Soma et Ojas

Soma et le système nerveux

Soma est à la conscience ce qu’Ojas est au corps. Alors qu’Ojas équilibre Vata, Pitta et Kapha, Soma équilibre Ṛṣi, Devatā et Chandas. Le goût sucré (ou doux) de Soma, dit Maharishi, est la dynamique auto-interactive de la conscience exposée au goût.

Au fil des années, Maharishi a fait référence à plusieurs reprises à deux substances fréquemment mentionnées dans les textes védiques. Ces substances, connues sous le nom d’Ojas et de Soma, sont considérées comme les médiateurs naturels du corps de la santé parfaite, de la longévité et de l’expérience des états de conscience supérieurs. Considérons d’abord Soma.

Maharishi explique que dans la littérature védique, le mot Soma a plusieurs significations. Dans son sens le plus large, Soma se réfère à une tendance de base de la nature qui maintient l’univers ensemble, le flux de la dynamique auto-interactive sous-jacente de la conscience.

Soma se réfère également à un produit chimique produit dans le corps à la suite de la réalisation d’un état de conscience sans stress. Comme le décrit Maharishi:

«Un système nerveux qui fonctionne normalement, exempt de stress, de tension et de toute anomalie, produit un produit chimique appelé le Soma. . . . S’il n’y a pas de restrictions, pas d’inhibitions, alors la conscience est illimitée, et quand cette conscience illimitée est maintenue spontanément à tout moment, alors le système nerveux fonctionne normalement. . . . Maintenant, le sous-produit d’un système digestif qui fonctionne normalement est le Soma. Le Soma est ce qui aide tous les fondements de la vie individuelle à se développer afin que la totalité de la conscience individuelle puisse s’élever au-dessus des limites et avoir un statut illimité.»

Dans ce contexte, Soma est à la fois le produit du raffinement neurophysiologique et la substance même qui permet le développement du plein potentiel mental et physique. Le principe selon lequel tout état de conscience est soutenu par un état physiologique est interprété ici comme signifiant que le Soma est la substance biochimique clé qui soutient l’expérience de la conscience transcendantale et finalement l’illumination. Cet ‘élixir de longévité’ n’est pas distillé dans un laboratoire pharmaceutique, mais par le processus de développement intérieur de la conscience. Le Soma est un produit de la pharmacie naturelle du corps, créé par un système nerveux fonctionnant dans les états de conscience supérieurs.

Certains textes de la littérature védique qui se rapportent spécifiquement à la santé approfondissent la définition de Soma. Dans ces derniers, ‘Soma’ se réfère spécifiquement à la première définition – un principe dynamique abstrait de la conscience qui est capable d’unifier la diversité dans la nature. Pour la deuxième définition (un produit chimique unique dans le corps responsable de la santé idéale et de la longévité), le terme Ojas est utilisé. Ojas et Soma sont intimement liés. Ils représentent le même principe unificateur par nature. Cependant, Soma est ce principe non manifesté exprimé dans la conscience, et Ojas est son expression manifestée comme le niveau le plus fin possible de la matière. Nous pourrions dire qu’Ojas est le premier matériau, l’expression biochimique de Soma dans la physiologie de la matière, qui est la base de toutes les couches successives de matière dans le corps – cellules, tissus, organes, etc.

Ojas est considéré comme un produit biochimique qui établit l’équilibre entre la physiologie de la conscience et la physiologie de la matière. Parce qu’il est situé au point de jonction entre la conscience et la matière, Ojas est décrit comme une ‘lampe à la porte’, illuminant à la fois le domaine intérieur de la conscience et le domaine extérieur de la matière.

Une dernière définition de Soma: la littérature védique se réfère également à une plante ou herbe particulière de ce nom, traditionnellement utilisée lors de cérémonies spéciales. Parmi les nombreuses propriétés médicinales attribuées à cette plante est la capacité d’augmenter la longévité. Dans le contexte de la discussion précédente, nous pourrions comprendre cette définition du Soma comme un autre aspect – une expression plus concrète et manifestée – de sa nature en tant que dynamique auto-interactive de la conscience, qui soutient et promeut l’évolution de tout.

Le flux de Soma génère des vagues de félicité. On en fait l’expérience dans le programme de MT et de MT-Sidhi: la conscience s’ouvre au niveau du sentiment le plus raffiné, qui ne fait qu’un avec le Soi cosmique, la conscience de pure félicité. Au fur et à mesure que l’on acquiert la capacité d’agir à partir de ce niveau transcendantal, chaque activité devient un moyen d’inspirer la félicité – on vit la valeur cosmique de la vie. Maharishi explique que la valeur superficielle de l’action a également un rôle à jouer dans ce développement; toutes les paroles et tous les comportements devraient nourrir et protéger le niveau tendre du sentiment afin de promouvoir cette expérience de la valeur suprême de la vie.

Relation entre l’esprit et le système nerveux

Question: «Quand vous dites ‘l’esprit’, vous voulez dire le système nerveux?»

Maharishi: «Non! Nous voulons dire le… dictateur du système nerveux, le maître du système nerveux. Le système nerveux n’est que le serviteur de l’esprit. Fais comme ça, fais comme ça… L’esprit est le maître du système nerveux… L’esprit dicte et le système nerveux suit. L’esprit dicte et le système nerveux suit. Le maître!

«Il y a eu des rois en Inde, des royautés qui ne faisaient rien si le serviteur n’était pas là. Il ne pouvait tout simplement rien faire si le serviteur n’était pas là. Lorsque d’autres personnes ont envahi son royaume, il n’a pas pu quitter le fort parce qu’il n’y avait plus de serviteur pour lui mettre ses chaussures. [Maharishi et l’auditoire rient] Il ne pouvait pas le faire lui-même… il devait avoir un serviteur pour faire quoi que ce soit.

«L’esprit est comme cette royauté… [Maharishi rit] si royal, si divin… il ne peut tout simplement pas agir sans un serviteur. Et puis, lorsque l’esprit est celui d’un homme, alors son niveau de royauté est maximal. Il doit avoir ce système nerveux hautement développé pour commander ceci et cela et cela… Sinon, il ne fonctionne tout simplement pas. Et lorsque le système nerveux est fatigué par l’activité de la journée… alors il refuse de faire l’expérience de quoi que ce soit – le sommeil profond, l’inertie.

«Donc, l’esprit ne va nulle part, c’est seulement que le serviteur dort. Il ne peut pas commander. Et quand le serviteur [système nerveux] dort et qu’il ne peut pas ordonner et ne peut rien expérimenter, alors l’esprit a deux choix: Soit il est éveillé en lui-même, soit il s’endort avec le serviteur. [Maharishi et l’auditoire éclatent de rire].

«S’il [c’est-à-dire l’esprit] est l’esclave de son serviteur, alors il s’endort avec le serviteur. Et s’il est le maître de lui-même, même s’il ne fait rien, il est bien éveillé en lui-même.» – Rishikesh, 1967

La Perception Céleste

Majorque 1972

Maharishi: «…vous savez il y a un proverbe, Dieu est amour et Dieu équivaut au Créateur. Le Créateur équivaut à la base et à la cause ultime de la création, l’Être.

Donc l’Être est amour, il est intelligence, il est existence. L’existence, l’existence pure, l’amour pur, la vie pure, infinie, illimitée, abstraite, non concrète, au-delà du plus fin du relatif qui est céleste.

Lorsque la conscience s’ouvre à cette valeur, en chemin elle s’ouvre à certains de ces éclairs, certaines perceptions puissantes, célestes (l’expérience d’un participant au cours). Cette chose est un phénomène relatif – perception de la lumière, vision très céleste, ouïe céleste, certains sons célestes, certains goûts, odeurs, touchers célestes.

Les cinq sens ont leurs champs de perception dans chaque couche de l’existence – grossière et subtile et plus subtile et plus subtile, la plus subtile est céleste. Les cinq sens ont leurs objets de perception dans ce céleste.

Le céleste étant si fin – lorsque notre conscience n’est pas habituée à ces perceptions fines, elles nous échappent. Et lorsque notre conscience s’y habitue – et cela est dû à l’élimination du stress – à mesure que le système devient de plus en plus purifié, nous parlons en termes de purification maintenant, tous les stress disparaissent, le système devient plus purifié, il commence à fonctionner plus normalement, donc une perception plus normale commence à poindre.

La perception normale signifie la capacité de percevoir à travers toutes les couches de la création, la capacité de percevoir la valeur la plus fine du relatif. C’est la perception humaine normale.

Ainsi, à mesure que les tensions se résorbent, la normalité de la perception s’accroît et il n’est donc pas surprenant que les perceptions des champs relatifs très fins de la création commencent à être plus apparentes…

…et cette capacité, au fur et à mesure qu’elle se développe, sera disponible même quand on sera actif, plus tard. Et c’est ce qu’elle est en train de devenir. Même les domaines d’activité ne priveront pas de cette capacité de perception fine. Les perceptions resteront là. Toute l’activité sera là et ce niveau très fin de création, qui imprègne tous les niveaux grossiers, sera visible.

Avec cela, l’harmonie dominera dans notre conscience, les différences ne seront pas si dominantes. Et ce sera l’unité…»

Un meilleur cerveau: les synapses

Quand je suis tombé sur l’article ci-dessous, je n’avais qu’une compréhension très limitée des synapses. Sa lecture m’a amené à consulter de nouveau le livre de Maharaja Adhiraj Rajaraam: La physiologie humaine – expression du Veda et de la littérature védique. Pour faire simple disons que la complexité de la physiologie humaine est maintenue par l’activation des cellules nerveuses. Les cellules nerveuses communiquent et envoient des messages pour soutenir le fonctionnement du corps à travers les fentes synaptiques (synaptic gaps), une région de silence. C’est le silence qui donne lieu à la création.

Ce à quoi ils font allusion est ceci: les humains ont environ 100 milliards de cellules nerveuses ou de neurones, mais chacun d’eux se connecte avec 1000 à 10000 autres neurones. Sur l’ensemble de ces connexions, les synapses qui ne sont pas utilisés dépérissent, tandis que l’activité répétée renforce celles actives. Dans certaines zones du cerveau, 50 % des synapses disparaissent. L’élagage des synapses se produit à des moments différents dans le cerveau. Le cortex visuel s’affine à l’âge de sept ans, mais les parties du cortex pré-frontal, qui sont impliqués dans la cognition, ne finissent leur peaufinage seulement qu’après l’adolescence.

La recherche a maintenant déterminé que les changements remarquables se produisent dans le cerveau durant la deuxième décade de la vie. La compréhension que l’adolescence est un moment de profonde croissance cérébrale et de changement est contraire aux idées établies que le cerveau était pour une grande part, pleinement ‘formé’ à la fin de l’enfance.

Entre l’enfance et l’âge adulte les ‘schémas de câblage’ du cerveau deviennent plus complexes et plus efficaces, particulièrement dans le cortex pré-frontal ou le manteau* extérieur frontal du cerveau. Une importante partie des lobes frontaux, et une des dernières zones du cerveau à s’affiner pleinement, est le cortex pré-frontal (CPF). Le CPF est responsable pour de telles compétences comme établir des priorités, organiser les plans et les idées, former des stratégies, contrôler les impulsions et orienter l’attention.

Comme un ordinateur, le cerveau affine la croissance des ‘circuits’ – les connexions neurales qui peuvent accomplir plusieurs tâches simultanément et avec une efficacité toujours plus grande. Le contrôle de l’impulsion, la planification et la prise de décision sont en grande partie des fonctions du cortex pré-frontal qui s’affinent encore durant l’adolescence. La réponse d’adulte aux stimulus tend à être plus intellectuel, alors que l’adolescent est souvent plus ‘au niveau des tripes’. Ceci suggère quoique la variabilité du cerveau de l’adolescent est bien adapté pour faire face aux demandes de la vie d’ado, le conseil des adultes est essentiel alors que ce circuit de prise de décision est en formation. Tout ce que cela signifie est qu’il est possible que la capacité du cerveau à planifier, s’adapter à l’environnement social et imaginer les futures conséquences possible d’action ou de gauger convenablement leur signification émotionnelle, se développe encore pendant toute l’adolescence.

Malgré l’étiquette ‘en construction’, ce qui est le plus important à se rappeler est que les adolescents eux-mêmes sont capable de former leur propre développement cérébrale à travers les choix qu’ils font, ou par le fait de se laisser guider, par leurs parents et enseignants. Par exemple, l’évidence neuro-anatomique suggère que l’apprentissage et les expériences positives aident à construire des cerveaux complexes et adaptatifs.

*manteau des hémisphères = cortex cérébral

Pour plus d’information: http://lecerveau.mcgill.ca/index.php

Bien que cet article ne traite pas de la Méditation Transcendantale, il est intéressant du point de vue de l’éducation et montre à quel point le choix de l’apprentissage et des expériences affectent le développement cérébral.

Est-ce le plan de la nature pour l’homme de souffrir?

Une chose est importante lorsqu’on apprend l’anglais, c’est de toujours apprendre des petites phrases, jamais des listes de vocabulaire. Un mot a toujours un contexte! En apprenant des petites phrases, vous apprenez aussi des petites structures grammaticales qu’il vous sera facile d’utiliser par la suite. Comme Maharishi a l’art de répéter souvent les choses, saisir ses expressions les plus usitées, vous permettra d’apprécier toujours plus son enseignement.

Is it Nature’s plan for man to suffer? Explained by Maharishi Mahesh Yogi

Reporter: Throughout history, man has gone through periods of misery and then joy, misery and then joy. And I was wondering whether it was part of Nature’s plan that man should be miserable at times? 

Maharishi: No, it is not the part of Nature; it is the part of our unnatural behavior. Nature has not designed this beautiful, perfect human nervous system to remain in agony. But if we eat something very hard, if we eat sand, and then the stomach will do quite a lot of revolting. And then the whole thing, hrrr. So there are certain things which are meant to be eaten, and other things are not for us to eat. They may be for horses to eat, for other animals to eat, but not for man. So each nervous system has its own function to perform. The human nervous system has the function to perform, and in performing, he has to enjoy the waves of happiness – great happiness, great joy, and great love. All of this is for man. But when we put some hard things, indigestible things, some poisons in our body, we strain our system of perception by extraordinary, loaded experiences. Then the system begins to break; and that is what we say, stressed. And these stresses cause abnormal behavior. And it is abnormality that comes to us as suffering. And abnormality is not designed or intended by Nature. Not knowing how to behave with this most precious and delicate machine, we start to misbehave with it.

Est-ce le plan de la nature pour l’homme de souffrir? Expliqué par Maharishi Mahesh Yogi

Journaliste: Tout au long de l’histoire, l’homme a traversé des périodes de misère puis de joie, de misère puis de joie. Et je me demandais si cela faisait partie du plan de la nature que l’homme doit parfois être malheureux?

Maharishi: Non, ce n’est pas la composante de la nature; c’est la composante de notre comportement contre-nature. La nature n’a pas conçu ce beau et parfait système nerveux humain pour rester dans l’agonie. Mais si nous mangeons quelque chose de très dur, si nous mangeons du sable, alors l’estomac se révoltera assurément. Et ensuite tout le truc, haaa! Il y a donc certaines choses qui sont destinées à être mangées, et d’autres ne sont pas destinées à être mangées. Elles peuvent être destinées aux chevaux, aux autres animaux, mais pas à l’homme. Ainsi, chaque système nerveux a sa propre fonction à remplir. Le système nerveux humain a une fonction à accomplir, et en l’accomplissant, il doit jouir des vagues de bonheur – un grand bonheur, une grande joie et un grand amour. Tout cela est pour l’homme. Mais quand nous mettons des choses dures, des choses indigestes, des poisons dans notre corps, nous soumettons notre système de perception à des expériences inhabituelles et éprouvantes. Alors le système commence à se briser; et c’est ce que nous disons, stressé. Et ces stress provoquent des comportements anormaux. Et c’est l’anormalité qui nous vient comme de la souffrance. Et l’anormalité n’est pas conçue ou voulue par la nature. Ne sachant pas comment se comporter avec cette précieuse et délicate machine, nous commençons à mal nous comporter avec elle.