Prière et Dévotion

…[Si le fils est] obéissant alors il n’a pas à demander à son père ceci ou cela. Et s’il n’est pas obéissant, il peut continuer à demander pour ceci et cela mais il n’aura pas de réponse.

Si le fils est obéissant, ça signifie s’il a la confiance du père alors sans demander il aura tout. Et s’il n’a pas la confiance alors il peut continuer à demander mais il n’aura pas de réponse.

Donc, [une telle] prière n’est pas efficace si on n’est pas en accord avec le Créateur. Et si on est en accord avec le Créateur alors la prière n’est pas nécessaire.

[…] Prier est inutile dans l’état de non-contact avec le niveau omniprésent de la vie. Et prier est d’aucune utilité quand le contact est fermement établi.

Prier a sa valeur… pour former… une sorte de modelage… pour former la psychologie… une sorte de satisfaction psychologique. Autrement, prier a aucune efficacité dans la plénitude du besoin. La prière demande.

Maintenant, la prière peut être de deux différentes structures. Une structure de prière peut être celle de demander… Nous demandons pour quelque chose… dans la prière nous demandons. Et l’autre type est, aucune demande mais aimer chanter la gloire de Dieu. Et c’est la prière que nous aimons. Pas de demande mais de s’amuser nous-mêmes … se laisser nous-mêmes être noyer dans la joie de chanter la gloire de Dieu. Et c’est la prière dévotionnelle. Et c’est l’océan d’extase dans la mémoire de Dieu… dans les grandes vagues d’amour pour Lui.

Et cela est la prière qui a sa valeur infinie. Et ce genre de prière est juste un élan d’expansion du cœur dans l’amour pour Lui. […] le Suprême. Et cette prière a la valeur infinie, je dis, la valeur infinie. Parce que c’est ce déversement du cœur, de l’émotion, vers le Tout-puissant qui cultive le cœur. Et à travers le sentiment d’amour, il devient possible de communiquer avec Dieu… ou aux Êtres célestes. 

La communication… la communication avec les Êtres célestes est sur ce niveau d’intensif déversement d’amour. Et ce type de prière… Je pense l’histoire de toute religion rapporte de tels déversements d’amour dans l’éloge de Dieu partout dans le monde à travers les âges. Il y a eu des dévots qui se sont levés et dansés et tombés dans des extases en récitant l’éloge de Dieu, en chantant la gloire de Dieu. Et cette prière est toujours très, très utile. Elle remplit l’être de quelque chose de si riche qu’on ne peut seulement l’apprécier. C’est très enrichissant. Ça enrichit la vie entière.

Une telle conception de prière est quelque chose qui est très, très valable. Mais ceci devient la condition du cœur seulement quand le cœur est développé. Dans son extension illimitée, le cœur devient ingérable et quand il devient ingérable, il se déverse dans de tels élans de dévotion.

Tout ce chant et cette danse dans l’éloge de Dieu, en mémoire de Dieu, est juste une chose très, très naturelle. Elle est naturel à cette infinité du cœur, quand l’Être illimité devient de plus en plus saturé dans la vie. La conscience croît vers la Conscience Cosmique. Ainsi, le cœur individuel a cet illimité de l’Être éternel. Ce déversement d’amour est aussi dit être une prière. Et cette prière est quelque chose des plus désirables, des plus agréables, des plus efficaces. Et elle est efficace pour tout.

Maintenant, cette prière est un élan spontané de l’état de plénitude. L’autre type de prière est un cri de besoin… la vie dans l’état de manque. Donc, nous criions dans l’état de besoin sans plénitude. C’est juste en vain… une perte d’énergie (rire). C’est juste une perte d’énergie! On pourrait crier dans l’agonie, on pourrait avoir un flash d’un certaine grande vision miraculeuse de Dieu. Si irrepressible et puis elle s’en va. Et quand elle est partie alors le dévot de Dieu pleure dans l’angoisse et la douleur de la séparation. Et alors il prie… il prie pour quelque chose or peut même prier pour la même vision une fois encore. Cette demande… la prière qui vise à demander… à questionner… est à partir d’un niveau de vie très indésirable. À partir d’un niveau de démérite. Un niveau de vie où on ne mérite pas cette grandeur. Et ne méritant pas, on la pleure.

Mais il y a un proverbe: «Premièrement méritez et alors désirez.» Méritez et désirez. Et une fois que vous le méritez, vous n’avez pas à désirer – c’est déjà fourni!

Donc, la prière qui est le flux de l’état de plénitude est la très heureuse prière. Et la prière qui est dans l’angoisse du besoin… demandant pour la plénitude… est une perte de temps. Ça ne signifie pas grand chose dans la vie. – Maharishi Mahesh Yogi, Rishikesh, 1968

La relation Maître à disciple

Maharishi: «La dévotion est quelque chose de plus ajouté à l’amour. Elle est complétée par les qualités de service et de vigilance. Le service est également unificateur, mais en même temps, il dépend également de certaines valeurs extérieures. Il doit donc s’appuyer sur la plate-forme de la vigilance. Cette vigilance n’est pas seulement utile à la faculté de servir mais aussi à l’esprit d’amour, car en l’absence de vigilance, même la félicité de l’unité ne deviendrait pas une réalité vivante.

«Un très vieux dicton pratique dit: “l’amour est aveugle”, “l’amour ne connaît pas de raison”, et ceci pour alerter l’amoureux afin qu’il ne soit pas perdu. Que la valeur de l’amour soit appréciée, soit vivante. Veda (?) – cet aspect de la vigilance qui est contenu dans la qualité du service, les deux sont réunis. Si la vigilance est perdue, le sens du service est perdu, la vie s’effondre et la valeur unificatrice de l’amour cesse d’avoir une quelconque valeur pratique et utile. La vigilance seule peut constituer une barrière ou un obstacle à l’influence unificatrice de l’amour. C’est pourquoi la vigilance seule n’est pas donnée dans la dévotion. Qu’est-ce qu’on y donne? Service et amour, amour et service. L’amour et le service signifient la dévotion. La vigilance seule n’est pas considérée – amour et service; le repos du niveau pratique de la vie.

«Quelqu’un qui veut aimer quelqu’un veut lui être d’une valeur pratique. Et c’est cet élément du service – la valeur pratique du service dans le domaine de l’amour. La même chose se produit chez les dévots de Dieu, où l’amour est si profus, si intense et si absorbant qu’on ne peut que se perdre dans ce grand afflux d’émotions – parce qu’il est là, dans cette gloire céleste, cette valeur, cette grandeur – auquel on peut absolument se livrer, sans aucune conscience de soi. Mais alors, pour jouir de la grande valeur de la relation avec Dieu, il faut avoir une position très, très stable et puissante pour l’individualité.

«Et qu’est-ce qui permet à l’homme d’être absorbé par la gloire du domaine céleste? La conscience illimitée, la nature vivante du Soi. Parce que le Soi est déjà établi dans l’illimité de la Conscience Cosmique. Cet établissement de l’absence de limites du Soi dans la Conscience Cosmique est une bonne base pour sauver un homme afin qu’il soit absorbé dans la gloire céleste de Dieu. Et c’est sur cette base que la Conscience de Dieu devient puissante.

«Ce grand afflux d’amour de la gloire céleste de la vie ne devient une réalité vivante au niveau individuel que lorsque l’individualité est établie sur la valeur infinie. Si l’individualité n’est pas établie sur la valeur infinie, elle ne pourra pas soutenir son individualité, elle ne pourra pas jouir de cette gloire céleste de la Conscience Cosmique. Parce que l’objet de l’amour est toute joie, l’amant doit se tenir sur ses pieds, sinon il sera perdu – perte totale d’identité – et fera même honte à cette vague d’amour irrésistible, car elle ne pourra pas servir son objectif.

«Le but de l’amour n’est pas l’absorption totale dans un état d’unicité où la vie cesserait d’être vécue. Le but de l’amour est de rendre la vie significative, aussi puissante que possible, aussi glorieuse que possible. Et si l’on n’est pas capable de soutenir et de profiter de cette vague d’amour, le but de cette vague sera perdu. Et donc, d’une manière très naturelle, d’une manière très spontanée, la vague d’amour est prudente. Elle vient à des degrés croissants avec l’augmentation de la pureté de la vie. Lorsque la vie devient plus pure, la conscience s’élargit, les valeurs physiques et mentales du cœur et de l’esprit s’étendent. Et avec cette expansion du cœur, avec cette expansion du récipient de l’amour, la vague d’amour devient plus grande.

«Dans un cœur expansé, il n’y a aucune chance que la vague d’amour soit plus grande. Et cette situation naturelle, qu’une vague d’amour ne sera pas grande dans un petit cœur, c’est parce que l’amour est gentil. Il ne veut pas que le cœur se brise – il ne le permettra pas. Et c’est pourquoi, à mesure que la pureté grandit, ou que l’Être s’infuse de plus en plus, le cœur se gonfle de plus en plus d’amour, spontanément de plus en plus. Et l’expansion est fructueuse, précieuse pour la vie. Et lorsqu’il se retrouve face à face avec cette gloire céleste, il est capable de soutenir cet élan qui s’élève pour unifier les deux. Et cet élan est soutenu par la vigilance, née de la faculté de servir dans la structure de l’amour.

«C’est donc l’illimité du soi individuel qui est capable de maintenir cette faible ignorance (leshāvidya) sur la base de laquelle l’impact infini de la puissance sous-jacente de l’amour est maintenu. Ainsi, ce sens du service, ce petit sens du service, le maintien de la vigilance, est précieux pour l’amour. Vous voyez la structure de l’amour? Elle est alerte et serviable du début à la fin. C’est ce qui le maintient. – 10.11.1970