Comment le Silence Apporte la Paix et le Progrès

Cliquez sur l’image de Maharishi, il vous révèlera sa « Global Peace Initiative »

Dr Hagelin: «La question porte sur le silence. En Occident, du moins, nous considérons que le silence est l’absence de bruit: vous empêchez les chiens d’aboyer, et puis c’est le silence; vous fermez les fenêtres à cause du bruit de la circulation à l’extérieur, et puis c’est le silence. Cependant, Maharishi semble dire que le silence est quelque chose en soi – une puissance ou une force, et pas simplement l’absence de bruit. Cela peut sembler une question simpliste, mais comment Maharishi définit-il le silence? Comment l’acte d’introduire le silence dans le domaine de la politique apporte-t-il la paix et le progrès au monde?»

Maharishi: «Votre question m’amène au processus de création. Une chose est: l’abstraction totale, le domaine non-manifesté, le domaine total de la Loi Naturelle. C’est ce qu’on appelle Purāṇ. Purāṇ est comme le Champ Unifié. De là, l’Upa-purāṇ surgit, la nature silencieuse de Purāṇ commence à acquérir une vague activité. Cette vague activité est le début de la Smṛti, qui est appelée «mémoire». Le domaine non-manifesté a la mémoire de tout. Ce domaine de silence émerge en séquence. Une chose vague devient de plus en plus grossière à cet endroit.

La séquence est en termes de dix-huit. Ceci est très bien défini dans la Littérature Védique. Il y a dix-huit Purāṇas – dix-huit valeurs du non-manifesté. C’est la science du non-manifesté, la science du Nirguṇ Nirākār, la science de la Conscience Autoréférente. Ces dix-huit sortes de Purāṇas commencent à s’élever dans la mémoire de leur caractère spécifique. Il y a donc dix-huit étapes d’émergence de la mémoire à partir de Purāṇ, l’unique, l’océan plat de la conscience, le domaine du non-manifesté, le Champ Unifié autoréférent. 

Je vous rappelle ce mot que le Dr Hagelin a dit: «séquentiel». Voici maintenant le commentaire de cette séquence. Comment le non-manifesté – la totalité, l’infini – se manifeste-t-il? Il se manifeste en séquence. Et ces séquences sont appelées Upa-purāṇ, puis Upa-smṛti, puis Smṛti, puis Śruti. Elles sont toujours au nombre de dix-huit. Cela est très bien définie dans la Littérature Védique. 

C’est l’évolution séquentielle de l’unité vers, finalement, la diversité. La diversité est là, où la réalité transcendantale repose sur les cinq sens de la perception: elle est entendue, vue, touchée, goûtée et sentie. Ainsi, de la transcendance complète, il y a dix-huit étapes de Purāṇ, dix-huit étapes de Upa-purāṇ, dix-huit étapes de Upa-smṛti, dix-huit étapes de Smṛti, et dix-huit étapes de Śruti. Ces étapes sont séquentielles. Le mot «séquence» est le plus important dans la Littérature Védique car c’est ainsi que se manifeste le non-manifesté. 

Ce qui est le plus important pour nous, c’est ce qui arrive maintenant. Lorsque nous allons dans le domaine où tout est possible, le non-manifesté, alors nous devons partir du niveau Śruti, puis aller au niveau Smṛti, au niveau Upa-smṛti, au niveau Upa-purāṇ, au niveau Purāṇ. Ils sont très bien définis – dix-huit, dix-huit, dix-huit et dix-huit. Et il y a aussi d’autres séquences de vingt-quatre, vingt-quatre, vingt-quatre, ou douze, douze, douze – très bien définies. 

C’est la science de la vie, la science de la conscience, et il faut passer par là. Notre méditation va du grossier au subtil, et au plus subtil. Elle vient de Śruti – «ce qui est entendu» – de l’audition, à la mémoire, de la mémoire à la mémoire de plus en plus fine – dix-huit étapes de mémoire. Ensuite, des dix-huit étapes de la mémoire ont passe aux dix-huit étapes de l’Upa-purāṇ, puis aux dix-huit étapes de Purāṇ et enfin à l’Ātmā. «Ātmā» est défini comme Śivaṁ Śāntam Advaitaṁ – c’est-à-dire le silence total. 

Grâce à la pratique de la Méditation Transcendantale et des techniques avancées, la Conscience continue, pas à pas. Le mot est «séquentiellement» – s’ouvrant séquentiellement à des étapes de plus en plus fines de l’Intelligence Créatrice, et à des niveaux de plus en plus fins de l’intelligence et de l’énergie jusqu’à ce qu’elle atteigne finalement ce domaine qui n’est plus en séquence. Elle est en elle-même – complètement le Champ Unifié naturel et éternel. Elle est définie en termes de Connaissance Totale. Le mot qui s’en rapproche le plus est «l’Être», et ensuite toutes ces étapes du devenir.  

Notre esprit s’associe à des niveaux de plus en plus fins et, en fin de compte, s’ouvre au domaine complet, plat et non-manifesté – le Champ Unifié autoréférent lequel est autosuffisant. Autosuffisant en quoi? Il est autosuffisant dans sa propre perfection. Lorsque nous arrivons à cette perfection, il y a une belle expression dans la Littérature Védique: «Pūrṇāt Pūrṇam Udacyate» – le flot entier est le flot de la plénitude. Cela est défini, en fin de compte, comme la nature de la vie. De la même manière, nous définissons la nature ultime de chaque partie de l’arbre comme le flot de la sève. C’est juste de la sève, le flot de sève. En tant que flot de sève, elle s’exprime, puis se dissout pour se transformer et changer. À chaque étape de changement, il y a quelque chose de nouveau qui se produit encore et encore.  

La Science du Veda définit cette nouveauté dans l’importance de l’évolution séquentielle. Pour que l’esprit en devienne familier, il est seulement question de l’expérimenter en séquence. La pratique est pour amener notre conscience en séquence à sonder la réalité d’une nature de plus en plus fine jusqu’à ce qu’à la fin, nous en fassions l’expérience. Alors, il n’y a plus d’action, c’est le silence.  

C’est ce que l’on chante abondamment en termes de Śiva, Śakti, Viṣṇu, Lakṣmī et autres. Toute la littérature de la Science Védique est pleine d’expressions très claires et complètement épurées pour révéler les principes et déployer la pratique. Nous allons mettre cela à la disposition de tous nos enfants pour le futur.  

C’est à cela que ces Rajas seront formés pour le mettre dans les écoles, les collèges et les universités. Toute cette Connaissance Totale sera utilisé pour la santé, l’agriculture, la défense, l’économie, la politique, l’administration et pour tout le reste.  

La connaissance fondamentale du Champ Unifié, en principe et en pratique, sera mise à la disposition de tous nos enfants. Au cours des dix ou douze années de vie étudiante, ils deviendront les citoyens illuminés de leur nation. Alors, il y aura une paix permanente sur terre.  

Ce n’est pas une idée. C’est un programme très pratique qui va créer un monde très heureux et plein de plénitude.»

La Méditation Transcendantale et l’effet de “ahiṁsā” dans le Yoga Sūtra

Assemblée pour la Paix Mondiale à Washington, D.C. au cours de l’été 1993

Par Thomas Egenes Ph.D.

Dans le Yoga Sūtra, le premier des huit membres du yoga est appelé yama. Yama comporte cinq aspects, à commencer par ahiṁsā, qui signifie “absence de blessure” ou “non-violence”. Mahatma Gandhi a rendu ahiṁsā célèbre lorsqu’il a mobilisé toute l’Inde pour se libérer de la domination britannique sans tirer un seul coup de feu. Martin Luther King, le chef du mouvement des droits civiques aux États-Unis, est l’une des nombreuses personnes qui ont été influencées par Gandhi et son utilisation de ahiṁsā pour parvenir à un changement social sans violence.  

Le Yoga Sūtra décrit ce qui se passe lorsqu’une personne est établie dans la non-violence: «Là où s’établit la non-violence, les tendances hostiles sont éliminées alentour.» (2.35)

En sanskrit: ahiṁsā-pratiṣṭhāyāṁ tat-sannidhau vaira-tyāgaḥ. La traduction mot à mot est la suivante: «Là où s’établit (pratishthāyāṁ) la non-violence (ahiṁsā), les tendances hostiles (vaira) sont éliminées (tyāgaḥ) alentour (sannidhau) de cela (tat).»  

D’après le Yoga Sūtra, où s’établit la non-violence? Dans l’état de yoga, qui est défini dans le deuxième sūtra du Yoga Sūtra comme l’apaisement complet de l’activité de l’esprit. L’esprit apaisé, l’esprit établi dans le yoga, est libre de toute violence, et le Yoga Sūtra dit que pour cette personne, l’environnement devient libre de toute hostilité.

Saint François d’Assise, par exemple, était célèbre pour calmer les gens et même les animaux autour de lui par la seule force de son amour. Une personne dont l’esprit est en paix rayonne une influence de paix et crée alors une réalité paisible.

C’est là que la non-violence devient efficace. C’est un état d’esprit qui, selon les mots de Maharishi, «ne permet pas la naissance d’un ennemi». Lorsque l’inimitié a été éliminée à l’intérieur, il n’y a pas d’ennemi à l’extérieur. Selon Maharishi, «un ennemi est l’incarnation vivante de notre propre faiblesse».

Le principe de non-violence est également décrit en physique quantique sous le nom d’effet Meissner, qui montre qu’un système cohérent génère un champ cohérent autour de lui. Les champs non cohérents ne pénètrent pas dans un système cohérent.

S’il est possible de comprendre comment ce principe s’applique à des individus, que se passerait-il si un grand groupe s’établissait dans l’état de yoga?

Au cours de l’été 1993, 4 000 personnes se sont réunies à Washington, D.C., pour vérifier si la pratique de la technique de la Méditation Transcendantale en groupe pendant deux mois aurait une incidence sur le taux de criminalité. Le Dr John Hagelin, physicien quantique, a prédit que le taux de criminalité baisserait d’au moins 20 %. Le chef de la police a déclaré au journal télévisé du soir qu’il faudrait un blizzard au milieu de l’été pour obtenir ce résultat.

Pourtant, au bout de deux mois, les archives publiques ont montré que le taux de criminalité avait chuté de 23 %. Étant donné que le paradigme de la plupart des gens sur la nature de la réalité est basé sur la mécanique classique, ce résultat expérimental semble improbable. Cependant, d’un point de vue quantique, l’étude de Washington suit les mêmes principes que l’effet Meissner et a été décrite il y a longtemps dans le Yoga Sutra – «à proximité du yoga, les tendances hostiles sont éliminées».

En allant plus loin, que se passerait-il si, dans notre société, il y avait de nombreux groupes d’individus qui pourraient pratiquer ensemble la Méditation Transcendantale chaque jour afin d’améliorer l’expérience du Yoga? Imaginez les possibilités. Un groupe d’écoliers médite et les niveaux de stress et de violence diminuent dans le quartier. Un groupe de personnes âgées médite ensemble et leur ville devient plus progressive et plus prospère. C’est une possibilité qui pourrait produire des résultats profonds à la fois pour l’individu et pour la société, pratiquement sans frais, et avec de grands «avantages secondaires» pour chacun des individus impliqués. Cela vaut la peine d’être exploré, n’est-ce pas?

Voir à ce sujet le rapport de conférence du sommet de la paix en juin 2017 à Kiev

Le Problème de la Paix Mondiale

Cliquez sur l’image

Nous avons vu dans le chapitre «Vie individuelle et vie cosmique» que l’individu exerce une influence sur le cosmos tout entier par chacune de ses pensées, paroles et actions. Une personne au cœur plein de paix répand donc naturellement une  influence toute vibrante de paix et d’harmonie  dans l’ensemble de l’univers. Ceux qui sont agités, soucieux et troublés et qui n’ont pas l’expérience de la conscience-béatitude créent sans cesse une influence défavorable dans leur environnement. Les tensions et soucis de l’individu génèrent une influence correspondante autour de lui et contaminent l’atmosphère. Toute activité malhonnête, immorale et coupable produit dans l’atmosphère une influence néfaste et dégradante. Quand un grand nombre de personnes dans le monde sont malheureuses et tendues, l’atmosphère du monde reflète ces qualités. Lorsque les tensions dans l’atmosphère augmentent au-delà d’une certaine limite, il en résulte des désastres collectifs.

Les grands représentants de la science médicale dans l’Inde ancienne, Caraka et Suṣruta, ont mis en évidence que tant que les gens se comportent avec droiture, l’atmosphère reste pleine de vibrations harmonieuses. Les récoltes sont bonnes, le soleil brille, il pleut en temps voulu et l’ensemble de la vie dans la création bénéfice de chaque élément de l’atmosphère environnante. Au contraire, lorsque les gens perdent leur droiture et agissent à l’encontre des codes moraux de la vie, l’équilibre de la nature et de l’atmosphère est perturbé, ce qui déclenche des désastres collectifs, tels que famines, inondations, sinistres et tout ce qui nuit à la vie dans le monde. Cela nous donne une mesure pour évaluer la santé du monde.

Nous voyons donc, de tous les points de vue, que pour créer une atmosphère bonne, saine et harmonieuse, favorable au bien de toutes les créatures dans le monde, il est nécessaire que l’homme vive dans le bonheur, la paix et l’abondance. Tout homme a la possibilité de vivre de cette manière.

On ne peut résoudre le problème de la paix mondiale qu’en résolvant celui de la paix de l’individu, et il n’est possible de résoudre ce problème qu’en faisant naître chez lui un état de bonheur. La pratique de la Méditation Transcendantale, qui est un moyen direct d’établir la conscience-béatitude dans la vie des gens, pourrait donc résoudre le problème de la paix de l’individu, de la famille, de la société, de la nation et du monde entier. – Maharishi Mahesh Yogi, extrait de «La Science de l’Être et l’Art de Vivre», p. 216-217

Le libre-arbitre, le déterminisme et le Jyotish Maharishi

Cet article, résumé d’un document de 22 pages, rédigé par Sam Boothby, Ed.D., membre de la faculté de l’UMM, est extrait du volume 1 de la série de livres sur l’Éducation Fondée sur la Conscience: Consciousness Based Education – A Foundation for Teaching and Learning in the Academic Disciplines. Il a une valeur très concluante et pratique.

Nous savons que le Jyotish Maharishi peut prédire l’avenir avec précision. Cela implique que tout est fixé ou déterminé. Cependant, Maharishi nous dit que nous avons le libre-arbitre ou la liberté d’action: «L’homme a atteint un niveau d’évolution si élevé qu’il jouit de la liberté de ses actions au sein de la nature. Il peut donc vivre comme il le désire, pour le bien ou pour le mal» (Maharishi, Bhagavat Gita, p. 27). La juxtaposition de ces deux perspectives donne naturellement lieu à une série de questions: (1) Si nous affirmons que l’homme a le libre-arbitre, comment pouvons-nous dire que tout est complètement déterminé? (2) Si tout n’est pas complètement déterminé, comment le Jyotish Maharishi peut-il prédire l’avenir avec précision? Comment concilier cette situation? Cet article présente les explications de Maharishi qui clarifient et réconcilient la situation. 

Maharishi dit que pour comprendre la perspective individuelle du libre-arbitre, nous devons d’abord connaître la perspective cosmique du rôle de la loi naturelle dans l’évolution de la création. Le but de toutes les lois de la nature est de réguler le progrès dans la vie, de promouvoir l’évolution et, en fin de compte, d’amener toute vie à la plénitude par le biais de l’évolution. «Le but de la création est l’expansion du bonheur et le processus de l’évolution cosmique permet de réaliser ce dessein. La signification et le but de la vie individuelle sont les mêmes que ceux de la vie cosmique. Il n’y a entre eux qu’une différence de degré» (Maharishi, Science de l’Être, p. 54). Ainsi, dans la Science Védique Maharishi, l’évolution a un but et une finalité spécifiques. En d’autres termes, le point final de l’évolution, du point de vue cosmique, est déterminé. Du point de vue cosmique, du point de vue de l’Intelligence Créatrice Cosmique, il est déterminé que chacun jouira de la plénitude ultime de l’illumination. Dans le passage ci-dessus de la Science de l’Être, Maharishi note que si la vie individuelle et la vie cosmique partagent le même but, et sont donc déterminées dans cette mesure, l’évolution de l’homme se fait à une échelle différente de celle de l’univers. C’est à cette échelle individuelle que le libre-arbitre opère. À l’échelle cosmique, notre plénitude ultime est assuré. À l’échelle individuelle, ce qui n’est pas déterminé dans ce contexte, c’est le délai – la rapidité avec laquelle on atteindra cet état d’illumination. Selon la liberté d’action de l’homme, cela peut être plus ou moins rapide.

Le 24 juillet 1971, lors d’un des premiers symposiums sur la Science de l’Intelligence Créatrice à Amherst, Massachusetts, Maharishi a intégré la perspective cosmique et individuelle en notant tout d’abord que «la vie est déterminée à être dans la liberté et la plénitude». Il poursuit cependant en indiquant «qu’un homme soit paresseux en raison de sa foi dans le déterminisme, ou qu’il soit dynamique en raison de sa foi dans l’indéterminisme, le progrès est déterminé pour tous. Il s’agit d’un progrès moins rapide ou d’un progrès plus rapide». C’est ce principe de rapidité qui est au cœur du libre-arbitre et du déterminisme en ce qui concerne l’individu. L’individu est placé dans un contexte cosmique qui est déterminé. Mais dans ce contexte, il peut utiliser son libre-arbitre pour accélérer ou ralentir sa vitesse d’évolution. Ainsi, une réponse aux questions soulevées dans l’introduction est que le libre-arbitre et le déterminisme coexistent – il s’agit de savoir si nous mettons l’accent sur la perspective cosmique ou individuelle.

Après avoir établi l’importance de l’action libre de l’homme pour déterminer la vitesse de l’évolution, un autre principe important que Maharishi a mis en lumière dans son discours d’Amherst est le fait qu’à l’état de veille, le libre-arbitre n’est pas une qualité absolue. Le libre-arbitre peut être faible ou fort: «Une vie faible – un libre-arbitre faible – sera piégée dans le déterminisme à un point tel qu’il sera très difficile pour l’aspect libre de la volonté d’opérer dans un sens ou dans un autre. Un libre-arbitre fort, quant à lui, utilise le déterminisme. Un libre-arbitre fort, une Intelligence Créatrice développée, voit que la plénitude est prédéterminé pour chaque être humain. Le système nerveux humain est créé pour vivre la plénitude. Et si l’on voit que cela est déterminé, on saute dans cet état de plénitude, on vit cette vie de plénitude». Ici, Maharishi associe la force du libre-arbitre au développement de la conscience, c’est-à-dire à la quantité d’Intelligence Créatrice que l’on vit dans la vie. Si nous ne vivons pas un niveau élevé d’Intelligence Créatrice, notre libre-arbitre est faible et nous sommes à la merci des circonstances. Plus une personne dispose spontanément d’une Intelligence Créatrice, plus elle dispose d’un libre-arbitre. L’implication de ce principe est que nous devons nous engager dans des actions qui augmenteront la quantité d’Intelligence Créatrice spontanément disponible pour nous si nous voulons maximiser notre libre-arbitre, c’est-à-dire maximiser notre capacité à accélérer le rythme auquel nous gagnons l’illumination. Maharishi explique: «Il existe une zone dans chaque individu qui est en accord avec le libre-arbitre de l’intelligence cosmique, le libre-arbitre de Dieu, cette zone que nous appelons «le champ de l’intelligence pure». Et grâce à la Méditation Transcendantale, nous savons par expérience que notre conscience peut facilement être saturée par cette zone de libre-arbitre, cette zone d’Intelligence Créatrice.»

Pour Maharishi, le libre-arbitre est l’expression du désir naturel de vivre spontanément une qualité de vie idéale. C’est la capacité d’agir comme on le souhaite, sans être tributaire de l’environnement, du hasard et des circonstances, ou des faiblesses de sa qualité de conscience. En substance, Maharishi définit le libre-arbitre comme la capacité de s’engager dans une action qui favorise une vitesse d’évolution maximale face aux influences non évolutives de l’environnement intérieur ou extérieur. Dans la Science Védique Maharishi, les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons sont expliquées comme n’étant ni fortuites ni aléatoires, mais en fait le produit de nos actions passées. Maharishi explique ces circonstances par le principe du karma, qui consiste à récolter ce que l’on a semé. Il décrit ce principe dans son commentaire sur le verset 39 du chapitre 1 de la Bhagavad-Gita. Il commence par noter: 

«Si nous étudions les mécanismes invisibles de la nature, nous constatons que toute chose dans l’univers est directement reliée à toutes les autres choses. Chaque élément est constamment influence par la totalité des autres éléments.». Il poursuit: «L’homme est assurément maître de son destin. Il dispose du libre-arbitre – le plus grand don que Dieu lui ait fait – grâce auquel il jouit d’une complète liberté d’action. Mais lorsqu’il accomplit une action, il doit en subir les conséquences, car la réaction est toujours égale à l’action.»

Ainsi, dans chaque présent, nous récoltons les conséquences de nos actions passées. C’est l’aspect déterminisme de la dichotomie entre le libre-arbitre et le déterminisme. Chaque présent n’est cependant pas limité à cette récolte, en particulier pour les individus qui pratiquent la technique de la Méditation Transcendantale, comme l’explique Maharishi dans La Science de l’Être et l’Art de Vivre, p. 155: 

«Ces aspects du karma hérité du passé échappent au contrôle de celui qui agit. Ce qu’il peut faire de mieux dans le présent pour neutraliser cette influence venant du passé, c’est de s’engager dans la pratique de la Méditation Transcendantale, qui élèvera rapidement sa conscience et produira une influence favorable sur son environnement. Lorsque la conscience se développe, l’énergie et l’intelligence augmentent. Alors, quelle que soit l’influence du passé, elle ne sera pas capable d’entraver l’action présente. Sans doute, l’influence du karma passé se manifestera-t-elle, mais elle ne pourra plus diriger complètement la destinée de l’action présente.» 

Lors d’une conférence donnée à Villars, en Suisse, en 1973, il a expliqué: 

«Si nous acceptons l’influence du passé, cela peut aller – à condition que nous acceptions que le présent soit plus évolué et donc plus puissant, et que nous puissions faire ce que nous voulons. Le passé influencera, essaiera de donner une direction, mais nous ne sommes pas obligés d’en être la proie».

C’est là que le libre-arbitre entre en jeu. Comment allons-nous réagir à la situation? Allons-nous utiliser toutes nos connaissances pour maximiser le progrès dans la situation, ou allons-nous être éclipsés par la situation et nous retrouver à réagir de manière habituelle. Dans la citation ci-dessus, Maharishi indique que la façon dont nous réagissons à notre karma passé est fonction du développement de la conscience. L’interaction entre l’action et la réaction donne une deuxième réponse aux questions soulevées dans l’introduction. Il y a un aspect de chaque présent qui est déterminé: les conséquences de nos actions passées. Et il y a aussi, simultanément, un aspect de chaque présent qui est plus ou moins libre (selon la qualité de conscience que nous apportons à la situation): notre capacité à agir dans ces circonstances. Ainsi, pour Maharishi, le libre-arbitre et le déterminisme sont les deux faces d’une même pièce. Ce qui était une action libre hier, détermine les circonstances d’aujourd’hui. Ce qui est une action libre aujourd’hui, déterminera nos circonstances dans le futur. Sa conclusion: pour créer le meilleur avenir possible, nous devons continuellement accroître notre libre-arbitre jour après jour en pratiquant les programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi.

Comme Maharishi l’a décrit lors d’une autre intervention au même symposium sur la Science de l’Intelligence Créatrice en juillet 1971: «Le libre-arbitre est toujours au maximum, parce que la tendance de la volonté est d’aller toujours plus loin. C’est la vie: On veut toujours plus. Si l’on a le libre choix, on aimerait en avoir toujours plus». Maharishi note ici qu’une personne qui a plus de libre-arbitre, plus de conscience, utilisera ce libre-arbitre pour accélérer son évolution. Et accélérer son évolution signifie que dans n’importe quelle circonstance où elle se trouve, elle essaiera d’agir de manière à maximiser le bien qui lui sera apporté dans le futur. En d’autres termes, elle agit en toute circonstance d’une manière qu’elle juge la plus évolutive – ou d’une manière qui est la plus évolutive sous l’influence spontanée d’une Intelligence Créatrice accrue.

Nous avons déjà noté que Maharishi associe directement le libre-arbitre de l’homme au processus d’éveil. Dans son commentaire sur le chapitre IV, verset 12 de la Bhagavad-Gita, il note: «Le succès s’obtient certes par l’effort». Cependant, bien que Maharishi assimile clairement la liberté à l’action qui accélère le développement de l’illumination, contrairement aux précédents commentateurs de la Bhagavad-Gita, il précise que l’action pour l’illumination ne doit pas être une contrainte. Elle peut être un résultat tout à fait naturel du développement de la conscience accompli par la pratique des programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi. Il est donc nécessaire d’agir, d’appliquer notre volonté. Mais Maharishi donne la directive qu’une telle action ne doit pas impliquer de contrainte. Le chapitre VI, verset 17, enseigne: 

«Pour celui qui est modéré dans sa nourriture et dans son temps de récréation, qui modère ses efforts dans l’action, qui est modéré dans le sommeil et dans la veille, pour lui est ce Yoga qui détruit le chagrin.» 

Maharishi commente ce verset: «La modération dans l’effort signifie que l’on ne doit pas se surmener dans le travaille. Une telle recommandation implique en premier lieu qu’on soit assez robuste pour ne pas se fatiguer indûment. En d’autres termes, on doit être énergique, éveillé et sans paresse. Deuxièmement, l’action entreprise doit être conforme au dharma personnel et être compatible avec les lois de la nature, sinon la nature protestera silencieusement contre cette action et l’on sera contraint à faire un «effort dans l’action» tout à fait excessif. La pratique régulière de la technique de Méditation Transcendantale remplit les deux conditions citées car elle procure une plus grande énergie et crée de l’harmonie dans la nature.»

Dans sa Science Védique, Maharishi a mis l’accent sur le développement de cette qualité de conscience qui permet d’interagir spontanément avec des situations et des circonstances difficiles d’une manière qui maximise la rapidité de l’évolution, plutôt que sur le développement de la volonté comme moyen de produire de telles actions.

Le Jyotish Maharishi et le renforcement du libre-arbitre 

Un consultant en Jyotish Maharishi peut prédire des circonstances à venir dans nos vies qui, bien qu’elles ne soient pas suffisamment graves pour justifier un Yagya Maharishi, créeront un défi à l’action évolutive pour nos personnalités. Si nous ne voulons pas être continuellement confrontés aux mêmes circonstances dans le futur, nous devons réagir aux circonstances sous pression dans le présent d’une manière plus évolutive que nous ne l’avons fait dans le passé. L’essence de l’enseignement de Maharishi sur ce point est que la seule façon pratique de changer notre façon de penser et d’agir est de développer notre conscience. Et la valeur appliquée de la Science Védique de Maharishi fournit la connaissance d’une large gamme de techniques qui éliminent simplement et naturellement les anomalies structurelles et chimiques qui bloquent le développement de la conscience pure. 

Si nous voulons augmenter notre capacité à agir spontanément d’une manière plus évolutive, Maharishi nous recommande de profiter au maximum des technologies disponibles dans sa Science Védique à tout moment. Tirer parti de toutes les techniques et de la connaissance disponibles dans la Science Védique Maharishi développera la plus grande Intelligence Créatrice possible – ce dont nous avons particulièrement besoin à des moments où nous serons soumis à une pression maximale de la part de l’environnement. Si les circonstances ne mettent pas la vie en danger et ne justifient pas un Yagya Maharishi, ou si pour une raison ou une autre nous ne sommes pas en mesure de nous procurer le Yagya Maharishi nécessaire, mais que nous savons que nous allons devoir faire face à un certain défi dans le futur, il serait alors sage de compléter la régularité des programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi en profitant d’autres programmes que Maharishi a mis à notre disposition pour accélérer la croissance de la conscience, comme une routine quotidienne idéale indiquée dans l’Ayur-Veda Maharishi, ou une pratique prolongée des programmes de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi dans le cadre de cours spéciaux. En profitant d’un plus grand nombre de technologies de Maharishi, vous disposerez du maximum de libre-arbitre que votre système nerveux peut supporter et vous pourrez agir de manière spontanée dans des circonstances difficiles de façon à créer le meilleur effet présent et la meilleure destinée future possible.

Tirer le meilleur parti des programmes de Maharishi pour le développement de la conscience utilise le principe du second élément de la Science Védique Maharishi. Ce principe recommande de s’intéresser aux solutions plutôt qu’aux problèmes. Si une pièce est plongée dans l’obscurité, allumez la lumière plutôt que de chercher un moyen de traiter directement l’obscurité. La lumière élimine spontanément l’obscurité. De la même manière, plutôt que de se préoccuper des spécificités des dangers futurs, Maharishi recommande de développer dès maintenant cet état de conscience qui sera spontanément capable de gérer n’importe quelle circonstance, aussi difficile soit-elle à l’avenir. Au cours de son enseignement, Maharishi a mis en lumière de nombreuses techniques et recommandations pour maximiser la vitesse de notre évolution. Ces techniques et recommandations s’appliquent à tous les domaines de la vie, y compris la routine quotidienne, l’alimentation, les habitudes de travail et l’exercice. Une personne capable de suivre toutes ces recommandations évoluera aussi rapidement et confortablement que son système nerveux le lui permettra. Pour résumer l’enseignement de Maharishi sur le développement du libre-arbitre: plutôt que de nous inquiéter de ce que nous aurons à affronter dans le futur, nous nous occupons de développer une Intelligence Créatrice maximale dans le présent. Le développement d’une Intelligence Créatrice maximale est un effort progressif, jour après jour. Chaque jour, nous nous efforçons de faire des choses qui maximiseront spontanément et naturellement notre Intelligence Créatrice et donc notre libre-arbitre. Chaque fois que nous maximisons notre Intelligence Créatrice, nous sommes dans une position plus forte pour profiter de plus de technologies de la Science Védique Maharishi qui accélèrent l’évolution vers des états supérieurs de conscience.

Dans ce contexte, Maharishi a indiqué qu’une chose qui peut entraver notre évolution est de continuer à agir selon d’anciennes habitudes et croyances, même lorsque notre conscience est suffisamment développée pour les rendre inutiles. Dans son discours sur le libre-arbitre et le déterminisme, il a expliqué: «En général, on aime s’accrocher à ses associations. Son niveau de conscience peut être très élevé, mais il se souvient des associations précédentes et essaie de s’y accrocher». Il conclut: «mais certains malentendus, que nous savons maintenant être des malentendus, tout le monde continue à s’y accrocher même s’ils deviennent faibles et que leur structure s’effondre».

Maharishi indique ici qu’il est possible et même naturel, en d’autres termes, de continuer à agir de manière moins évolutive simplement par habitude, mais pas nécessairement parce que c’est la seule action que notre conscience soutiendra. La technique de l’Acharya Rasayana Maharishi, présentée dans son Ayur-Veda, semble être orientée vers cette circonstance. L’Acharya Rasayana prédit que si, dans le contexte de la pratique des programmes de Méditation Transcendantale et de TM-Sidhi, nous portons notre attention sur ce que nous savons être juste en dehors de la méditation dans l’activité, nous pouvons nous défaire des mauvaises habitudes que nous pouvons encore porter en nous, et agir pour accélérer notre évolution. Dans cet élément, et dans d’autres éléments de la routine quotidienne et saisonnière idéale, Maharishi semble introduire l’élément de faire des efforts afin d’accélérer le processus d’évolution. C’est la valeur de la Science Védique Maharishi que la compréhension intellectuelle et l’attention sur les recommandations pratiques pour l’activité quotidienne peuvent ajouter à l’expérience. Avec plus d’expérience de conscience pure à travers la méditation, nos efforts en dehors de la méditation pour l’activité évolutive peuvent porter plus de fruits.

Le Rāmāyaṇa et la Paix Mondiale

La perception générale de ce que signifie la paix mondiale parmi la population est principalement liée à l’absence de conflit, que ce soit au sein d’une nation ou entre les nations. Maharishi a déclaré qu’une nation invincible sera caractérisée par «tout le bien partout et l’absence de bien nulle part».

Cela élargit le concept de la paix mondiale à l’élimination totale de toutes les influences négatives. C’est un concept tellement étranger à l’humanité, qui a été assaillie par la guerre, les conflits, la souffrance et la négativité pendant des millénaires, et pourtant, tout le monde désire de manière innée cet état de fait. Nous avons examiné ce que dit la recherche scientifique sur les programmes de création de cohérence qui inversent les tendances de la négativité.

En outre, les anciens textes védiques de l’Inde constituent également un point de référence estimé pour quiconque s’est imprégné de cette sagesse intemporelle. Le Rāmāyaṇa nous indique clairement comment se caractérise la paix dans le monde; en bref, il donne une vision de bien plus que la paix dans le monde, l’aube du Paradis sur Terre.

Quelques versets du Rāmāyaṇa: 

सर्वं मुदितमेवासीत्सर्वो धर्मपरोऽभवत् ।

राममेवानुपष्यन्तो नाभ्यहिंसन्परस्परम् ॥6.131.100॥

sarvaṁ muditam evāsīt sarvo dharma-paro’bhavat

rāmam evānupaṣyanto nābhyahiṁsan parsparam – Rāmāyaṇa, Yuddha Kāṇd, 6.131.100

Le bonheur était partout et tout le monde était établi dans le Dharma. Voyant Rām seul, personne ne nuisait à personne d’autre. – Rāmāyaṇa dans la physiologie humaine, page 271

नाकाले म्रियते कश्चिन्न व्याधि प्राणिनां तथा ।
नानर्थो विद्यते कश्चिद्रामे राज्यं प्रशासति ॥7.99.14॥

nākāle mriyate kaścin na vyādhi prāṇināṁ tathā 
nānartho vidyate kaścid rāme rājyaṁ praśāsati – Rāmāyaṇa, Uttar Kāṇd, 7.99.14

Sous le règne de Rām, personne ne mourait prématurément, personne n’était malade et il n’y avait pas de catastrophes naturelles. – Rāmāyaṇa dans la physiologie humaine, page 271

नित्यपुष्पा नित्यफलास्तारवः स्कन्धविस्तृताः ।
 काले  वर्षी च पर्जन्यः सुखस्पर्शश्चा मारुतः ॥6.131.103॥

nitya-puṣpā nitya-phalāstaravaḥ skandha-vistṛitāḥ
kāle varṣī ca parjanyaḥ sukha-sparśaś ca mārutaḥ – Rāmāyaṇa, Yuddha Kāṇd, 6.131.103

En Ayodhyā, les arbres aux branches étendues étaient toujours en fleurs, toujours chargés de fruits. Les pluies étaient opportunes et les vents agréables au toucher. – Rāmāyaṇa dans la physiologie humaine, page 271

ब्राह्मणाः क्षत्रिया वैश्याः शूद्रा लोभविवर्जिताः ।

स्वकर्मसु प्रवर्तन्ते तुष्टाः स्वैरेव कर्मभिः ॥6.131.104॥

brāhmanāḥ kṣatriyā vaiśyāḥ śūdrā lobha-vivarjitāḥ

svakarmasu pravartante tuṣtāḥ svair eva karmabhiḥ – Rāmāyaṇa, Yuddha Kāṇd, 6.131.104

Brāhmaṇāḥ, kṣatriyā, vaiśyāḥ et śūdrā étaient exempts d’avidité, accomplissaient leurs propres devoirs et étaient comblés dans leur vie. – Rāmāyaṇa dans la physiologie humaine, page 271

[Ce verset explique que les membres des différentes castes d’Ayodhyā (Brāhmaṇas, Kshatriyas, Vaishyas et Shūdras) avaient leurs propres responsabilités sociales qui permettaient à la fois de maintenir le Dharma (la vie en accord avec la loi naturelle) de la société et de soutenir efficacement leur propre évolution. Ce verset réfute toute affirmation de coercition ou de force, car il indique clairement que les citoyens d’Ayodhyā étaient épanouis dans l’accomplissement de leur dharma.]

Ces versets décrivent la coordination d’éléments de la vie habituellement considérés comme échappant au contrôle de l’homme, tels que le temps et les variations saisonnières. Les agriculteurs de notre époque, par exemple, sont confrontés chaque année aux caprices apparents de la météo, ne sachant jamais si l’année en cours apportera des conditions environnementales bénéfiques ou désastreuses pour leurs cultures. Maharishi souligne que lorsque le soleil, la pluie et les saisons vont et viennent sans tenir compte des besoins de la société, c’est parce que l’environnement subsiste dans un état de déséquilibre, dans lequel il y a un manque de coordination entre les divers éléments distincts. Il souligne cependant que ces entités apparemment séparées peuvent être correctement coordonnées en rétablissant l’équilibre.

La possibilité de rétablir l’équilibre de la nature est en soi un concept étonnant. Maharishi souligne cependant que l’environnement peut effectivement être influencé par les êtres humains, car sa base est, comme nous l’avons vu, le même champ de la Loi Naturelle qui est la forme la plus simple de la conscience humaine. Son commentaire commence par l’expérience du champ unifié de la conscience pure pendant le programme de Méditation Transcendantale:

«Lorsque la conscience s’élargit, elle ne se fragmente pas. Au contraire, elle devient de plus en plus cohérente. Cela signifie que les extrémités de l’infini sont ramenées vers l’intérieur, vers l’unité. Le caractère illimité de la vie est ramené à une globalité complète et immuable. C’est dans cette unité que réside le pouvoir de l’invincibilité. Lorsqu’un nombre infini de canaux de créativité petits et séparés sont réunis en un seul tout, la créativité est infinie.»

Maharishi compare souvent l’esprit à une vague sur l’océan pour décrire le processus de transcendance. Tout comme une vague s’installe pour assumer le statut de l’océan tout entier, l’esprit s’installe pendant la technique de Méditation Transcendantale et s’identifie à son état le plus simple, la pure conscience autoréférente. Cette analogie révèle plusieurs caractéristiques de la conscience autoréférente, mais elle souligne particulièrement son statut de champ d’unité, la totalité illimitée de toutes les parties séparées. À ce niveau d’unité, note Maharishi, tous les divers éléments de la nature sont naturellement coordonnés, un concept qu’il appelle la «corrélation infinie»:

«La corrélation infinie est synonyme de communication parfaite. En d’autres termes, chaque élément est lié à l’autre si intimement qu’il est l’autre. C’est la richesse de la globalité de la conscience qui unifie à la source toutes les différences de surface.»

En renforçant la qualité de la corrélation infinie dans la conscience individuelle, elle est simultanément renforcée dans tous les aspects de la vie collective:

«Grâce à la technique de la Méditation Transcendantale, le cerveau devient plus cohérent dans son fonctionnement – les différentes parties du cerveau commencent à fonctionner en se respectant les unes les autres. Au niveau collectif, la communication devient fluide et fructueuse entre les différentes parties qui constituent une nation, ainsi qu’entre les différents éléments qui composent ces parties.»

Ici, Maharishi indique clairement que la vie nationale comprend bien plus que la vie des citoyens. Créer de la cohérence dans la conscience collective ne crée pas seulement un équilibre dans le fonctionnement du soleil, du vent et de la pluie, mais aussi dans chaque partie d’une nation. Par conséquent, la clé pour créer un fonctionnement plus ordonné et plus cohérent entre toutes les parties de l’environnement est de vivifier la qualité de la corrélation infinie dans la conscience collective.

Les versets cités ci-dessus soulignent l’équilibre de la vie à Ayodhyā, où la nourriture était abondante et la beauté omniprésente. Nous voyons dans l’analyse de Maharishi de l’équilibre environnemental un cadre théorique qui place les descriptions de Vālmīki dans un contexte tout à fait pratique. Dans le cas d’Ayodhyā, l’équilibre a été créé dans la conscience nationale par la présence de Rām, le potentiel total de la Loi Naturelle. L’exposé de Maharishi sur la relation entre la vie individuelle, la vie collective et l’environnement nous montre que cet idéal – une vie sans erreur en parfait accord avec la Loi Naturelle – est une réalité pratique, réalisable par la mise en œuvre des technologies de la conscience, en particulier la pratique en groupe du programme de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi.

La Réalisation du Soi par les Technologies Védiques Maharishi de la Conscience

Le processus d’éducation prend place dans le domaine de la conscience. La condition préalable pour obtenir une éducation complète, une connaissance complète – la condition préalable pour tout savoir, tout expérimenter et tout faire – est d’amener la conscience au niveau de l’intelligence pure, de la connaissance pure, de l’intelligence autoréférente, de la conscience autoréférente, de la conscience transcendantale.

C’est pourquoi le développement complet de la conscience, la conscience autoréférente, doit être compris comme une éducation complète. Le développement de la conscience, ou gagner la conscience autoréférente, est une éducation complète, qui est l’état de toute connaissance, la capacité de savoir spontanément n’importe quoi, de faire n’importe quoi de bien et d’accomplir n’importe quoi à volonté. Cette capacité à réaliser n’importe quoi à volonté dans l’état de conscience autoréférente, la singularité, est la capacité à engager spontanément l’Intelligence Créatrice infinie, l’Intelligence Créatrice cosmique, pour apporter la plénitude de tous les désirs.

यतीनां ब्रह्मा भवति सारथिः।
yatīnāṁ brahmā bhavati sāraṭhiḥ – Ṛk Veda 1.158.6
«Pour ceux qui sont établis dans la singularité de la conscience autoréférente, l’Intelligence Créatrice Cosmique accomplit spontanément.»

Il n’y a pas de meilleur système d’éducation qui puisse cultiver la capacité naturelle de maintenir cet état d’autosuffisance – la capacité de connaître n’importe quoi, de tout faire spontanément comme il faut et de réaliser n’importe quoi par le simple fait de désirer. C’est le système suprêmement exalté d’éducation: c’est pourquoi c’est la théorie absolue de l’éducation de Maharishi. – Maharishi Mahesh Yogi, Université Védique Maharishi (Introduction)

Pour vivre «yatīnāṁ brahmā bhavati sāraṭhiḥ» au quotidien, il suffit seulement d’être son propre Soi. Cela ne peut être réalisé par une compréhension intellectuelle. Pourtant on peut facilement le vivre en l’étant directement. Par conséquent, nous voulons comprendre pourquoi l’illumination intéresse si peu les gens dans le monde?

Du point de vue de la Science Védique, l’état de veille est marqué par l’éclipse totale du Soi, comme s’il oubliait Sa Réalité cosmique et s’identifiait plutôt à des réalités limitées et temporelles. Par exemple, la conscience d’un jeune enfant s’identifie principalement aux expériences sensorielles, au corps et aux récompenses et punitions physiques (niveau des sens).

Au fur et à mesure que le cerveau se développe et que l’enfant mûrit, il s’intéresse et s’identifie de plus en plus à des réalités mentales plus subtiles de la pensée (niveau de l’esprit), telles que la lecture de livres et la compréhension de règles et de concepts. De nombreuses personnes ne dépassent jamais ce niveau ou cette profondeur de conscience. Lorsque la conscience se développe davantage, la pensée rationnelle et la logique deviennent les moyens prédominants de comprendre le monde (niveau de l’intellect).

Il est significatif que le développement humain dépasse rarement ce niveau de réalité dominée par l’intellect. Cela est dû au fait que l’éducation «moderne» ne parvient pas à fournir une méthode pratique permettant à la conscience de se désengager ou de se dé-s’impliquer de la connaissance orientée vers l’objet ou l’objet-référent de l’intellect, de l’esprit et des sens. Par conséquent, la source de la loi naturelle à l’origine de la pensée est restée hors de vue et un monde de problèmes, de tensions et de conflits a été accepté comme inévitable.

Mais aujourd’hui, comme le dit Maharishi, «tout ce qui était hors de vue devient une vision concrète. C’est le moment où la pleine illumination est accessible à tous, et maintenant chacun peut être, et en fait devrait être, à l’aise avec le potentiel total de la loi naturelle afin de jouir de la perfection dans la vie quotidienne». (Célébrer la perfection dans l’éducation, p. 151)

La preuve de cette conclusion est apportée par la Méditation Transcendantale (MT) et le programme avancé de MT-Sidhi. Ces programmes amènent systématiquement la conscience du niveau sensoriel de surface à travers les niveaux progressivement plus profond de l’esprit, jusqu’à ce que même le niveau le plus fin de la pensée soit transcendé et que le Soi soit expérimenté à la source de la pensée. Cette expérience temporaire – l’état de conscience transcendantale ou Samadhi – est le quatrième état de conscience, au-delà de la veille, du rêve et du sommeil.

La recherche scientifique a constaté à maintes reprises que les technologies autoréférente de la MT et des TM-Sidhis «débloquent» de manière efficace et spectaculaire le développement humain de l’intérieur. En revanche, les programmes d’éducation et de formation qui ont essayé de promouvoir le développement personnel par des moyens d’instruction ou d’expérience de vie standard basés sur l’objet-référence ont toujours échoué.

Les Technologies Védiques sont particulièrement efficaces pour promouvoir le développement car: 1) elles fournissent «l’ingrédient manquant» – l’expérience du Soi; 2) le profond repos physique créé par ces pratiques libère le stress, la tension et la fatigue profondément enracinés qui, autrement, empêchent la conscience de fonctionner à des niveaux plus subtils; et 3) elles éveillent toute l’étendue de l’esprit car, pour atteindre l’expérience de la Conscience Transcendantale, l’esprit doit traverser tous les niveaux grossiers et subtils de la création, éveillant ainsi tout le potentiel du cerveau.

Il est particulièrement significatif que la MT et les TM-Sidhis ouvrent la conscience au point de jonction entre la Conscience Transcendantale silencieuse et la pensée active, le sentiment et la sensation, comme le décrit Maharishi: «Dans le processus de transcendance de toute expérience, l’esprit se retire de l’expérience de la multiplicité et gagne l’expérience de l’Unité dans sa propre nature individuelle. Puis, transcendant son statut individuel, il s’étend dans l’Être cosmique». (commentaire sur la Bhagavad Gita, 6.19-20)

Cette expérience «de l’Unité dans sa propre nature individuelle» est le niveau du point de jonction entre le Silence et le Dynamisme identifié dans la longue citation précédente comme la «source de la création… le Veda… qui sous-tend et imprègne toute activité responsable de la création et de l’évolution de la vie».

Ce niveau du sandhi ou du vide est particulièrement vivifié pendant la pratique de sutra MT-Sidhi, lorsque la conscience flotte à ce niveau, pensant et créant à partir de ce «tableau de bord» de la création.

Que les détails de ce niveau soient ou non clairement observés ou appréciés au cours de la pratique des Technologies Védiques de la Conscience, l’effet de cette expérience est gagné – augmentation de la valeur de brahmā bhavati sāraṭhiḥ dans la vie quotidienne, augmentation du soutien de la nature, augmentation de la chance, augmentation du bonheur et de la réussite dans la vie. Au fil du temps, grâce à une pratique régulière, l’influence de cette expérience ne cesse de croître, jusqu’à ce que la Conscience Cosmique soit réalisée.

Maharishi et la Conscience Mondiale

Programme de groupe de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi à MIU (Université Internationale Maharishi) sous le dôme.

Dans la Science Védique de Maharishi, la qualité de témoin éveillé et silencieux de l’intelligence est appelée Rishi (connaisseur). Ce silence, conscient de lui-même, crée un mouvement autoréférent, qui est la qualité dynamique de l’intelligence. Devata est le représentant de cette qualité de flux ou de dynamisme (connaissance). Dans cette mécanique, le silence et le dynamisme se cachent l’un l’autre – lorsque le silence est prédominant, le dynamisme est caché, et lorsque le dynamisme domine, le silence est caché.

Cette dissimulation est une troisième qualité appelée Chandas (connu). Chandas est cette qualité de l’intelligence qui ombrage ou cache le silence dynamique et crée comme Parināmvād – l’apparence de quelque chose d’autre que le Réel, quelque chose d’autre que la Saṁhitā (totalité ou unité ou ensemble) de Rishi, Devata et Chandas, quelque chose d’autre que la Totalité. L’effet de Chandas, alors, est comme l’erreur de percevoir un serpent dans une corde.

Une façon simple de voir l’ensemble de l’évolution, de l’éveil, est donc à partir de la perspective de Chandas, car c’est en «pénétrant» le Chandas – ou en le transformant d’opaque (caché) en transparent (non caché) – que la vérité est progressivement révélée ou que l’ignorance est progressivement transcendée. Cette pénétration se fait par le karma (l’action) qui, dans son mouvement «vers l’extérieur», cache le silence mais, dans son mouvement «vers l’intérieur», découvre ce qui était caché et déploie la base de l’action, qui est le silence. C’est la philosophie suprême du karma de Maharishi. Ainsi: Dans la veille et le rêve, le connaisseur (Rishi) se «perd» en s’identifiant ou en se couvrant avec la perception, et dans le sommeil, le connaisseur est également couvert.

La transcendance pendant la MT et en particulier la pratique du sutra de la MT-Sidhi permet au connaisseur de se connaître en tant que pur silence, de découvrir la qualité de Rishi dans la Conscience Transcendantale.

Dans la Conscience Cosmique, le silence du Rishi est pleinement découvert et réalisé de façon permanente. 

Ensuite, dans la Conscience de Dieu, le dynamisme ou la qualité Devata de l’intelligence qui soutient et structure tous les changements et l’évolution dans le monde est découvert à la base de la création, mais reste apparemment séparé de Rishi, le connaisseur.

Enfin, dans la Conscience d’Unité, rien ne reste caché, rien ne reste séparé du Soi. L’ensemble ou l’unité (Saṁhitā) de Rishi, Devata et Chandas est découvert, et le potentiel humain total d’illumination, la totalité en mouvement – Brahmā bhavati sāraṭhiḥ – est réalisé et vécu. Dans cet état d’éveil total, la prédominance de la Saṁhitā (expérience de l’Unité silencieuse) coexiste avec l’interaction spontanée entre la Saṁhitā et Rishi, Devata et Chandas (expérience de la diversité dynamique).

«La coexistence du silence pleinement éveillé et du dynamisme pleinement éveillé au sein de la structure de la Saṁhitā de Rishi, Devata, Chandas présente le potentiel vivant de la connaissance totale, le potentiel vivant de l’intelligence totale – la Réalité Ultime, le Veda – le potentiel vivant de la créativité infinie dans sa propre Conscience Autoréférente.» (Maharishi, Célébrer la perfection dans l’éducation, p. 179)

Les Pañcha Devatā

Werner Bandel: https://wernerbandel.jimdofree.com

Selon la Littérature Védique, il existe cinq aspects principaux de la Loi Naturelle connus sous le nom de Pañcha Devatā. Il s’agit de Śiva, Viṣṇu, Devī, Gaṇeśa et Sūrya. Śiva, comme indiqué précédemment, symbolise le silence. Le silence pur est expérimenté pendant la Méditation Transcendantale lorsque l’on transcende toute pensée et tout sentiment dans l’état de Conscience Transcendantale. Ceci est exprimé dans les Upaniṣads comme: Śivaṁ śāntam advaitaṁ (le paisible, l’indivisible; c’est Śiva, c’est le Soi). Grâce à une méditation et une activité régulières, le silence intérieur de la Conscience Transcendantale finit par coexister avec l’état actif de la conscience de veille. C’est ainsi que le silence (Śiva) vient à être présent en même temps que l’activité dans la conscience d’un individu. Dans le calendrier védique, Śiva est célébrée chaque mois le 13ème jour (trāyodaśi) de la Kṛṣṇa Pakṣa (la quinzaine noire de la lune), également appelée pradoṣa.

Viṣṇu dénote la qualité de dynamisme. Le Dr Nader l’explique en termes de maintien de la création. 

D’un point de vue de la mécanique quantique, la notion de particules classiques disparaît et la qualité infinie et illimitée de la maintenance et de la subsistance de la Loi Naturelle est perçue comme étant omniprésente. Dans cette qualité de maintien ou de subsistance, la Loi Naturelle est appelée Viṣṇu. 

Dans le calendrier védique, Viṣṇu est célébré chaque mois le 11ème jour (ekādaśi) de Kṛṣṇa Pakṣa.

Maharishi dit de Gaṇeśa: «Dans la Littérature Védique, cette «qualité d’intelligence de Gaṇeśa» porte le nom de Vighneśvara – le grand éliminateur d’obstacles – l’intelligence administratrice de la Loi Naturelle qui élimine les obstacles.» Dans de nombreux foyers indiens, une statue de Gaṇeśa est placée à l’entrée pour se protéger contre toute influence négative qui pourrait tenter d’entrer. Traditionnellement, dans la récitation des hymnes védiques, Gaṇeśa vient en premier afin d’ouvrir la voie pour le reste de l’accomplissement. Dans le calendrier védique, Gaṇeśa est célébré le 4ème jour (cāturthi) de la lune croissante (Śukla Pakṣa) et décroissante (Kṛṣṇa Śukla).

Devī se réfère aux qualités représentées par les différentes formes de la Mère Divine. Parvatī (l’épouse de Śiva) représente l’aspect fondamental de la Mère Divine. Selon le Dr Nader, «Elle est la source de tout ce qu’il y a dans la création. Rien ne prend forme sans elle; rien ne peut avoir une forme ou une structure manifeste sans elle.» Le Dr Nader, qui a trouvé des points de correspondances pour tous les Pañcha Devatā dans la physiologie humaine, a proposé une description plus approfondie des trois aspects traditionnels de la Mère Divine. «Lakṣmī est la valeur nourricière et génératrice de richesse; Saraswatī est la valeur de la connaissance; tandis que Dūrgā est la valeur de l’énergie et du pouvoir.» Dans le calendrier védique, Devī est célébrée le 8ème jour (aṣṭamī) de la lune croissante (Śukla Pakṣa) et de la lune décroissante (Kṛṣṇa Pakṣa).

Sūrya est le soleil. D’après le Dr Nader, Sūrya correspond dans la physiologie au thalamus, qui est la porte d’entrée de l’expérience consciente. Tout comme l’activité représentée par les modèles orbitaux des planètes tourne autour du soleil, l’activité dans les structures cérébrales correspondantes, générée par les stimuli sensoriels, tourne autour du thalamus.

Maharishi a décrit comment la culture védique a une tradition de célébration des différentes qualités de la nature à des jours spécifiques décrits dans le calendrier védique.

L’Inde a une tradition de célébration des festivals en référence aux structures et fonctions des lois de la nature telles qu’elles ont été décrites dans la Littérature Védique en termes de Gaṇapati, Śiva, Viṣṇu, Sūrya, Devī, etc. Chaque année, comme une routine du calendrier indien, toutes les qualités de l’Intelligence Créatrice qui administrent la vie sont célébrées. Le jour de Mahā Śivarātri, toute la conscience nationale se réveille dans la qualité de Śiva; à la Dīpāvali, toute la conscience nationale se réveille dans la conscience de Mahā Lakṣmī; les jours de Navarātri, Mahā Dūrgā domine la conscience nationale; à la Kṛṣṇa Janmāṣṭamī, toute la conscience nationale est éveillée dans cette qualité holistique de la Loi Naturelle vivante dans le nom « Kṛṣṇa»; à la Rām Navamī, la qualité de l’Intelligence administratrice de la Loi Naturelle vivante dans le nom «Rām» est éveillée dans la conscience nationale. Chaque jour, le calendrier indien (Pañchāṅg) fait prendre conscience aux gens d’une qualité spécifique de la Loi Naturelle.

Les Purāṇas 

Les Purāṇas sont une grande branche de la Littérature Védique écrite principalement sous forme d’histoires. 

Ils ont été compilés par le Ṛṣi Védique Vyāsa et racontent l’histoire des temps anciens. Il existe 18 principaux Purāṇas connus sous le nom de Mahā Purāṇa qui contiennent plus de 400 000 versets. En outre, il existe 18 mineurs Purāṇas connus sous le nom de Upa-Purāṇa. Les Purāṇas mettent généralement en avant une qualité particulière de la Loi Naturelle précédemment évoquée comme les Devatā Védiques. Ainsi, il existe de nombreuses histoires de Śiva, Viṣṇu, Gaṇeśa, Devī et Sūrya. Śiva figure dans le Śiva Purāṇam et le Liṅga Purāṇa. Viṣṇu est dans le Viṣṇu Purāṇa et d’autres. Devī est présente dans de nombreux Purāṇas dont le Mārkaṇḍeya, Brāhma, Skānda, Padma et Brāhmanda. Devī figure également dans le Devī Bhāgavata Purāṇa (Upa-Purāṇa). Le plus populaire des Purāṇas est le Śrīmad Bhāgavatam, qui est l’histoire de la vie de Kṛṣṇa.

En plus de ses histoires, les Purāṇas contiennent également plusieurs hymnes courts de louange aux Pañcha Devatā connus sous le nom de stotrams et āshtakams. Parmi les plus populaires figurent le Saṅkaṭanāśana Gaṇeśa Stotram et le Viṣṇu Acyutāṣṭakam. D’autres stotrams célèbrent les Pañcha Devatā en énumérant leurs nombreux noms comme dans les Sahasranāmas (les mille noms).

Les Purāṇas font partie de la boucle Brāhmana dans les 40 aspects de la Littérature Védique de Maharishi. Comme nous l’avons vu plus haut, la Littérature Védique est composée de mantras et de brāhmana – les sons et les vides entre eux. Un son «s’effondre» dans le vide et est remplacé par un nouveau son. Le vide contient les mécanismes de transformation qui maintiennent la mémoire (Smṛti) du son précédent tout en donnant naissance au son émergent suivant dans le bon déroulement séquentiel de la connaissance. Les six aspects de Brāhmana sont: les Upaniṣads, les Āranyakas, les Brāhmanas, les Itihās, les Purāṇas et les Smṛti. Le Dr Nader a noté: «Une des 6 valeurs du groupe lui-même porte le nom Brāhmana, mais toutes participent aux mécanismes de transformation. C’est pourquoi on leur donne collectivement le nom de Brāhmana.»

Maharishi a donné aux Purāṇas la qualité «d’ancien et d’éternel». Ceci en référence aux histoires «anciennes» qu’ils contiennent et à la qualité «éternelle» et immuable de la Loi Naturelle dans le vide qui est à la fois la totalité silencieuse de la conscience dans sa potentialité latente et sa valeur ponctuelle qui émerge du vide comme une nouvelle qualité spécifique. Maharishi dit que les Purāṇas «illustrent l’ensemble du Veda.» Les Purāṇas sont cités avec les Itihās dans la Chāndogya Upaniṣad comme étant un «cinquième Veda» (avec Ṛk Veda, Sāma Veda, Yajur-Veda et Atharva Veda): itihāsapurāṇa pañchama vedānā (Itihās et Purāna sont le cinquième Veda, 7.1.2) Une référence similaire se trouve également dans la Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad (4.5.11). Cela établit la proéminence des Purāṇas dans l’ensemble de la Littérature Védique.

L’Éducation Védique Maharishi et la Connaissance Totale

Comment l’Éducation Védique Maharishi peut-elle offrir la Connaissance Totale?

Cela s’explique de la manière suivante:  

a) Premièrement, elle permet de gagner la valeur unifié de la connaissance – la pure conscience autoréférente, la demeure de toutes les lois de la nature – la valeur holistique de toute connaissance.

b) Deuxièmement, sur cette base, de développer les valeurs diversifiées de la connaissance – l’étude des différentes disciplines de la Science Védique.

Les deux valeurs sont nécessaire pour rendre l’éducation parfaite. Hors, l’Éducation Védique Maharishi offre la connaissance et les programmes pratiques aux deux valeurs de l’éducation. La totalité est toujours la totalité (la Conscience Pure) et les parties sont toujours les parties (l’esprit actif). La totalité est plus que la somme des parties. Où est la valeur holistique de l’éducation? Dans l’état apaisé de l’esprit. Où sont les valeurs spécifiques de l’éducation? Dans l’esprit actif. Où est la valeur parfaite de l’éducation? Dans l’esprit qui est actif sur le fondement du silence.

Ce qui a manqué à l’éducation jusqu’à présent, est la connaissance du sujet, la connaissance du connaisseur dans sa capacité infinie de connaisseur et du moyen systématique de développer sa pleine valeur. Lorsque le connaisseur est ignorant du Soi (sa propre nature), la structure entière de la connaissance est comme sans base. Le système d’Éducation Védique Maharishi éveille dans notre conscience, la base commune du connaisseur, du processus de connaissance et du connu – la Saṁhitā de Ṛṣi, Devatā et Chandas. 

«C’est à l’éducation du monde d’aujourd’hui de réaliser que l’éducation complète ou l’éducation absolue, n’est pas un processus de connaître quoique ce soit d’autre. C’est en fait de revenir de quoique ce soit d’autre pour se connaître soi-même.» – Maharishi Mahesh Yogi

Ce qui veut dire dans la pratique, que toute partie de la connaissance est connectée avec la totalité de la discipline, et toute la discipline avec la Saṁhitā de Ṛṣi, Devatā et Chandas, que l’on expérimente directement comme le niveau le plus profond de notre propre intelligence durant la pratique du programme de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi.

L’application de cette approche éducative apporte un raffinement systématique de la physiologie, qui résulte dans la liberté au stress et permet au cerveau de fonctionner d’une manière plus cohérente et intégrée. Ce fonctionnement intégré du système nerveux anime dans notre propre conscience, toutes les belles qualités évolutives du champ unifié qui sont fondamental à l’éducation, ce qui inclut la créativité infinie, la pure connaissance, le pouvoir d’organisation infini et toutes les possibilités. Il en résulte, que nous croissons dans la conscience que tous les courants de connaissance sont en fait les modes de notre propre intelligence. Nous en arrivons à nous sentir familier avec tout le monde et toute chose. Notre génie créateur s’épanouit à mesure que notre conscience s’identifie de plus en plus pleinement avec la pure intelligence, le champs unifié de toutes les lois de la nature. Instinctivement, nos pensées sont justes; nous ne faisons plus d’erreurs; notre comportement est spontanément évolutif. Nous croissons en tant que citoyen idéal, avec la capacité de réaliser nos propres intérêts et de promouvoir les intérêts de la société simultanément. La simplicité naturelle de notre vie quotidienne, rayonne la dignité des états supérieurs de conscience. Avec la croissance de la confiance et de l’autosuffisance, ce qui crée une personnalité équilibrée et intégrée, nous cessons de violer la Loi Naturelle, et nous croissons dans l’habilité à accomplir toute chose et à spontanément penser et agir en étant libres d’erreurs – le fruit de toute connaissance – la vie quotidienne en plein accord avec toutes les lois de la nature.

Le fruit de toute connaissance signifie que la totalité de l’Intelligence Créatrice du Soi est éveillée à tous les niveaux de la vie: au niveau de l’intellect, de l’esprit, des sens, du corps, du comportement, de l’environnement et de la relation de l’individu avec l’ensemble de la vie cosmique. Cela signifie que le pouvoir d’organisation infini de la Loi Naturelle est spontanément présent en toute pensée, parole et action.

La Séquence du Veda

Les vibrations de la Loi Naturelle qui ont été formulées dans la conscience autoréférente des Ṛṣis Védiques, sont exprimées comme les hymnes de la littérature védique. Dans sa structure, elle consistes en une séquence de sons et de silence. Les sons sont connus sous le nom de mantras et le silence est la conscience. Ceci est exprimé dans l’Apastamba Shrauta Sūtram du texte védique de Kalp comme: Mantra-Brāhmanayor-Veda Nāmadheyam (le son et la conscience constituent ensemble le Veda. 24.131) Les sons du Veda sont contenus dans les syllabes, mots, versets, hymnes et mandalas qui composent la littérature védique. Le silence se trouve dans les espaces entre toutes ces variations de sons. La signification du déploiement séquentiel et ordonné de la connaissance védique est décrite dans l’Apaurusheya Bhāshya, le commentaire de Maharishi sur le Ṛk Veda. Ceci, selon Maharishi est, «essentiellement le commentaire sur les espaces entre les syllabes de la structure védique – la valeur non-manifestée de la conscience, qui, dans son dynamisme autoréférent, constitue les mécanismes de transformation du son précédent dans le son suivant»

Alors que la plupart des commentaires sur la littérature védique expliquent la signification des mots, l’Apaurusheya Bhāshya de Maharishi est appelé le «commentaire non créé» parce qu’il se focalise sur le processus créatif qui explique l’émergence du son à partir de la réalité silencieuse et non créée de la conscience pure. Cette perspicacité résulte de la réalisation de Maharishi que le Veda, à travers ses propres mécanismes internes, se commente lui-même. Selon l’Apaurusheya Bhāshya, le Veda, à partir de la première syllabe, sa première expression, contient toute la connaissance sous forme de graine pour toutes les expressions ultérieures. Si la connaissance complète est contenue dans la première syllabe, elle doit aussi être contenue dans le premier mot, le premier verset, le premier hymne, etc. Ainsi, la connaissance continue à se déployer séquentiellement sous des formes plus élaborées. Chaque élaboration devient un «commentaire» sur l’expression précédente plus compacte.

La première syllabe du Ṛk Veda est ‘A’ (A – prononcé comme ‘Ah’). La prononciation de ‘A’ exige l’ouverture complète de la bouche et contient en elle le potentiel total pour tous les autres sons possibles. Maharishi a décrit la progression séquentielle du son dans la forme. 

Ce thème naturel de l’évolution de la conscience part du son holistique, ‘A’, et évolue dans les expressions fragmentées de ‘A’ – les sons des voyelles et des consonnes – et dans le processus continu de l’évolution dans les formes du son, ou formes de parole, évoluant davantage dans les formes de création matérielle.

C’est la vision de Maharishi sur la façon dont la conscience, le niveau fondamental de la nature, crée de l’intérieur lui-même et est ultimement responsable de toutes les formes et phénomènes de l’univers physique. Plus important encore dans la vision de Maharishi est la capacité d’un individu à expérimenter le pouvoir d’organisation de la Loi Naturelle qui est présent dans le déploiement séquentiel de la structure du Ṛk Veda. La Méditation Transcendantale est, comme nous l’avons déjà dit, un moyen naturel et systématique d’amener l’esprit à son état le moins excité où les vibrations subtiles de la conscience qui constituent le Veda sont éveillées. Le résultat est que la pensée, la parole et le comportement individuels deviennent plus alignés avec l’ordre inhérent dans le fonctionnement de la nature. Selon Maharishi, cela s’étend également à la lecture de la littérature védique en séquence. «Lorsque le texte védique est correctement prononcé dans son ordre correct, il stimule tous les éléments de la physiologie du cerveau à être pleinement alerte et à fonctionner holistiquement de manière cohérente et ordonnée».

La séquence est importante parce qu’elle aligne le cerveau avec la direction évolutive de la Loi Naturelle qui est présente dans la structure naturellement déployée de la littérature védique elle-même. Tout comme l’expression totale du Ṛk Veda est contenue dans ‘A’, le début de chaque texte de la littérature védique contient l’intégralité de cette valeur particulière de la connaissance sous forme compacte. À partir de là, le texte se déploie dans une séquence parfaite à mesure que la connaissance s’ouvre à elle-même. La fin de chaque texte contient la valeur non compactée de la connaissance qui est exprimée comme sa valeur de point. Lire le texte du début à la fin intègre la pleine étendue de la connaissance – de la totalité à son point – dans notre physiologie cérébrale. Au niveau de notre conscience, elle crée simultanément la conscience du silence (l’intégralité, la totalité) et du dynamisme (la valeur de point). Cette coexistence de valeurs opposées, comme nous l’avons vu plus haut, est le fondement du fonctionnement intégré de l’esprit dans les états supérieurs de conscience. Ma propre recherche en la conscience, qui est décrite plus loin dans cette proposition, inclut un programme systématique de lecture de la littérature védique en séquence en combinaison avec une approche qui suit le calendrier védique.

La connaissance védique… et pourquoi notre époque ne serait pas finalement incluse dans cette connaissance? Où posons la question différemment! À quel moment pouvons-nous dire que notre époque est partie intégrante de la connaissance védique, quelle est védique? 

Puisque le Ṛk Veda est la source de tous les dharmas et que toute la littérature védique en émerge, il est logique d’en conclure qu’il doit y avoir une relation entre la source et son expression. 

Répondre à cette question, c’est comprendre que la connaissance et donc la littérature védique, est le devenir de la conscience. Pour reprendre une phrase célèbre: «On devient ce que l’on voit.» À un niveau qui perçoit? La conscience dans sa qualité de Ṛṣi. Qu’est-ce qui est perçu? La conscience dans sa qualité de Chandas. Et par quel miracle? Celui de la conscience dans sa qualité de Devatā. 

Finalement, nous ne pouvons parler de connaissance védique uniquement en référence à cette structure de trois-en-un. Le processus doit nous amener à prendre conscience, un peu comme cette série télévisée ‘les Cinq Dernières Minutes’ où à la fin le commissaire Bourrel dit: «Bon Dieu! Mais c’est bien sûr!»