Relation entre l’esprit et le système nerveux

Question: «Quand vous dites ‘l’esprit’, vous voulez dire le système nerveux?»

Maharishi: «Non! Nous voulons dire le… dictateur du système nerveux, le maître du système nerveux. Le système nerveux n’est que le serviteur de l’esprit. Fais comme ça, fais comme ça… L’esprit est le maître du système nerveux… L’esprit dicte et le système nerveux suit. L’esprit dicte et le système nerveux suit. Le maître!

«Il y a eu des rois en Inde, des royautés qui ne faisaient rien si le serviteur n’était pas là. Il ne pouvait tout simplement rien faire si le serviteur n’était pas là. Lorsque d’autres personnes ont envahi son royaume, il n’a pas pu quitter le fort parce qu’il n’y avait plus de serviteur pour lui mettre ses chaussures. [Maharishi et l’auditoire rient] Il ne pouvait pas le faire lui-même… il devait avoir un serviteur pour faire quoi que ce soit.

«L’esprit est comme cette royauté… [Maharishi rit] si royal, si divin… il ne peut tout simplement pas agir sans un serviteur. Et puis, lorsque l’esprit est celui d’un homme, alors son niveau de royauté est maximal. Il doit avoir ce système nerveux hautement développé pour commander ceci et cela et cela… Sinon, il ne fonctionne tout simplement pas. Et lorsque le système nerveux est fatigué par l’activité de la journée… alors il refuse de faire l’expérience de quoi que ce soit – le sommeil profond, l’inertie.

«Donc, l’esprit ne va nulle part, c’est seulement que le serviteur dort. Il ne peut pas commander. Et quand le serviteur [système nerveux] dort et qu’il ne peut pas ordonner et ne peut rien expérimenter, alors l’esprit a deux choix: Soit il est éveillé en lui-même, soit il s’endort avec le serviteur. [Maharishi et l’auditoire éclatent de rire].

«S’il [c’est-à-dire l’esprit] est l’esclave de son serviteur, alors il s’endort avec le serviteur. Et s’il est le maître de lui-même, même s’il ne fait rien, il est bien éveillé en lui-même.» – Rishikesh, 1967

L’approche de l’Ayurveda Maharishi à l’esprit et à la mémoire

La notion de mémoire selon l’Ayurveda apparaît différente de la discipline védique connue sous le nom de Smṛti, qui compte dix-huit volumes et dix-huit autres pour les Upa-Smṛtis. Je ne pense pas qu’il y ait de différence, si ce n’est dans l’expérience que notre propre niveau de conscience nous permet. 

L’esprit, la mémoire et vos doshas

Dans le cerveau, les trois doshas travaillent ensemble et réalisent les trois fonctions fondamentales de l’esprit: l’apprentissage, le traitement et le rappel de l’information. Le déséquilibre dans l’un des trois doshas cependant, peut causer des problèmes de mémoire, de concentration ou de clarté mentale. L’apprentissage, le traitement et le rappel de l’information impliquent trois fonctions clefs du cerveau selon l’Ayurveda Maharishi. Ces trois fonctions intimement connectées font références à Dhi, Dhriti et Smṛti. Chacune d’elles doit s’écouler sans incident pour que l’apprentissage, le traitement et la mémoire soient bons. Inversement, un problème dans l’une de ces fonctions cruciales du cerveau mènera à un problème avec votre mémoire ou un certain aspect de votre performance mentale.

Dhi se réfère à l’acquisition de la connaissance ou l’apprentissage initial et la compréhension. En termes modernes, c’est votre mémoire immédiate ou de travail – le genre que vous utilisez lorsque vous faites attention à ce qui se passe autour de vous, ou lorsque vous lisez ces mots et que vous les mettiez dans le contexte des phrases et des paragraphes que vous venez juste de lire. Cette fonction est gouvernée par le dosha Vata. Pour avoir une bonne focalisation de l’esprit pour apprendre et acquérir une nouvelle connaissance, le dosha Vata (particulièrement Praṇa Vata) doit être équilibré. Autrement, votre attention sera facilement distraite par les stimulus extérieurs comme le son d’une radio, votre collègue parlant au téléphone près de vous ou par vos propres pensées et émotions internes.

Dhriti se réfère au traitement, à l’intérieur de l’esprit et du cerveau, de cette nouvelle information, qui conduit à ce qu’elle soit établie comme mémoire qui puisse être récupérée plus tard (rétention). Ceci inclut le traitement qui résulte, dans la mémoire à court terme, laquelle peut être récupérée pendant un jour ou deux et puis oubliée, (tel que votre liste de courses ou votre carnet de rendez-vous pour le jour suivant). Dhriti se réfère aussi au traitement cérébrale, lequel donne lieu à certaines mémoires étant établies pour le long terme – comme votre jour de mariage ou le premier récital de votre fille, les détails pouvant être aussi clairs trente ans plus tard que le jour où ils sont produits. Dhriti implique le traitement chimique et électrique dans le cerveau et est de ce fait gouverné par Pitta, qui est responsable de tout métabolisme. Quand Pitta est hors d’équilibre, particulièrement le sous-dosha Sadhaka, la fonction Dhriti sera perturbée et le fondement de la mémoire sera altéré.

Smṛti est responsable pour stabiliser la mémoire dans les circuits cérébraux, et assurer qu’elle puisse être rappelée à volonté. Garder et emmagasiner la mémoire profondément dans le cerveau, et ensuite la récupérer et s’en rappeler au niveau de l’esprit conscient, est la responsabilité de Smṛti. Si vous connaissez que le nom de quelqu’un ou que la dernière strophe de la chanson favorite de votre époux / épouse est là quelque part, mais que vous ne pouvez simplement pas vous en souvenir à ce moment, alors la fonction Smṛti de votre cerveau vous a temporairement échappé. Le dosha Kapha, particulièrement le sous-dosha Tarpaka, qui lubrifie et nourrit le tissus cérébrale, est responsable de cette capacité. Si vous avez la mémoire lente ou êtes fréquemment incapable de rassembler le nom ou la mémoire que vous savez que vous connaissez, alors votre Tarpaka Kapha a besoin d’un peu d’aide.

Pour améliorer votre esprit et mémoire, il n’est heureusement pas nécessaire d’analyser chaque aspect de Dhi, Dhriti et Smṛti responsable de vos ‘moments d’absences’. Plutôt, l’Ayurveda Maharishi s’occupe de tous les trois simultanément par des préparations médicinales traditionnelles pour le cerveau comme des aliments spécifiques, des épices et des comportements, tels que le sommeil, les exercices et la diminution du stress qui ont déjà été discutés auparavant.

[Utilisez l’intelligence de la nature – soutenez votre potentiel mental.

L’Ayurveda parle d’une classe spéciale de plantes médicinales appelée “Medhya” – des plantes particulièrement utiles pour l’esprit. Ces plantes favorisent l’apprentissage, la rétention et la mémoire, et soutiennent également la coordination entre ces trois facteurs. Elles fournissent une alimentation puissante pour le cerveau. Les plantes Medhya disponibles dans l’Ayurveda Maharishi comprennent le Shankhapushpi, le Jal-Brahmi ou Bacopa monniera, et le Pennywort indien (Gotu Kola) ou Centella asiatica. Ce sont des plantes ayurvédiques bien connues qui favorisent la santé et le fonctionnement de l’esprit. Le Shankhapushpi, par exemple, favorise la mémoire et la capacité à résoudre les problèmes, même dans des situations de stress quotidien. Le Gotu Kola aide également la mémoire avec le Vayasthapana, ou des qualités qui aident la mémoire en vieillissant. De plus, l’Ashwagandha (cerise d’hiver) aide à soutenir la résistance naturelle au stress].

Il convient de mentionner que de chercher à ne pas oublier n’est pas souhaitable, dans la mesure où l’esprit est alors maintenu dans un effort permanent qui sera source d’un déséquilibre de Praṇa Vata. La mémoire doit être là quand on en a besoin…

Question de bon sens…

Conférence à Buffalo, New York, 15.11.1973

«Un esprit mature est un esprit stable, et la stabilité est basée sur la flexibilité. Comme la vie est toujours changeante, il faut être très stable et flexible pour que la vie soit la plus progressive possible.

«La quête de la connaissance totale part du Soi et trouve sa plénitude en revenant au Soi, en découvrant que tout est l’expression du Soi – tout est l’expression de mon propre Soi.

«Les problèmes ne sont pas résolus au niveau des problèmes. Analyser un problème pour trouver sa solution, c’est comme essayer de redonner de la fraîcheur à une feuille en traitant la feuille elle-même, alors que la solution réside en arrosant les racines… Lorsque le problème de la souffrance – physique et mentale – doit être abordé, il faut le traiter à la racine afin de produire des résultats durables. La cause de toutes les causes dans la vie est l’Être et les différents plans de la vie individuelle.

«Il est bon de ne pas nuire à quiconque et mauvais de nuire. Il est bon de voir le bien chez les autres et mauvais de voir le mal chez quelqu’un. Il est bon d’aimer les gens et mauvais de les haïr. Il est bon d’admirer les hommes pour ce qu’ils ont de bon en eux et mauvais de les réprimander pour leurs défauts et leur mauvais comportement. Il est bon de donner des conseils à un homme s’il fait le mal et mauvais de ne pas le conseiller à faire bien. Il est bon de faire des choses qui seront utiles à soi-même et aux autres et mauvais de faire des choses qui nuiront aux autres. Il est bon de dire la vérité mais mauvais de dire des paroles qui nuiront aux autres même s’ils sont la vérité. Il est bon d’être bon envers les autres et mauvais d’être désagréable envers quiconque.» – Maharishi Mahesh Yogi

L’esprit est comme un lac

Maharishi, filmé par la télévision canadienne en 1968 au bord du Lac Louise dans l’Alberta, se réfère au lac pour décrire la nature de l’esprit. Le mot «subconscient» ne doit pas être compris ici en référence aux théories de la psychanalyse mais comme le potentiel inutilisé de notre conscience auquel nous nous ouvrons par la pratique de la MT.

«La profondeur du lac et les vagues, et le magnifique reflet du glacier me rappellent l’histoire de la vie intérieure.

L’esprit est profond comme un lac. Les vagues à la surface représentent l’esprit conscient, l’activité de l’esprit à la surface. Et toute la profondeur du lac est silencieuse. Et cela est l’esprit subconscient, qui n’est pas utilisé par la vague. Mais si la vague pouvait s’approfondir pour incorporer les niveaux plus silencieux de l’eau, les vagues pourraient devenir les vagues de l’océan, des vagues puissantes.

Ceci est ce qui se passe dans la Méditation transcendantale. L’activité de surface de l’esprit conscient s’approfondit et incorpore la profondeur de la conscience. Et avec la pratique, rien ne reste subconscient. Tout le subconscient devient conscient, et l’individu commence à utiliser le plein potentiel de l’esprit.

Et le reflet du glacier sur l’eau est comme l’impression des objets perçus par l’esprit. Tant que l’esprit n’est pas capable de maintenir sa nature essentielle qui est la conscience de béatitude, l’esprit est imprégné des perceptions des objets. Et ceci est appelé l’attachement de l’esprit. L’esprit perd la conscience de béatitude et gagne la joie des reflets du monde, une joie d’un ordre relatif, perdant la béatitude de l’Être éternel et absolu.

Lorsque l’esprit n’est pas capable de maintenir sa nature essentielle, la conscience de béatitude, et qu’il est obscurci par les reflets des objets de perception, alors seul l’objet reste, et le sujet, si l’on peut dire, est annihilé. Cette annihilation de la nature subjective à l’intérieur de nous est une grande perte. C’est la perte de la béatitude éternelle en faveur de joies temporaires. Une telle vie, dans laquelle la valeur de la matière domine, est appelée la vie matérielle, et l’esprit est annihilé.

Mais, lorsque par la pratique de la Méditation transcendantale, l’esprit va profond à l’intérieur à la source de la pensée, transcende la pensée et gagne la conscience de béatitude, et peut maintenir cela même lorsqu’il ressort dans l’expérience mondaine de nature objective, alors cela est appelé la vie spirituelle – l’esprit ne peut plus être obscurci par l’expérience objective. Et ceci est la vie spirituelle. Ceci est la vie dans la libération éternelle. Et sans cela, la vie est dans l’attachement. Une grande perte. Comme la perte d’un milliard de Livres [pour] le gain d’un million. La perte de la conscience de béatitude éternelle et le gain d’une joie mondaine éphémère.»