Lire la Littérature Védique en Sanskrit

La valeur de la lecture de la littérature védique en Sanskrit – Maharishi Mahesh Yogi (Vidéo sous-titrée en Français (VOST) de 16’09 »

Bien que le sujet a déjà été traité, en rajouter une couche ne peut pas faire de mal, au contraire. Pour ceux qui ont commencé la lecture de la littérature védique en sanskrit, certainement que vous avez apprécié les bénéfices qui découlent de cette pratique. Un esprit plus clair, des sentiments plus profonds, une énergie plus stable et surtout une habilité à lire plus vite, comme le flot d’une rivière qui s’écoule sans obstacle. Souvent un sentiment de joie accompagne la lecture, une douce félicité intérieure, comme gage d’une bonne prononciation. 

La valeur de lire ou réciter les textes sanskrits n’est pas une nouvelle idée. Comme nous le savons, les pandits védiques récitent souvent sans faire attention à la signification, purement pour l’effet des sons. De plus, beaucoup de textes décrivent les bénéfices qui s’accumulent de cette lecture. Le Rāmāyaṇ de Vālmīki, par exemple, nous conseille que: 

यः पठेद् रामचरितं सर्वपापैः प्रमुच्यते। 

«Celui qui récite l’histoire de Rām sera libéré de tous les péchés» (1.1.98), 

et en effet de telles expressions abondent partout dans la littérature. Cependant, on peut aussi constater que le bénéfice promis n’apparaît pas ou peut être nettement inférieur à ce qui est indiqué. Maharishi souligne que le déploiement de l’Ātmā, le niveau le plus fondamental de la vie humaine, le Soi, est le fondement des bénéfices de la lecture de la littérature sanskrite, et donc notre première considération est de comment déployer l’Ātmā dans notre vie.

Les Upaniṣads décrivent l’Ātmā comme un quatrième état de conscience humaine, au-delà de la veille, du rêve et du sommeil profond: 

शिवं शान्तमद्वैतं चतुर्थं मन्यन्ते स आत्मा स विज्ञेयः। – śivaṁ śāntam advaitaṁ caturthaṁ manyante sa ātmā sa vigyeyaḥ (Nṛsiṁhottaratāpanīya Upaniṣad 1) 

«Le Paisible, le Joyeux, le Non-Duel est connu pour être le 4e, cela est le Soi qui est à être connu.»

De façon significative, le point de vue traditionnel est que l’Ātmā est disponible à l’expérience humaine, et en effet la Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad note que: 

आत्मा वा अरे द्रष्टव्यः श्रोतव्यो मन्तव्यो निदिध्यासितव्यः। – ātmā vāre draṣṭavyaḥ śrotavyaḥ mantavyaḥ nididhyāsitavyaḥ (Bṛhadāranyaka Upaniṣad, 2.4.5) 

«Seule cette Ātmā, seul cet état de la forme la plus simple de la conscience, est digne d’être perçu, entendu, contemplé et réalisé.»

Bien que l’Ātmā soit jugée accessible à la conscience humaine, il est généralement considéré que l’expérience est difficile, demandant souvent plusieurs années de pratique ardue et d’austérité. Cependant, au cours des quarante dernières années, Maharishi a mis à disposition des procédures qui permettent à quiconque d’expérimenter facilement et sans effort l’Ātmā ou la pure conscience. Maharishi souvent la décrit comme la forme la plus simple de notre propre conscience individuelle.

En particulier, son programme de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi a été enseigné avec grand succès partout dans le monde à des millions d’individus de toute nationalité et de milieu socio-culturel. Plus de 600 études scientifiques ont été publiées sur les bénéfices de la technique de Méditation Transcendantale (voir Orme-Johnson Farrow, 1977; Chalmers, et. al. 1989; Wallace, et. al., 1990). 

En outre, les individus rapportent des expériences claires de la pure conscience qui correspondent aux descriptions trouvées dans les Upaniṣads. Par exemple, l’expérience suivante décrit à la fois l’expérience dans la méditation et l’effet qui en résulte sur l’activité:

L’infinitude sans limites, la béatitude, le bonheur, le silence total. Dans l’activité, une puissante totalité silencieuse repose à la surface de tout. Une belle douceur relie et fusionne tout ce que je vois. (Maharishi Mahesh Yogi, 1976, p. 77)

Un autre exemple:

La méditation était remplie de lumière et de béatitude; j’ai fait l’expérience de la conscience pure comme un continuum illimité et synchrone – une connectivité infinie – et dans cet état, j’étais tout ce qui est. Je sentais que l’univers entier était mon Soi. J’étais sur le chemin royal de l’existence où l’on ne fait rien et accomplit tout. (p. 82)

De telles expériences sont devenues, au cours des dernières années, monnaie courante pour de nombreuses personnes, même au début de leur pratique de la technique de la Méditation Transcendantale.

Maharishi a souligné à maintes reprises que la valeur d’expérimenter la pure conscience réside dans le déploiement des états supérieurs de conscience; il a élaboré en détail la nature et les caractéristiques des états supérieurs, lesquels sont fondés sur la capacité à maintenir spontanément la pure conscience illimitée et infinie dans tous les états habituels de veille, rêve et sommeil profond. Et il a souligné que le développement des états supérieurs de conscience n’est pas juste pour les reclus qui méditent dans leurs grottes himalayennes, mais pour tout individu sans considération de style de vie.

Le point de Maharishi de combiner la lecture du Sanskrit avec le programme de Méditation Transcendantale est que l’expérience régulière de la pure conscience crée un fondement dynamique, lequel permet à la récitation de prendre place à partir d’un profond et puissant niveau, et de cette façon, le processus de développement de conscience supérieure, qui se déploie dans le temps à travers la pratique régulière du programme de Méditation Transcendantale, est amélioré et accéléré (Nader, 1995, p. 200).

Maharishi (1994b) décrit cette combinaison comme: «fermez les yeux et méditez. Ouvrez les yeux et lisez la littérature védique.» Les étudiant par exemple, à l’École Maharishi de Fairfield commencent à apprendre le Sanskrit à la maternelle et à l’université, la lecture du Sanskrit continue jusqu’au niveau doctorat.

Une clé pour comprendre ce programme réside dans la description de Maharishi de quels textes constituent le matériel de lecture, car son point n’est pas qu’on devrait lire n’importe quel texte sanskrit mais qu’il y a des textes spécifiques qui permettent à quelqu’un d’éveiller les impulsions les plus fondamentales de la loi naturelle dans la conscience. Afin de pouvoir comprendre ce point, nous devons examiner la description de Maharishi de la nature et de l’origine de la littérature védique.

Maharishi considère que la pure conscience n’est pas seulement la source de l’intelligence et de la créativité individuelle, mais est aussi le domaine le plus fondamental à partir duquel l’univers entier émerge. Il cite souvent la Taittirīya Upaniṣad qui décrit la pure conscience comme Ānanda, ou la pure félicité, laquelle crée et soutien l’univers entier, et à laquelle toutes choses retournent à la fin.

Dans sa Science de l’Être et de l’Art de Vivre, Maharishi décrit cet état comme l’Être, ou l’existence pure:

«Sous-jacent au niveau le plus subtil de tout ce qui existe dans le domaine relatif, se trouve le domaine abstrait et absolu de l’Être pur qui est non manifesté et transcendantal. Ce n’est ni de la matière ni de l’énergie. C’est l’Être pur, l’état d’existence.

«Cet état d’existence pure est sous-jacent à tout ce qui existe. Tout est l’expression de cette existence pure, ou Être absolu, qui est la composante essentielle de toute vie relative.» (1963, p. 17)

Maharishi soutient qu’à travers sa propre dynamique auto-interactive, la conscience pure s’exprime elle-même comme les formes et les phénomènes diversifiés de la création. En assumant le rôle de l’univers matériel, elle se meut en elle-même, créant une structure dynamique dans son silence éternel. Cette structure est Śruti, que Maharishi (1995a) décrit comme «la vibration de l’intelligence sous forme de sons, générés par la dynamique autoréférente de la conscience – ces sons spécifiques qui construisent la conscience pure.» (p. 352) Maharishi (1985) décrit Śruti comme une fréquence vibratoire non manifestée, un bourdonnement, qui exprime la dynamique de transformation de la conscience autoréférente en ses structures diversifiées.

Dans l’analyse de Maharishi, cette structure dynamique de la conscience pure est le ‘Veda’; ainsi le Veda à son niveau le plus fondamental n’est pas une collection de livres, mais l’interaction dynamique de la conscience autoréférente en elle-même, constituant tous les sons non-manifestés qui émergent à la suite de cette interaction. La valeur holistique de ce son se retrouve dans l’expression du Ṛk Veda, dont la plus grande signification réside dans ses structures phonétiques et non dans un sens traduit.

Dans cette structure holistique du son se trouvent d’innombrables fréquences, qui sont incorporées dans les textes de la littérature. Ces sons sont la littérature védique à son niveau le plus fondamental, et c’est leur enregistrement phonétique qui se trouve dans les différents textes. D’où, dans l’analyse de Maharishi, la littérature védique comprend ces aspects de la littérature sanscrite qui trouvent leur source dans la dynamique auto-interactive de la conscience pure.

Maharishi identifie quarante aspects de la littérature védique, chacun exprimant une qualité spécifique de la conscience. Il s’agit du Ṛk Veda, Sāma Veda, Yajur Veda, Atharva Veda, les six Vedāṅgas, les six Darśanas, Itihāsa, Smṛti, Purāṇa, un certain nombre de textes ayurvédiques et les Prātiśākhyas.

À l’intérieur de ces branches, Maharishi fait la distinction entre les textes qui incarnent les sons de la dynamique auto-interactive de la conscience et les commentaires et les œuvres ultérieures qui sont souvent inclus. Par exemple, Maharishi tient le Nyāya Sūtras de Gautama comme texte authentique du Nyāya, dont les sons constituent une qualité spécifique de la conscience, mais il n’inclut pas comme littérature védique des ouvrages ultérieurs tels que Nyāyabhāṣya de Vātsyāyana, Daśapadārthaśāstra de Chandramati, etc. Ces textes mettent en lumière les valeurs individuelles, mais ne fournissent pas, dans l’analyse de Maharishi, une vision holistique de la littérature védique (1994, p. 252).

Peut-être l’aspect le plus important de la discussion de Maharishi sur la nature du Veda et de Śruti est son application pratique: la disponibilité de ces sons à la conscience humaine, car il explique qu’un individu qui identifie la conscience (individuelle) avec la conscience pure est capable d’apprécier dans cette forme la plus simple de conscience les fins détails de la structure de la conscience, les sons et les formes non manifestés du Veda et de la littérature védique:

«Elle est générée dans le champ autoréférent de la conscience. À ce niveau, ces valeurs de sons sont là, et n’importe qui peut amener sa conscience à cet état apaisé où l’on est ouvert à soi-même. Et on devrait entendre ces sons, on devrait voir ces sons.» (Maharishi, 1990)

L’expérience de la structure détaillée du Veda, note Maharishi: «Appartient à cette conscience suprêmement pure qui est pleinement consciente de sa propre réalité complète» (1986, p. 497). Selon le point de vue de Maharishi, les grands voyants védiques de l’antiquité reconnaissaient ces sons comme les fluctuations de leur propre conscience autoréférente; ces sons furent par la suite écrits et conservés par les familles védiques de l’Inde.

Récemment, Tony Nader, médecin avec un doctorat en physiologie, travaillant en étroite collaboration avec Maharishi, a trouvé une correspondance remarquable entre les structures et les fonctions de la physiologie humaine et les textes de la littérature védique. Le Dr Nader a pris les qualités de conscience que Maharishi a associées à chaque branche de la littérature védique, et a localisé un aspect de la physiologie humaine avec une fonction similaire, puis a comparé la structure de chacun. Bien qu’il n’y ait pas assez d’espace pour traiter adéquatement ce sujet, quelques exemples fourniront un aperçu de la recherche du Dr Nader.

Maharishi considère Vyākaraṇ comme étant la branche de la littérature védique représentant la qualité d’expansion de la conscience autoréférente. La tendance du Veda à s’élaborer séquentiellement lui-même – à se déployer de la première syllabe du Ṛk Veda aux quarante branches de la littérature védique – est exprimé par Vyākaraṇ. Le Dr Nader localise la similarité entre cette tendance expansive et la fonction de l’hypothalamus.

L’hypothalamus libère des facteurs qui activent l’hypophyse, la neuro-hypophyse et le système nerveux autonome. Ces libérines représentent l’expansion nécessaire pour l’évolution de la réponse endocrine et autonome, ce qui mène à des réponses biochimiques et physiologiques qui amènent le système à un nouvel état d’équilibre (Nader, 1995, p. 85).

Structurellement, l’Aṣṭādhyāyī, le texte principal de Vyākaraṇ, comprend huit adhyāyas de quatre pādas chacun, soit un total de trente deux pādas. De même, l’hypothalamus comprend huit régions – antérieure, postérieure, moyenne et latérale, droite et gauche – avec quatre noyaux chacun, soit totalisant 32 noyaux, correspondant aux 32 pādas de l’Aṣṭādhyāyī. Le Dr Nader a noté une correspondance entre chaque pāda de l’Aṣṭādhyāyī et les fonctions anatomiques spécifiques.

Un deuxième exemple est Nyāya, la branche de la littérature que Maharishi considère comme incarnant la qualité distinctive et décisive de la conscience, ce qui comprend simultanément les qualités opposées de la conscience. Selon le Dr Nader, Nyāya correspond fonctionnellement dans la physiologie au thalamus, qui relaie les influx sensoriels vers les zones sensorielles primaires du cortex cérébral, ainsi que l’information sur le comportement moteur dans les zones motrices du cortex (Nader, p. 122). Structurellement, il y a 10 chapitres (मण्डल) au Gautamīya Nyāya Sūtras, et 10 zones du thalamus: antérieur, ventraux, dorso-latéraux, dorso-médian et intralaminaires, qui se trouvent de part et d’autre du cerveau. De plus, alors que les Nyāya Sūtras décrivent 16 sujets de raisonnement (प्रमाण, प्रमये, etc.). Le thalamus fonctionne à travers 16 groupes de cellules appelés noyaux. Dr Tony Nader souligne que la première des 16 divisions प्रमाण (pramāṇa) correspond au premier groupe nucléique du thalamus appelé pulvinar (p. 127).

Pramāṇa a quatre subdivisions – प्रत्यक्ष (perception directe), अनुमान (inférence), उपमान (comparaison) et शब्द (témoignage verbal) – qui correspondent respectivement aux quatre subdivisions du pulvinar. La première subdivision relie le colliculus supérieur à des zones du cortex et est responsable de l’intégration visuelle d’ordre supérieur, c’est-à-dire, la perception (प्रत्यक्ष); la seconde connecte le colliculus supérieur et le cortex temporal avec des zones du cortex et du cortex temporal. Ces domaines sont impliqués dans les fonctions telles que la vision, l’ouïe, la mémoire et le langage – ensemble, ils sont à la base des processus d’inférence (अनुमान). La troisième partie du pulvinar relie les zones corticales pariétales à d’autres zones corticales pariétales et est responsable de l’intégration sensorielle polymodale. Cette zone donne une perception d’ordre supérieur sur les influx sensoriels en relation les unes avec les autres, servant la fonction de comparaison (उपमान).

La quatrième relie le cortex temporal au gyrus temporal supérieur et est responsable de la mémoire, du langage et de la parole. C’est la base du témoignage verbal (शब्द). Les quinze catégories suivantes de Nyāya sont également liées aux différents aspects du thalamus, en structure et en fonction (p. 127).

Le Dr Nader suggère que la correspondance entre les sons védiques et la physiologie humaine a un grand potentiel pour rétablir l’équilibre physiologique. Il explique que la lecture des sons de la littérature védique dans leur ordre approprié, même phonétiquement, sans aucun sens de la signification, crée une résonance avec les mêmes structures anatomiques auxquelles ils correspondent, vivifiant une séquence spécifique d’activité neuronale et physiologique. En rétablissant la séquence correcte du déroulement de la loi naturelle dans la physiologie, toutes imperfections (stress, blocages ou toute autre anomalie structurale ou fonctionnelle) peuvent être éliminées (Nader, p. 201). Le résultat, selon le Dr Nader, est que la physiologie fonctionne de plus en plus en accord avec son originale et parfaite conception.

Maharishi (1994) ajoute que la lecture de la littérature védique dans l’ordre séquentiel a pour effet de réguler et d’équilibrer le fonctionnement de la physiologie cérébrale (p. 145); pendant la lecture, le fonctionnement des fibres individuelles du cerveau entre en cohérence avec la valeur holistique du fonctionnement cérébral et, par conséquent, l’esprit commence à fonctionner selon la loi naturelle dans chaque expression. Lorsque l’esprit s’écoule dans une direction évolutive, toutes les pensées, paroles et actions s’écoulent également dans une direction évolutive, dans la direction du développement des états supérieurs de conscience.

Les étudiants de la nouvelle filière doctorale à l’Université Maharishi de Management lisent la littérature védique pendant plusieurs heures par jour et attestent de leur illumination grandissante. Ils ont rapporté des centaines d’expériences d’états de conscience supérieurs. Par exemple, ce qui suit est l’expérience d’un étudiant lisant les Brahm Sūtras, qui représente la qualité holistique de la conscience autoréférente, le plein développement du Soi:

Il y avait encore ce petit corps [je le savais comme le mien,] mais la réalité en même temps était qu’il n’y avait pas de frontières [du tout] qui me contenaient – ce qui était mon Soi continuait pour toujours – et qu’il y avait une connaissance très concrète que j’avais toujours été cela, que j’avait atteint ce que j’étais vraiment, [que je pouvais enfin être vraiment au repos, que j’étais] rentré à la maison. Tout reposait en moi et était soutenu par moi, et je savais donc tout ce qu’il y avait à savoir. J’avais la perception de…[encercler] et abriter tout l’univers, de sorte que je me sentais responsable [de garder tout en vie et de grandir].

L’impression de cette expérience finale était celle d’une liberté et d’une maîtrise totales, d’une félicité sublime, d’un silence animé et d’une simplicité absolue, presque ridicule, le tout à la surface de mon être. Toutes les fibres de mon être semblaient vivifiées avec les réalisations: “Je suis vraiment le Veda, je suis vraiment la totalité.” (Freeman, 1996)

Ma conscience est devenue énorme, mais tout autour de moi semblait comme une partie de moi, comme mes propres mains. Tout est devenu partie intégrante de mon Soi, et mon Soi était [au même moment] dans tout. (Freeman, 1996)

Conclusion

Maharishi souligne que chaque individu est capable d’expérimenter le Veda dans son état le plus simple de conscience. En cela, il indique un concept critique pour les chercheurs védiques: la connaissance et la compréhension complètes du Veda ne viennent pas de l’analyse intellectuelle, mais de l’identification de sa conscience avec le Veda – la dynamique auto-interactive de la conscience pure et autoréférente – et de l’explorer à son propre niveau. Comme le Veda est un phénomène de subjectivité pure, transcendantal aux processus de la pensée, l’intellect est incapable de le comprendre à son propre niveau:

Vous connaissez le Veda en étant le Veda. Vous connaissez Veda en étant le Veda. La cognition du Veda est sur son propre niveau, et c’est à ce niveau que nous entrons dans les détails de l’éveil. Le Veda est la structure détaillée de l’éveil pur, et là l’intellect ne va pas. (Maharishi Mahesh Yogi, 1991)

Maharishi situe cette compréhension dans deux expressions qu’il cite ensemble, ce qui souligne la relation entre l’identification de sa conscience avec le Veda et la connaissance du Veda:

वेदाहम् वेदोऽहम्

Vedāham Vedo’ham 

que Maharishi (1991) traduit: «Je connais le Veda, je suis le Veda.»

L’idéal de Maharishi de l’étude védique constitue un ajout important dans le domaine de l’éducation, car il promet de développer une connaissance complète dans la conscience de chaque étudiant en explorant le Veda et la littérature védique sur son propre niveau, et en animant les impulsions fondamentales de la loi naturelle de façon permanente dans la conscience des étudiants. La lecture de la littérature védique en conjonction avec la pratique de la technique de Méditation Transcendantale fournit la base de l’éducation védique, car elle stimule le potentiel total de la loi naturelle dans la conscience de chaque étudiant, et rend ainsi disponible la dynamique structurante de la pure conscience. Maharishi décrit ceci comme l’accomplissement suprême de l’éducation qui peut créer un individu parfait et un système éducatif parfait.

Un autre avantage de la lecture de la littérature védique en sanskrit, est de rétablir l’ordre et l’harmonie, non seulement dans l’esprit mais aussi dans toute la physiologie. Aussi, il n’est pas rare que des réajustements prennent place au niveau physiologique occasionnant des mouvements le long la colonne vertébrale… Par contre, il n’est pas conseillé de faire des efforts ni dans la lecture ni dans la durée. Une trentaine de minutes devrait être un maximum.


La compréhension suprême de la création et de l’évolution

La perspicacité dans les parallèles entre la structure de la physiologie et la structure du Veda révèle l’ordre absolu qui prévaux dans tout l’univers. Le niveau autoréférent et non-manifesté de l’intelligence assume sa qualité d’objet référence et manifestée et administre la multiplicité infiniment diverse de toutes les valeurs objectives de ses propres expressions – l’univers entier. Ceci est possible parce que toutes les valeurs objectives manifestées maintiennent éternellement leur connexion avec leur source unifiée – le niveau non-manifesté de l’intelligence. L’ordre et l’évolution dans la création sont éternels et ne peuvent jamais être perturbés parce qu’il n’y a aucun second élément à la pure intelligence – elle est tout ce qui est.

Tout grain de la création est lui-même l’infinité. La valeur de point la plus petite est elle-même infinie, illimitée.

अणोरनीयान् महतो महीयान्
aṇoranīyān mahato mahīyān – Katha Upaniṣad 1.2.20
«(Le Soi est) Plus petit que le plus petit et plus grand que le plus grand.»

Ma Vidvishavahai est le secret

Maharishi: «Nous nous élevons ensemble. L’expression védique est: Saha nav avatu – soyons ensemble. Et dans l’unité de cette forme la plus simple de la conscience est la graine de l’immortalité. Ainsi, nous serons tous ensemble. Saha nav avatu. Saha nau bhunaktu – mangeons ensemble, expérimentons ensemble. Dans l’unité, nous nous réaliserons nous-mêmes. Saha nav avatu – Saha nau bhunaktu – Saha viryam karavavahai. Soyons ensemble plein de vitalité. Dans l’unité, dans la cohérence, est la vitalité. Et dans cette vitalité est la graine de l’invincibilité, l’immortalité, toutes les possibilités. Saha nav avatu – Saha nau bhunaktu – Saha viryam karavavahai – Tejasvi nav adhitam astu – irradions la vérité – irradions la lumière de la vie. Tejasvi nav adhitam astu – tous ensemble, irradions la vie. Ma vidvishavahai – Ne dénonçons jamais personne. N’entretenons jamais la négativité de quiconque. Pas de conflits dans notre famille, pas de conflits dans notre pensée, dans notre comportement. Ma vidvishavahai. Nous ne créerons pas de turbulence où que ce soit. Nous ne douterons pas de quoi que ce soit. Ma vidvishavahai. C’est un très grand enseignement pour maintenir l’unité. Et dans l’unité est le maintien de la relation. Et en ceci, est le maintien de la valeur de corrélation infinie, qui est le niveau d’immortalité. Dans l’unité est la vitalité, dans l’unité est cette valeur de cohérence infinie et donc, nous ne serons jamais séparés. Un grand enseignement pour tous les temps.

Un groupe – nous sommes un groupe très puissant, parce que nous fonctionnons à partir de ce niveau d’invincibilité. L’immortalité – ceci est notre fondement – et donc nous sommes plus puissants, nous sommes invincibles. Mais invincible, nous le sommes en tant que groupe. C’est pourquoi nous ne permettrons pas qu’une teinte de différence devienne prédominante. Dans notre groupe, certains sont plus intelligents, certains sont moins intelligents, mais ces plus ou moins sont des valeurs relatives. Notre domaine d’existence n’est pas relatif, il est non relatif et donc nous ne promouvons pas les différences. Nous sommes comme les cinq doigts: l’un est un peu plus épais, l’un est un peu plus mince, l’un est un peu plus petit, l’un est un peu plus grand. Tous les cinq ont différentes caractéristiques, mais tous ensemble forment une prise. S’ils étaient semblables, la prise ne serait pas une prise. Nous avons la prise de la pure connaissance – la capacité de réaliser tous nos désires. Maintenant, nous sommes assis avec certains désirs, des désirs d’une telle ampleur que l’homme ordinaire dans la rue ne peut tout simplement pas désirer une telle chose. C’est seulement les Gouverneurs de l’Age de l’Illumination, qui ont la technique pour fonctionner à partir du domaine de toutes les possibilités. Ils peuvent seul désirer. Et lorsque nous sommes dans cette position de désirer, nous avons cette position parce que nous savons comment désirer à l’intérieur de nous-mêmes, si profondément en nous-mêmes dans le processus de désirer, nous allons – et le désir sera réalisé.

Nous sommes dans une position très chanceuse, une position très fortunée et chanceuse, qui nous a fait gagner du terrain sur ce niveau d’accomplissement qui ne requière pas d’énergie ou d’effort. D’une manière naturelle, que nous avons maîtrisé maintenant, le chemin sans effort et naturel de se tourner à intérieur, nous désirons – et toutes les lois de la nature serons au travaille pour nous afin de réaliser ce désir. Ainsi, quand nous aurons ce statut, de voir tous nos souhaits réaliser, nous aurons d’autres souhaits qui apporteront la paix, la prospérité, la santé dans la direction de l’immortalité, toutes les possibilités pour toute nation, pour toute famille et pour les membres de toute famille. Cela est notre capacité, parce que nous avons appris à comment fonctionner à partir de ce niveau de corrélation infinie, où l’information s’écoule sans restriction. Notre fondement est le terrain glissant de la non friction, un flot sans friction. Ceci est notre domaine d’accomplissement – et c’est la raison pourquoi nous pouvons avoir n’importe quel souhait et nous en sortirons collectivement avec sa plénitude. Ma vidvishavahai – nous ne nourrirons pas les différences. Nous sympathiserons avec les capacités des incapables. Sympathiser, sympathie. Si notre voisin ne peut pas le faire, nous avons certainement l’habileté à le faire, nous le ferons. Aides ton voisin est un fonctionnement naturel des lois de la nature. Toutes les lois de la nature sont en notre faveur et nous croissons de plus en plus dans la capacité à utiliser le potentiel total de la nature, le potentiel infini de la loi naturelle pour la plénitude de nos désirs.

C’est la raison pourquoi nous voulons voir exprimer tous nos désirs dans notre famille et alors, nous l’aurons dans nos coeurs. Et nous verrons que tous les désirs seront réalisés. Ma Vidvishavahai est le secret…» – De la Guru Purnima, 27.07.1980, Seelisberg, Suisse

Ma Vidvisavahai is the secret

Maharishi: “We will be raising together. The Vedic expression of this is: Saha nav avatu – be all of us together. And in togetherness of this simplest form of awareness is the seed of immortality. So we’ll all be together. Saha nav avatu. Saha nau bhunaktu – let us eat together, let’s experience together. In togetherness we’ll fulfill ourselves. Saha nav avatu – Saha nau bhunaktu – Saha viryam karavavahai. Let us be vital together. In togetherness, in coherence, is vitality. And in this vitality is the seed of invincibility, immortality, all possibilities. Saha nav avatu – Saha nau bhunaktu – Saha viryam karavavahai – Tejasvi nav adhitam astu – let’s be radiating truth – let’s be radiating the light of life. Tejasvi nav adhitam astu – all together we radiate life. Ma vidvisavahai – Never we shall denounce anyone. Never we shall entertain any negativity from anyone. No conflicts in our families, no conflicts in our thinking, in our behavior. Ma vidvisavahai. We will not create turbulence anywhere. We will not doubt anything. Ma vidvisavahai. It’s a very great teaching to maintain togetherness. And in togetherness is maintenance of relationship. And in this is the maintenance of infinite correlation value, which is the level of immortality. In togetherness is vitality, in togetherness is that value of infinite coherence and therefore we will never be separated. A great teaching for all times.

One group – we are a very powerful group, because we function from that level of invincibility. Immortality – this is our ground – and therefore we are most powerful, we are invincible. But invincible we are as a group. And therefore we shall not allow a taint of difference to become predominant. In our group, some are more intelligent, some are less intelligent, but these more or less are relative values. Our field of existence is not relative, is non-relative, and therefore we do not promote differences. We are like the 5 fingers: one is little thicker, one is little thinner, one is little tinier, one is little taller. All the 5 have different features, but all together make a grip. If they were alike, the grip would not be a grip. We have the grip of pure knowledge – the ability to fulfill all our desires. Now we are sitting with some desires, desires of such great magnitude, that the ordinary man in the streets can simply not desire such a thing. It’s only the Governors of the Age of Enlightenment, who have the technique to function from the field of all possibilities. They only can desire. And when we are in this position of desiring, we have that position, because we know how to desire within ourselves, so that deep in ourselves in the process of desiring we go – and the desire will be fulfilled.

We are in a very lucky position, a very fortunate and lucky position, that we are gaining ground on that level of performance that does not require energy or effort. In an effortless way, on which we have mastery now, the effortless natural path of turning inside, we desire – and all the laws of nature will be working for us to fulfill that desire. So when we have that status, that every wish of ours will be fulfilled, we will have wishes that bring peace, prosperity, health in the direction of immortality, all possibilities to every nation, to every family, and to members of every family. That is our capability, because we have known how to function from that level of infinite correlation, where the information flows unrestricted. Our ground is the slippery ground of no friction, a frictionless flow. This is our field of performance – and this is the reason, why we can have any wish and we will collectively come out with its fulfillment. Ma vidvisavahai – we will not entertain any differences. We will sympathize with the abilities of the incapables. Sympathize, sympathy. If our neighbor can’t do it, we certainly have the ability to do it, we’ll do it. Help thy neighbor is a natural functioning of the laws of nature. All the laws of nature are in our favour and we are growing more and more in the ability to utilize the whole potential of nature, the infinite potential of natural law for the fulfillment of our desires.

That is the reason why we want to have expressed all our desires in our family and then we have it in our hearts. And we’ll see that all the desires get fulfilled. Ma Vidvishavahai is the secret…” – From Guru Purnima, 27.07.1980, Seelisberg, Switzerland

Les anciens enseignements des Upanishads

Extraits de l’introduction aux ‘Eternal Stories from the Upanishads’ par le Dr Tom Egenes, 10 février 2007

Les Upanishad font partie de la vaste littérature védique ancienne de l’Inde, et ils soulignent la qualité transcendantale de l’intelligence. (voir: http://vedicreserve.mum.edu/upanishad.htm)

Traditionnellement, les Upanishad se transmettaient de professeur à étudiant. ‘Upa-ni-shad’ signifie littéralement ‘s’asseoir près’.

Ce processus est décrit dans le Chandogya Upanishad quand Satyakama dit à Upakosala «qu’il pouvait rentrer chez lui, maintenant qu’il avait reçu l’enseignement final, Brahma Vidya. Rempli de joie, Upakosala est rentré chez lui. De nombreuses années plus tard, il devint lui-même professeur et enseigna à ses propres disciples à réciter le Veda et à accomplir les Yagyas. Il leur donna l’enseignement final de Brahma Vidya, tout comme Satyakama le lui avait donné, et Gautama l’avait donné à Satyakama. Et c’est ainsi que l’enseignement suprême a été transmis, de maître à disciple, dans une tradition ininterrompue depuis les temps immémoriaux en Veda Bhumi, la terre du Veda, la terre de la connaissance.»

Maharishi explique que «tout s’assoit près du Veda». En d’autres termes, lorsque nous connaissons l’essence de tout comme étant le Veda, alors nous avons gagné le fruit de toute connaissance.

Vedaham etam purusham mahantam
Aditya-varnam tamasa parastat
Tam eva viditvamimrityum eti
Nanyah pantha vidyate’yanaya

«Je connais le Veda, la grande totalité;

rayonnant comme le soleil, au-delà de l’obscurité. 

Ceux qui connaissent cela, deviennent immortels.

Il n’y a pas d’autre chemin.» – Shwetashwatara Upanishad, 3.8

Maharishi explique que les Upanishad, comme tous les autres aspects du Veda et de la littérature védique, furent cognisés par les grands Rishis védiques illuminés, ou les Voyants; les vérités profondes se sont éveillées spontanément dans les profondeurs du silence de leur propre conscience pure.

Hiranmayena patrena
Satyasyapihitam mukham
Tat tvam pushann apavrinu
Satya-dharmaya drishtaye

«Le visage de la vérité

est caché par un disque d’or.

Ô Pushan, dévoile-le afin que je,

qui aime la vérité, puisse la voir.»

Selon la Muktika Upanishad (1.30-9), il y a 108 Upanishad, dont dix Upanishad principales (Isha, Kena, Katha, Prashna, Mundaka, Mandukya, Taittiriya, Aitareya, Chandogya, et Brihadaranyaka).

En lisant les Upanishad, il est important de se rappeler qu’il s’agit des qualités de la conscience pure. Même si les histoires décrivent les allées et venues des gens et les événements, à un niveau plus subtil de compréhension, ces histoires décrivent la dynamique de la conscience retrouvée en chacun.

Pour la version en anglais: http://www.excellenceinaction.globalgoodnews.com/07-feb/upanishad1.html