir de manière spontanée dans des circonstances difficiles de façon à créer le meilleur effet présent et la meilleure destinée future possible.

Tirer le meilleur parti des programmes de Maharishi pour le développement de la conscience utilise le principe du second élément de la Science Védique Maharishi. Ce principe recommande de s’intéresser aux solutions plutôt qu’aux problèmes. Si une pièce est plongée dans l’obscurité, allumez la lumière plutôt que de chercher un moyen de traiter directement l’obscurité. La lumière élimine spontanément l’obscurité. De la même manière, plutôt que de se préoccuper des spécificités des dangers futurs, Maharishi recommande de développer dès maintenant cet état de conscience qui sera spontanément capable de gérer n’importe quelle circonstance, aussi difficile soit-elle à l’avenir. Au cours de son enseignement, Maharishi a mis en lumière de nombreuses techniques et recommandations pour maximiser la vitesse de notre évolution. Ces techniques et recommandations s’appliquent à tous les domaines de la vie, y compris la routine quotidienne, l’alimentation, les habitudes de travail et l’exercice. Une personne capable de suivre toutes ces recommandations évoluera aussi rapidement et confortablement que son système nerveux le lui permettra. Pour résumer l’enseignement de Maharishi sur le développement du libre-arbitre: plutôt que de nous inquiéter de ce que nous aurons à affronter dans le futur, nous nous occupons de développer une Intelligence Créatrice maximale dans le présent. Le développement d’une Intelligence Créatrice maximale est un effort progressif, jour après jour. Chaque jour, nous nous efforçons de faire des choses qui maximiseront spontanément et naturellement notre Intelligence Créatrice et donc notre libre-arbitre. Chaque fois que nous maximisons notre Intelligence Créatrice, nous sommes dans une position plus forte pour profiter de plus de technologies de la Science Védique Maharishi qui accélèrent l’évolution vers des états supérieurs de conscience.

Dans ce contexte, Maharishi a indiqué qu’une chose qui peut entraver notre évolution est de continuer à agir selon d’anciennes habitudes et croyances, même lorsque notre conscience est suffisamment développée pour les rendre inutiles. Dans son discours sur le libre-arbitre et le déterminisme, il a expliqué: «En général, on aime s’accrocher à ses associations. Son niveau de conscience peut être très élevé, mais il se souvient des associations précédentes et essaie de s’y accrocher». Il conclut: «mais certains malentendus, que nous savons maintenant être des malentendus, tout le monde continue à s’y accrocher même s’ils deviennent faibles et que leur structure s’effondre».

Maharishi indique ici qu’il est possible et même naturel, en d’autres termes, de continuer à agir de manière moins évolutive simplement par habitude, mais pas nécessairement parce que c’est la seule action que notre conscience soutiendra. La technique de l’Acharya Rasayana Maharishi, présentée dans son Ayur-Veda, semble être orientée vers cette circonstance. L’Acharya Rasayana prédit que si, dans le contexte de la pratique des programmes de Méditation Transcendantale et de TM-Sidhi, nous portons notre attention sur ce que nous savons être juste en dehors de la méditation dans l’activité, nous pouvons nous défaire des mauvaises habitudes que nous pouvons encore porter en nous, et agir pour accélérer notre évolution. Dans cet élément, et dans d’autres éléments de la routine quotidienne et saisonnière idéale, Maharishi semble introduire l’élément de faire des efforts afin d’accélérer le processus d’évolution. C’est la valeur de la Science Védique Maharishi que la compréhension intellectuelle et l’attention sur les recommandations pratiques pour l’activité quotidienne peuvent ajouter à l’expérience. Avec plus d’expérience de conscience pure à travers la méditation, nos efforts en dehors de la méditation pour l’activité évolutive peuvent porter plus de fruits.

L’Éducation Fondée sur la Conscience: Un avenir pour l’enseignement supérieur dans le nouveau millénaire

James D. Grant, Ed.D., Ph.D., juillet 2006

(L’université en transformation: les perspectives mondiales sur l’avenir de l’université, publié par Greenwood Publishing Group)

Les institutions éducatives sont les produits de leur culture. Au fur et à mesure que la connaissance, les manières de connaître et les valeurs changent dans une société, les institutions éducatives évoluent en conséquence. Lorsque nous envisageons l’avenir possible de l’enseignement supérieur, nous devons identifier les forces qui transforment la culture. Les rédacteurs de l’Éducation Fondée sur la Conscience: un avenir pour l’enseignement supérieur dans le nouveau millénaire ont identifié plusieurs de ces ‘forces motrices’: la mondialisation, le multiculturalisme, la technologie et la politisation. La vision de l’avenir de l’éducation présentée dans ce chapitre part du principe qu’un nouveau catalyseur se profile à l’horizon – une meilleure compréhension du potentiel humain et des moyens de le promouvoir – qui transformera la conception et le contenu de l’enseignement supérieur au cours du prochain millénaire.

Les institutions éducatives sont les produits de leur culture. Au fur et à mesure que la connaissance, les manières de connaître et les valeurs changent dans une société, les institutions éducatives évoluent en conséquence. Lorsque nous envisageons l’avenir possible de l’enseignement supérieur, nous devons identifier les forces qui transforment la culture. Les rédacteurs de l’Éducation Fondée sur la Conscience: L’avenir de l’enseignement supérieur dans le nouveau millénaire a identifié plusieurs de ces ‘forces motrices’: la mondialisation, le multiculturalisme, la technologie et la politisation. La vision de l’avenir de l’éducation présentée dans ce chapitre part du principe qu’un nouveau catalyseur se profile à l’horizon – une meilleure compréhension du potentiel humain et des moyens de le promouvoir – qui transformera la conception et le contenu de l’enseignement supérieur au cours du prochain millénaire.

Le concept de développement humain est fondamental à l’éducation. Des philosophes de l’éducation aussi divers que Platon et John Dewey ont déclaré que l’éducation vise essentiellement à promouvoir le plein développement humain. Comme Dewey l’a noté il y a cent ans: «Ici, l’individualisme et le socialisme ne font qu’un. Ce n’est qu’en étant fidèle à la pleine croissance de tous les individus qui la composent que la société peut, par chance, être fidèle à elle-même.»[1]

Que l’on prenne le point de vue d’un planificateur économique de l’État au franc-parler ou d’un psychologue humaniste orienté vers l’esthétique, le plein développement humain est un objectif éducatif important. Il est essentiel tant pour les sociétés qui veulent réaliser leur potentiel économique que pour les sociétés qui veulent atteindre leur potentiel spirituel. Le développement humain englobe la croissance de la capacité de penser et d’approfondir, et d’élargir ses valeurs. Mais cela va aussi plus loin. Le développement humain est important parce qu’à travers le développement humain, nous améliorons notre capacité d’avoir, selon Dewey, «l’expérience la plus riche et la plus complète possible», c’est-à-dire de vivre une vie pleine et significative, d’une valeur maximale pour nous-mêmes et les autres.

Étant donné l’importance du développement humain en tant qu’objectif éducatif, un changement dans la compréhension du potentiel humain et la manière de le promouvoir a une grande signification potentielle pour l’éducation. La compréhension qui, je crois, transformera l’éducation au siècle prochain est que tous les êtres humains ont le potentiel de devenir illuminés, de vivre dans les états de conscience supérieurs, et que le moyen pour atteindre cet objectif est la transcendance, expérience du domaine absolu de la conscience pure sous-jacent à l’existence objective et subjective.

Un nouveau fondement pour l’éducation: l’existence d’une conscience pure

À la base de cette nouvelle perspective de l’éducation se trouve une idée centrale, à savoir qu’il existe un domaine de conscience pure, un domaine de vie, absolu et non manifesté à la source de toute création, qui peut être facilement expérimenté. La compréhension qu’il existe un domaine de vie non manifesté à la source de la création à la fois subjective et objective est très ancienne. Aldous Huxley a qualifié cette conception de «philosophie perpétuelle» (perennial philosophy) précisément parce qu’elle est si ancienne et partagée par tant de cultures. Platon, par exemple, appelait ce domaine le Bon, Lao Tze comme le Tao, les sages bouddhistes comme le Nirvana, les rishis védiques comme l’Atma, Aristote comme l’Être, et Emerson comme la Sur âme (Oversoul). Cette compréhension n’a cependant pas été gagné l’acceptation générale, car l’expérience qui est à la base de la philosophie perpétuelle n’a pas été généralement disponible. De plus, le paradigme positiviste qui sous-tend la science contemporaine ne soutient pas l’existence d’une réalité spirituelle sous-jacente.

Cela est en train de changer néanmoins, maintenant, à la fois grâce aux progrès de la science et à la disponibilité de techniques simples et sans effort pour acquérir l’expérience de la conscience pure. Les progrès de la science ont soutenu la compréhension de la conscience en tant que domaine sous-jacent de deux façons. Tout d’abord, les progrès de la physique théorique soutiennent maintenant l’existence d’un champ non manifesté et unifié de la loi naturelle qui soutient tous les phénomènes naturels. La perspective spirituelle selon laquelle la création matérielle est fondée sur ce qui est immatériel est maintenant soutenue par la science moderne. Il y a encore une lacune conceptuelle entre l’existence d’un champ unifié de la loi naturelle et l’affirmation que ce champ est la conscience, source de la subjectivité, mais plusieurs excellentes analyses rendent maintenant cette affirmation plus plausible.[2]

Le progrès de la science soutient l’existence d’un champ sous-jacent de conscience pure et la possibilité d’états supérieurs de conscience d’une autre manière – par le biais de moyens objectifs permettant de valider cette expérience subjective. Les progrès technologiques – depuis les appareils d’électroencéphalographie jusqu’aux appareils sophistiqués d’analyse sanguine – permettent aujourd’hui de faire le suivi des fins changements dans le fonctionnement physiologique. Les progrès de l’évaluation psychologique – qui permettent de tout mesurer, des niveaux de développement personnel et de créativité à l’anxiété et à la névrose – renforcent notre capacité à mesurer objectivement le développement humain, et les états supérieurs du fonctionnement humain.

Cette avancée dans la capacité scientifique d’évaluer le fonctionnement humain est particulièrement significative en conjonction avec la disponibilité de techniques sans effort qui donnent l’expérience de la conscience pure. Beaucoup de traditions méditatives différentes ont eu pour but l’expérience de la conscience pure et le développement de l’illumination. La plupart de ces traditions, cependant, ont impliqué des techniques ardues et ont exigé l’acceptation d’un certain ensemble de croyances spirituelles. Cela les a rendus inaccessibles à la plupart des individus.

Une percée dans ce domaine s’est produite dans la seconde moitié du 20ème siècle grâce aux efforts de Maharishi Mahesh Yogi. Maharishi, au cours des 40 dernières années, a fait revivre la tradition védique de la connaissance, venant de l’Inde, montrant sa pertinence pour tous les domaines de la vie, de l’éducation à la médecine en passant par les affaires, la réhabilitation criminelle, et le gouvernement. Il a fourni une compréhension intellectuelle détaillée de la conscience pure et du développement des états supérieurs de conscience. Plus important encore, il a enseigné des technologies non sectaires et sans effort pour développer la conscience, en particulier les programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi[3], qui a donné à des millions de personnes de cultures et croyances religieuses variées, l’expérience de la conscience pure. Parce que ces techniques s’apprennent facilement et ne nécessitent aucun système de croyances, elles ont ouvert la possibilité de tests scientifiques approfondis et rigoureux sur la prémisse que les êtres humains peuvent accéder à un domaine de conscience pure et que cette expérience a une valeur pour la vie humaine.

Cette recherche scientifique sur les programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi est très significative car elle comble le fossé entre les grandes traditions subjectives de méditation et le paradigme objectif de la science moderne. Cette recherche, commencée dans les années 1970, est de trois types.[4] La première vérifie qu’il existe des caractéristiques psychophysiologiques uniques associées à l’expérience de la conscience pure. La recherche a vérifié que l’expérience subjective de la transcendance comprend un quatrième état de conscience unique, caractérisé par un repos physiologique profond et une vigilance mentale accrue, différent de l’état de veille, du sommeil ou du rêve.[5] Une recherche plus récente dans ce domaine a confirmé l’existence de corrélats psychophysiologiques uniques de l’état stabilisé de l’illumination, l’état dans lequel la conscience pure se vit comme une réalité 24 heures par jour.[6] Une recherche physiologique d’un genre différent, mais d’une importance fondamentale, a établi la correspondance profonde entre les expressions de la conscience pure, telles qu’elles se trouvent dans la littérature védique, et la structure de la physiologie humaine.[7] Cette découverte, par le Dr Tony Nader sous la direction de Maharishi, démontre concrètement que le potentiel total de la loi naturelle – la conscience pure – est éveillé dans la physiologie humaine.

Un deuxième type de recherche a examiné les avantages pratiques de l’expérience de la conscience pure pour l’activité. Cette recherche a montré des bénéfices profonds et étendus, en accord avec la prémisse que la conscience pure est un domaine fondamental d’intelligence et d’ordre. Elle a montré que l’expérience unique de la conscience pure conduit à une amélioration significative dans tous les domaines de la vie – l’esprit, le corps et le comportement. Les résultats spécifiques sur les individus pratiquant la Méditation Transcendantale comprennent une réduction marquée des dépenses médicales dans toutes les principales catégories de santé, une amélioration des résultats scolaires, une croissance du QI, un meilleur équilibre psychologique, une croissance sans précédent des mesures du développement personnel et une réduction significative de la récidive chez les détenus.[8] Cette recherche démontrant la croissance holistique résultant de l’expérience de conscience pure, soutient l’idée que la conscience pure est l’élément fondamental de notre être, sous-jacent à tous les aspects de nos vies physique, émotionnelle et cognitive.

Un troisième domaine de recherche très important a examiné l’influence environnementale de la pratique de la Méditation Transcendantale et du programme de MT-Sidhi. Cette recherche consiste en des douzaines d’études de recherche soigneusement contrôlées montrant que des effets positifs significatifs sont créés dans la société – réduction des tendances négatives telles que la criminalité, la violence, la maladie et les taux d’accidents, et augmentation des indicateurs positifs tels que la coopération politique et les indices économiques – lorsqu’un nombre suffisant de personnes pratiquent le programme de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi.[9] Cette conclusion remarquable, qui est maintenant l’une des découvertes les plus rigoureusement confirmée dans le domaine de la sociologie, est expliqué en termes d’éveil du domaine de la conscience sous-jacente. Quand un nombre suffisant d’individus transcendent et animent ce domaine, l’effet est assez grand pour influencer la conscience individuelle et la physiologie des individus non méditants. Le résultat est que les individus peuvent obtenir le bénéfice de la transcendance sans méditer eux-mêmes. Sur le plan individuel, ces avantages comprennent une activité plus efficace, le bonheur et la positivité, des effets qui se traduisent sur le plan sociétal par moins de frustration, moins de violence et une plus grande coopération.

Ce vaste ensemble de recherches soutenant l’existence d’un domaine universel de conscience pure, en conjonction avec des recherches sur des phénomènes tels que les expériences de flux naturels ou de zones[10], ouvre une nouvelle vision des possibilités pour le développement humain et donc l’éducation.

Les implications de la conscience pure pour la compréhension du potentiel humain

L’existence d’un domaine de conscience pure et la capacité de l’expérimenter ont d’énormes implications pour notre compréhension du potentiel humain. Maharishi a énoncé cette implication de façon succincte, disant que l’individu est ‘cosmique’, universel dans sa stature.[11] Plusieurs traditions spirituelles ont comparé la vie avant l’illumination, avant l’éveil à son statut cosmique, à celle d’un somnambule. On ne s’éveille vraiment que lorsque la conscience s’ouvre en permanence à la conscience pure et s’identifie pleinement avec elle. C’est la réalisation du Soi, qui culmine à pleine maturité avec la reconnaissance des déclarations védiques: «Je suis Cela, tu es Cela, tout ceci est Cela, et Cela est la conscience.»

L’état d’illumination est aussi différent de l’état de veille de la conscience que l’état de veille l’est de l’état de sommeil. Parce que le domaine de la conscience pure est le domaine de l’intelligence pure responsable de tout ordre dans l’univers, l’harmonisation avec ce domaine donne à la fois un grand pouvoir et, en même temps, une capacité spontanée d’agir en accord avec le but cosmique. Maharishi dit de l’individu illuminé:

«Il commande spontanément les situations et les circonstances; il contrôle spontanément son environnement; son comportement est toujours spontanément nourrissant pour lui-même et pour tous ceux qui l’entourent. Il a la capacité de réaliser spontanément ses intérêts sans compromettre ceux des autres.»[12]

Pour ces individus, il n’y a pas seulement le soutien de la nature – la bonne fortune qui soutient leurs entreprises – mais aussi la maîtrise sur les lois de la nature, pas encore pleinement comprises – la capacité à guérir, à léviter, à avoir une intuition parfaite. Du point de vue de l’illumination, les «miracles» peuvent être compris simplement comme des actions en accord avec les lois de la nature que nous ne comprenons pas encore.

Une autre transformation énorme qui se produit avec la croissance de l’illumination est l’expérience de plénitude permanente. Diverses traditions spirituelles font référence à la pureté, à la joie et à la béatitude associées à l’expérience de la conscience pure. Dans les textes védiques traditionnels, la conscience pure est définie comme ‘sat-chit-ananda’ – conscience absolue de béatitude. Parce que dans l’état d’illumination, l’esprit expérimente ce domaine comme une réalité de 24 heures, la béatitude est vécue comme une réalité ininterrompue au cœur de la vie, même si d’autres émotions peuvent encore être vécues à des niveaux plus superficiels de l’Être. Dans l’état pleinement mature de l’illumination – la conscience d’unité – on voit et on expérimente tout en termes de la béatitude de la conscience pure:

Le monde est le divin actif; tout s’élève comme une vague sur l’océan éternel de la conscience de béatitude. Chaque perception, le son de chaque mot, le toucher de chaque petite particule, et l’odeur de ce qu’elle peut être, apporte un raz-de-marée de l’océan de béatitude éternelle – dans toute émergence de pensée, de mot ou d’action est générée d’une marée de béatitude.[13]

C’est l’état de plénitude complète dans la vie.

Les implications éducatives de l’existence de la conscience pure

La compréhension, basée sur la connaissance de la conscience pure, qu’il y a un état d’illumination qui peut être réalisé, transforme la manière dont l’éducation est conçue. La première transformation qui découle de cette compréhension est la perspective que l’éducation devrait se focaliser principalement sur le développement de la conscience, et non sur l’accumulation de l’information. Bref, l’éducation devrait être fondée sur la conscience, sur l’illumination et non sur l’information. Ce n’est que par la transformation de la conscience que la pleine puissance et la dignité de la vie peuvent être réalisées et que la sagesse peut être atteinte pour utiliser correctement l’information. Cette compréhension transforme la façon dont nous comprenons les objectifs et les pratiques de l’éducation. Elle est actuellement mise en œuvre concrètement dans des institutions telles que l’Université Maharishi de Management, aux États-Unis et constitue une véritable alternative pour les institutions éducatives en ce nouveau millénaire.[14]

Les objectifs de l’éducation

Dans le paradigme de la conscience, le but de l’éducation, au niveau individuel, devient la création d’individus illuminés. Une fois que la possibilité d’atteindre l’illumination est reconnue, tous les autres objectifs deviennent des sous-optimisations grossières du processus éducatif. Pour reprendre les mots de la célèbre allégorie de Platon, on ne peut pas justifier l’asservissement continu des êtres humains dans une grotte, où ils prennent les ombres pour la réalité, quand la possibilité d’atteindre le monde ensoleillé est possible.

Sur le niveau collectif, ce paradigme ouvre la possibilité de créer une société idéale. Ce n’est pas un hasard si la République de Platon, qui est le premier traité occidental systématique expliquant la nature et l’importance de la conscience pure, est aussi le premier traité occidental systématique sur la création d’une utopie. La pauvreté, la guerre et la violence peuvent toutes être considérées comme les produits d’êtres humains immatures. Au fur et à mesure qu’un grand nombre d’individus parviendront à la plénitude et à la réalisation de soi dans l’illumination, la dynamique collective de la société changera. Comme le dit Maharishi: «Quelques individus pleinement éduqués ou illuminés suffisent à donner une nouvelle direction à la vie de leur communauté et, par leur présence même, à faire naître une société illuminée, à créer et maintenir la paix mondiale et à établir le Paradis sur terre.»[15] Dans sa Science de l’Être et l’Art de Vivre, Maharishi présente ce nouveau potentiel de société en des termes qui changent:

Une nouvelle humanité naîtra, plus pleine dans la conception et plus riche dans l’expérience et les réalisations dans tous les domaines. La joie de vivre appartiendra à chaque homme, l’amour dominera la société humaine, la vérité et la vertu régneront dans le monde, la paix sur la terre sera permanente, et tous vivront dans la plénitude, dans la totalité de la vie, dans [l’illumination]. [16]

C’est l’objectif, au niveau sociétal, vers lequel l’éducation peut tendre sur la base de la connaissance de la conscience pure.

Les pratiques éducatives

L’existence d’une conscience pure et la capacité d’atteindre l’illumination ont des implications significatives pour la pratique éducative, y compris l’introduction de nouveaux cours et de nouvelles disciplines et une transformation de l’approche des disciplines existantes dans leur matière. Au cœur du paradigme fondé sur la conscience se trouve une nouvelle vision profonde du développement humain, qui transforme la façon dont nous comprenons le processus éducatif. Actuellement, le développement est considéré comme le produit de deux facteurs et de leur interaction: la nature et la culture, ou la maturation et l’interaction avec un environnement extérieur. Parce que la maturation est largement hors du contrôle des éducateurs, les éducateurs contemporains se concentrent principalement sur la façon de structurer les interactions des étudiants avec l’environnement – enseignants, livres, laboratoires – afin de promouvoir de façon optimale le développement. La perspective fondée sur la conscience reconnaît qu’il existe un troisième moyen de développement différent de la nature et de la culture telle qu’elle est actuellement comprise – la transcendance, l’expérience de la conscience pure. L’expérience de la transcendance accélère à la fois la croissance dans la gamme normale du développement cognitif et affectif et permet le développement complet de l’individu à l’illumination.

L’appréciation de l’importance de la transcendance pour le développement conduit à une reconceptualisation du processus éducatif. Les étudiants et le corps professoral doivent transcender quotidiennement en tant que partie intégrante de l’éducation. Parce que la connaissance la plus importante est la connaissance de la conscience pure et que le développement de l’illumination exige l’expérience de la conscience pure, l’implication nécessaire pour l’éducation est que cette expérience devrait être un élément central du programme scolaire.

En plus de ce cours expérimental requis en recherche sur la conscience, le nouveau paradigme exige des cours intellectuels relatifs à la connaissance de la conscience. La connaissance complète exige à la fois l’expérience et la compréhension intellectuelle, et c’est aussi vrai pour la connaissance de la conscience que pour les autres types de connaissance. Sans une bonne compréhension intellectuelle, l’expérience de la conscience pure peut être mal comprise, comme elle l’a été de nombreuses fois au cours de l’histoire. À l’Université Maharishi de Management, cette exigence est satisfaite par tous les étudiants, qui suivent un cours de Science de l’Intelligence Créatrice – la science de la conscience – comme leur premier cours à l’Université. D’autres cours sur les aspects avancés de la science védique, ainsi qu’une spécialisation dans ce domaine, sont disponibles. Les sujets de ces cours vont de la compréhension abstraite de la nature de la conscience pure, que l’on trouve par exemple dans la littérature védique, à la compréhension pratique de la mécanique du développement de la conscience; ils couvrent la compréhension scientifique des corrélats physiologiques de la croissance de la conscience ainsi que l’étude des expressions de cette réalité fondamentale qui sont présentes dans l’art, la littérature, la religion, la philosophie des grandes traditions du monde.

L’acceptation du paradigme fondé sur la conscience a également des implications pour l’enseignement des disciplines établies. Un changement général est, l’accent mis sur la totalité et la connexion. Au niveau de la conscience, tout est connecté. La totalité est la réalité ultime et cette réalisation colore l’ensemble du curriculum. La compréhension de la totalité est favorisée expérimentalement par la croissance de la conscience produite par la méditation – une conscience développée voit spontanément la vie en termes de connexions. Intellectuellement, elle est favorisée par une variété de modalités. La première est le cours de science de la conscience qui explore systématiquement le fondement holistique de toute vie, la conscience pure, et comment cette totalité se manifeste dans les différents domaines relatifs. Une seconde est, l’utilisation de grands tableaux dans tous les cours (appelés les chartes du champ unifié à l’Université Maharishi de Management) qui représentent graphiquement comment tous les domaines d’une discipline sont reliés entre eux et leur source dans la conscience pure. Une troisième est, l’accent mis sur des principes communs qui fonctionnent dans toutes les disciplines.[17]

La pleine compréhension de la conscience a également un impact sur le contenu et les objectifs de nombreuses disciplines. Nous l’avons vu clairement en ce qui concerne le domaine de l’éducation. La compréhension de la conscience pure change notre compréhension du but de l’éducation, de la nature de la connaissance et des cours à suivre. Cela vaut également pour d’autres disciplines. Les arts et la littérature sont transformés par la compréhension que la plus haute expérience esthétique est la transcendance, l’expérience de la conscience pure. À la lumière de la compréhension de l’illumination, le but de l’art et de la littérature devient d’exalter cette expérience et de promouvoir le raffinement spirituel.

Dans les sciences sociales, la compréhension de la conscience pure apporte aussi une transformation spectaculaire. La psychologie, qui s’est enlisée au XXème siècle sans une compréhension adéquate de l’esprit et du soi, est incroyablement enrichie par la compréhension de la transcendance et de l’illumination. Avec cette connaissance, la croissance vers les états supérieurs de conscience devient un domaine d’étude majeur, et la pertinence de l’expérience de la transcendance pour tous les domaines appliqués de la psychologie est claire. En sociologie, la nouvelle compréhension de la conscience collective transforme le domaine. La compréhension que chacun dans la société est connecté au niveau de la conscience pure, et que l’éveil de ce domaine par un petit pourcentage d’individus peut élever la conscience collective de la société entière, change la façon dont les sociologues abordent les problèmes collectifs. Cela a, à son tour, un impact significatif sur le domaine de la science politique. Ce nouveau paradigme reconnaît que le plus grand déterminant des résultats politiques est la conscience collective. La conscience collective d’une société est la réflexion directe et sensible du niveau de conscience de ses membres individuels, et devient à son tour une force, influençant la conscience individuelle elle-même. Lorsque la conscience collective est incohérente – reflétant et exacerbant à son tour le stress des membres individuels – le conflit domine et l’intérêt de l’individu et du groupe prime sur celui de l’ensemble. Au fur et à mesure que la conscience collective s’élève, l’harmonie grandit et les valeurs deviennent plus illuminées, reflétant un respect simultané de l’ensemble et de la partie. Dans ce paradigme, la coopération et la paix deviennent l’objet de l’étude plutôt que les conflits et la guerre. La conscience est considérée comme un déterminant clé du comportement politique au niveau individuel et collectif.

Dans les sciences naturelles, l’appréciation de l’unité de l’homme avec la nature adoucit la tendance d’une grande partie de la science du XXème siècle à dominer et à remplacer la nature. Ce paradigme conduit à un profond respect de l’environnement et des approches naturelles dans des domaines allant de l’agriculture à la médecine. Du point de vue de ce paradigme, des approches comme le génie génétique et le clonage sont reconnues comme étant le summum de la folie, la tentative déplacée de remplacer l’intelligence de la nature par celle de l’homme. Les disciplines dures comme la physique sont subtilement transformées par la prise de conscience que les lois de la nature à l’extérieur sont les mêmes que celles qui fonctionnent à l’intérieur de l’être humain et dans toutes ses entreprises, de l’art à la politique. Cette perspective humanise la science.

Transition vers l’Éducation Fondée sur la Conscience.[18]

Alors que nous nous trouvons à la fin du XXème siècle, encore largement ancrés dans un paradigme occidental et objectif d’éducation fondée sur l’information, il est difficile de concevoir une transformation vers une Éducation Fondée sur la Conscience et orientée vers le développement. Les graines de cette transformation sont maintenant avec nous, cependant, et il y a des conséquences expérimentales positives pour les éducateurs qui vont soutenir cette évolution. Tout d’abord, il convient de noter que la diversité des établissements d’enseignement qui existe actuellement ne diminuera pas. L’acquisition de la connaissance nécessaire à la réussite professionnelle sera toujours importante, tout comme les études qui favorisent la compréhension de la culture, la connaissance du monde naturel et le développement esthétique. Les établissements continueront d’enseigner cette connaissance et de l’aborder de différentes façons. Au sein de ces institutions, l’accent mis sur la conscience variera. Certains, pour des raisons idéologiques, pourraient ne pas le mentionner du tout. D’autres, qui sont très axés sur les compétences, comme les collèges communautaires de deux ans aux États-Unis, pourraient n’offrir des cours reliés à la conscience que sur une base facultative, tout comme ils offrent maintenant des cours de littérature ou de philosophie en anglais. Cependant, de nombreuses institutions, telles que celles qui se sont engagées aujourd’hui en faveur de l’idéal de l’éducation artistique libérale, auront le développement de la conscience comme objectif central de leur éducation, avec les implications éducatives présentées ci-dessus.

Cette transition sera facilitée, au cours des premières années, par les solutions que l’Éducation Fondée sur la Conscience apporte aux problèmes rencontrés par les institutions contemporaines, tels que les faibles résultats scolaires, le stress et l’alcoolisme excessif. Au-delà de la capacité des approches fondées sur la conscience d’aider les institutions à relever les défis auxquels elles sont actuellement confrontées, il y a des changements plus subtils dans le climat intellectuel qui vont soutenir ce changement. Le premier est l’acceptation et la valorisation croissantes du multiculturalisme. Le chauvinisme culturel occidental est un obstacle majeur à l’acceptation d’un paradigme éducatif fondé sur ce qui est largement – bien qu’à tort – considéré exclusivement comme une tradition orientale de connaissance. L’acceptation croissante et la valorisation positive des perspectives offertes par d’autres cultures aideront à l’acceptation de ce nouveau paradigme dans les années à venir.

Un deuxième changement est une meilleure appréciation du développement holistique. Les théories de l’intelligence multiple et de l’intelligence émotionnelle, par exemple, élargissent la façon dont nous concevons les résultats de l’éducation. Au fur et à mesure que l’importance de l’intelligence intrapersonnelle et de la conscience de soi (la valeur fondamentale de l’intelligence émotionnelle) augmente, les techniques de promotion de celles-ci auront naturellement leur place dans le contexte éducatif. Plus généralement, nous voyons maintenant une plus grande ouverture aux perspectives spirituelles holistiques et à la connexion de l’homme à la nature. Le sociologue Paul Ray, par exemple, a beaucoup écrit sur l’émergence d’un nouveau groupe majeur dans la société américaine, les «Cultural Creatives», qui opèrent à la pointe du changement culturel. Les qualités qui définissent ce groupe, qui constitue aujourd’hui environ un quart de la population adulte américaine, sont la spiritualité et/ou la conscience écologique. Les valeurs que défendent le «cœur» des créatifs culturels (environ 10 % de la population) sont notamment la psychologie, la vie spirituelle et la réalisation de soi, le plaisir de maîtriser de nouvelles idées, la préoccupation sociale, l’utilisation de soins de santé alternatifs et d’aliments naturels, et la promotion de la durabilité écologique.[19] Ces valeurs sont compatibles avec celles de l’approche de l’Éducation Fondée sur la Conscience et, lorsque cette orientation prendra forme aux États-Unis et ailleurs, le paradigme éducatif fondé sur la conscience progressera.

La transition vers l’Éducation Fondée sur la Conscience sera également soutenue par l’expérience positive des éducateurs de ces établissements. Mon expérience personnelle, et celle d’autres professeurs venus d’autres institutions pour enseigner à l’Université Maharishi de Management, est que l’environnement fondé sur la conscience est bien meilleur pour enseigner et travailler. La première chose que l’on remarque ici est la vivacité d’esprit des étudiants – les étudiants sont éveillés en raison de l’expérience vivifiante de la pratique de la Méditation Transcendantale deux fois par jour. La valeur du cœur est aussi beaucoup plus vivante. Les niveaux de stress chez les étudiants et le corps professoral sont beaucoup moins élevés, menant à un environnement plus favorable aux deux parties. La nature tranchante des universitaires d’ailleurs n’existe pas ici. Le niveau de politisation est extrêmement bas, parce que l’accent n’est pas mis sur le pouvoir, qui est un jeu à somme nulle, mais sur la croissance, qui est une somme positive. L’aspect le plus gratifiant de l’environnement, en fin de compte, est le développement holistique que l’on expérimente en soi-même et que l’on voit chez les autres. On fait l’expérience en soi-même et chez les autres de la paix, du bonheur, de la créativité, de l’intuition, de l’empathie, de la force et de la totalité. La plénitude qui y est associée, est extraordinairement gratifiante – on reconnaît que c’est ce que l’éducation devrait être. Au fur et à mesure que de plus en plus d’universitaires auront cette expérience – en tant qu’enseignants ou étudiants – ils voudront recréer ces environnements ailleurs.

Conclusion

Les penseurs éducatifs les plus profonds de tous les temps ont reconnu que l’objectif le plus important de l’éducation est de promouvoir le développement individuel. Grâce à la réalisation de cet objectif, l’individu et la société sont servis de manière optimale. Cet article a suggéré qu’une nouvelle – bien qu’ancienne – compréhension du potentiel humain est en train d’émerger. Fondée sur l’existence d’une conscience pure, cette compréhension soutient un nouveau paradigme pour l’éducation – l’Éducation Fondée sur la Conscience – avec des priorités et des pratiques sensiblement différentes de l’éducation actuelle. Plus important encore, le but de l’éducation dans ce paradigme naissant est l’illumination, l’état de cœur et d’esprit pleinement développés où l’on fait directement l’expérience du statut cosmique de soi-même et des autres. Avec ce changement, la méditation devient la composante la plus fondamentale de l’éducation, cette composante capable de promouvoir le développement extraordinaire du plein potentiel, et toutes les disciplines sont appréciées dans la lumière holistique de leurs connexions basées dans leur origine collective dans le domaine de la conscience pure.

La promesse de ce nouveau paradigme éducatif est grande: il est à la fois plus humain et plus profond que l’éducation contemporaine. Plus important encore, il offre la perspective d’atteindre dans le prochain millénaire un nouvel âge caractérisé par une individualité pleine de vie et un amour universel, un âge sans problèmes sociaux, bref, un âge d’illumination. Un tel âge ne marquerait pas la fin de l’histoire – il serait soumis à la même dynamique de perte et de renouveau de la connaissance que les autres âges – mais il serait l’aboutissement de la quête, exprimée dans les traditions orientales et occidentales, pour une société harmonieuse et pacifique vivant en accord avec la nature. C’est un objectif qui en vaut la peine.

Pour la version en anglais et surtout les références: http://www.excellenceinaction.globalgoodnews.com/06-aug/grant.html