Les racines védiques de l’Ayur-Veda Maharishi (3)

Reconnecter l’individu avec le Soi, l’Ātmā, est l’objectif principal de l’Ayurveda et le processus ultime de guérison

Un mot important pour la santé en sanskrit est ‘swasthya’, qui signifie ‘établi dans le Soi’. L’Ayurveda rétablit la qualité innée de l’autoréférence à tous les niveaux de la physiologie, réactivant ainsi les mécanismes inhérents à l’auto-réparation du corps. La médecine védique utilise des procédures qui équilibrent la physiologie et renforcent les systèmes de guérison et de défense du corps.

Le corps est l’expression matérielle de la conscience

La science moderne soutient que les structures physiques du cerveau et d’autres organes qui soutiennent le fonctionnement du cerveau sont responsables du phénomène de la conscience humaine. En revanche, la médecine védique considère que la conscience, en tant que Veda, s’exprime en tant que physiologie humaine. Cette physiologie, à son tour, connaît et soutient le Veda et le manifeste aussi au fil du temps, par exemple à travers les activités des pandits védiques, qui récitent et enseignent la récitation correcte du Veda à leur progéniture (offspring).

La vie se renouvelle de l’intérieur

Le Veda est le dépositaire vivant de l’intelligence pure qui gouverne l’émergence des lois de la nature. Dans les organismes biologiques, le Veda fournit l’intelligence, par sa première expression biologique dans l’ADN, pour restaurer la totalité (wholeness), réparant les dommages, et maintenant l’homéostasie.

Le Veda, en tant que connaissance, a une structure trois en un

Tout exemple de connaissance implique qu’un connaisseur connaisse un objet. Nous pouvons appeler ces éléments: connaisseur, processus de connaissance et connu. Ils constituent l’unité essentielle de la relation que nous appelons ‘la connaissance’. Un connaisseur observe le connu, ce qui donne naissance au processus de connaissance. Ces éléments ont des noms sanskrits: Rishi (connaisseur), Devata (processus de connaissance) et Chandas (connu).

Chaque point du Veda contient les trois éléments du connaisseur, du processus de connaissance et du connu

Cette triple relation est également un processus dynamique. À chaque point dans le temps et l’espace, la connaissance est animée et chaque point a les trois valeurs du connaisseur, du processus de connaissance et du connu. C’est ce qu’on peut appeler une dynamique structurante, puisque le Veda est responsable de créer, à partir de cette triple structure, les éléments de l’univers. Cette relation dynamique est importante pour l’Ayurveda parce qu’elle est la base de l’auto-réparation. Parce que chaque point du Veda contient les trois valeurs, par tradition, avant de réciter tout ‘Richa’ (verset), l’unité de base du Veda, les pandits védiques peuvent énoncer les noms du Rishi (connaisseur), Devata (processus de connaissance) et Chandas (connu) pour cette collection de vers.

La structure du Veda est autoréférente

Chaque fois que le connaisseur et le connu ne font qu’un, au travers du processus de connaissance, la ‘connaissance’ est autoréférente, c’est-à-dire sans aucun autre point de référence extérieur. La conscience du connaisseur se retourne sur elle-même pour se connaître elle-même. Ces dynamiques structurantes de la conscience opèrent aussi continuellement dans la conscience humaine. L’autoréférence est également la dynamique structurante qui sous-tend l’auto-réparation, car le rétablissement de l’équilibre dans les organismes biologiques dépend de l’activation des réponses déclenchées par un mécanisme de détection, par exemple les boucles de rétroaction (feedback loops), etc. qui renvoient à une source de l’ordre.

La conscience est sa propre physiologie et s’exprime à travers une hiérarchie de structures

Les transformations par lesquelles le Veda devient la physiologie manifestée sont clairement décrites dans les textes védiques anciens. Dans l’expression séquentielle du Veda, on trouve une hiérarchie dans sa matérialisation en tant que corps, du subtil au plus grossier. L’intelligence non-manifestée se manifeste séquentiellement sous forme d’éléments subtils (tanmatras), d’éléments (mahabhutas), de qualités fondamentales (doshas), de sens (indriyas), de tissus (dhatus), et autres structures. Le diagnostic ayurvédique et les techniques thérapeutiques sont basés sur cette compréhension du développement du Veda.

Prajna-aparad (l’erreur de l’intellect) oubliant la totalité sous-jacente de la vie est la cause de la souffrance

Lorsque la vie est perçue à tort comme uniquement la diversité et que la valeur unifiée et cachée de la vie (l’Ātmā) est oubliée ou négligée par la conscience [individuelle], le lien de la vie avec sa source est perdu et l’individu devient sujet à une multitude d’autres erreurs intellectuelles et à la maladie. C’est ce qu’on appelle prajna-aparad – l’erreur de l’intellect.

La plupart des maladies sont causées par la violation des lois de la nature

Dans l’état de prajna-aparad, lorsque la conscience [individuelle] n’a pas accès au Veda, la demeure de toutes les lois de la nature, l’intellect (buddhi, la faculté discriminative ou décisive) peut choisir de mener des activités non favorables à la vie et entraîner la violation des lois de la nature, cause première des maladies et d’une mauvaise santé. Les textes anciens caractérisent les différents types de violations (supprimer des besoins naturels, ne pas suivre les routines quotidiennes et saisonnières, etc.). Dans la majorité des cas de mauvaise santé, y compris le traumatisme, on peut identifier une violation d’une loi de la nature. La douleur et la souffrance sont des mécanismes qui motivent l’individu à rétablir le lien avec le Veda.

Le concept de métabolisme (agni)

Une digestion et un métabolisme inefficaces créent de l’ama, des sous-produits ou des résidus qui se déposent dans les canaux de la macro et micro-circulation (shrotas) et dans les tissus (dhatus). Cela empêche la libre circulation de la matière et de l’intelligence biologiques et favorise le déséquilibre et, en fin de compte, la maladie. Ce concept reflète les connaissances actuelles de la physiologie cellulaire et des processus pathologiques tels que le vieillissement et les maladies artérielles.

Le principe d’équilibre

La physiologie est régie par les trois doshas (opérateurs physiologiques), les sept dhatus (tissus) et les trois malas (déchets) qui sont en équilibre dynamique les uns par rapport aux autres. Toute perturbation de l’harmonie naturelle, de la proportion et des rythmes biologiques de ces éléments viole le principe d’équilibre qui, s’il n’est pas corrigé, peut entraîner des troubles.

Le Veda en tant que son propre commentaire

Tiré du discourt de Maharishi de la première session matinale du parlement des nations invincibles, 16.11.2007

Dr Hagelin: «… Il y a une dernière question qui appartient à la très profonde connaissance. Maharishi a dit que le Veda fournit son propre commentaire, que chaque son védique est un commentaire ou une élaboration du précédent son védique. S’il vous plaît, Maharishi pourrait-il commenter sur ce style de commentaire védique? Qu’est-ce que ça signifie pour un son védique d’être un commentaire du son védique précédent? Qu’est-ce qui est inclut dans ce commentaire?»

Maharishi: «La question est si délectable à y répondre. Le flot du Veda est à partir de l’infinité au point – à partir de l’énorme infinité au point. À partir du point, il y a une énorme expansion à l’infini. C’est le flot du Veda. 

«Je veux vous donner une image de quelque chose de très merveilleux en réponse à votre question. Il y a deux flots: premièrement, le flot du texte védique, d’un mot à un autre, d’un mot à un autre, d’un mot à un autre. Ça continue et ça continue. Il y a un autre flot: le flot de la vie, d’aujourd’hui à demain, de demain au jour suivant et ainsi de suite. Vous voyez les deux flots? Un flot est dans le domaine du langage, l’autre est dans le domaine de la réalité physique – aujourd’hui, demain, demain, demain, demain, le flot, le flot, le flot. De la même manière qu’il y a un mot, un mot, un mot, un mot, d’un mot au mot suivant, du mot suivant au mot d’après, du mot d’après au mot d’après; il y a un jour au jour suivant, un jour au jour suivant, un jour au jour suivant. Ce sont les deux flots.

«Les deux flots sont exactement dans la même réalité. Cela signifie qu’à partir d’un mot, un autre mot émerge; qu’à partir du second mot, le troisième mot émerge; qu’à partir du troisième mot, le quatrième mot émerge. Exactement de la même manière, demain émerge d’aujourd’hui; de demain, le prochain surlendemain émerge, le prochain surlendemain émerge, le prochain surlendemain émerge.

«Quand vous comprenez, l’émergence séquentielle du Veda est exactement en conformité avec – est exactement pareil que – le flot séquentiel des jours, et des mois, et des années, et des siècles, l’un à partir de l’autre, l’un à partir de l’autre, l’un à partir de l’autre. L’un à partir de l’autre signifie que le suivant qui vient est un commentaire du précédent.

«C’est ce que ‘le Veda est son propre commentaire’ signifie. Chaque mot, chaque mot suivant, est un commentaire de chaque mot précédent. Ceci est le Veda. Chaque mot suivant est un commentaire du précédent, de la même manière que chaque jour d’une vie est le commentaire du jour précédent. C’est le cas avec tout monde, le monde de l’homme ou le monde de tout animal – les fourmis et le monde des singes, le monde des tigres, le monde des corbeaux, le monde des signes. Dans toutes les espèces, toute vie, le suivant est une expression du précédent. Cela signifie que le suivant est un commentaire sur le précédent.

«La conclusion est: Le Veda est connu par le Veda lui-même. La vie est connu par la vie elle-même. C’est pourquoi la vie est le Veda. ‘Ayu’ signifie la vie. Ayurveda: Ayu est le Veda; la vie est le Veda; le Veda est la vie. Le suivant est un commentaire sur le précédent. C’est une image si merveilleuse de la connaissance croissant tout le temps.

«Qu’est-ce qui est fascinant à ce sujet? Si vous connaissez un mot, vous pouvez avoir tout le développement historique du mot dans l’infinité. Cela signifie que le Veda total est dans le premier mot du Veda. La vie totale est dans la première journée de l’enfant nouveau-né. C’est pourquoi toute l’histoire de la prochaine vie – pour cent, deux cents, mille ans – peut être détectée, calculés et mis en lumière par la science des mathématiques et de tous les différents domaines des mathématiques.

«C’est pourquoi le secret de l’enseignement védique est, ‘Connaissez ce par quoi toute chose est connue’. Connaissez le premier mot du Veda, et de là, vous pouvez connaître tout le cours du Veda. Connaissez le premier moment de votre vie – le point de naissance – et à partir de là vous avez, dans l’horoscope, tous les calculs. C’est la connaissance totale disponible à tous sur le niveau de la connaissance védique.

«C’est pourquoi nous avons un programme pour avoir des écoles, des collèges et des universités de la connaissance védique, afin que chaque enfant né sur la terre, que ce soit au pôle nord ou au pôle sud ou l’équateur ou n’importe où, avec n’importe quelle langue, aura la connaissance en un seul mot. Dans ce mot, il aura le domaine total de la connaissance vibrante, animée – le domaine de la connaissance vivante. C’est une très belle image de ce qu’est la réalité.»