La Conscience: le Fondement de la Connaissance

Points principaux

  • La conscience constitue le fondement de la connaissance et de la compréhension
  • Un tout unifié appelé «Saṁhitā»
  • Une expérience complète de l’état appelé «Kaivalya»
  • La connaissance est structurée dans la conscience
  • L’étude de la conscience sous l’angle de nombreuses disciplines

La conscience a été étudiée sous différents angles par le Veda, la religion comparée et toutes les disciplines scientifiques, de la physique à la biologie. Chacune de ces disciplines peut, à sa manière, se concentrer sur la nature de la conscience et sur ce qu’elle pourrait être – le «sujet» de la conscience – en fonction de l’approche qu’elle adopte. D’une part, la conscience peut être considérée comme le moyen par lequel l’intelligence comprend, fixe et atteint des objectifs, et accomplit des actions bénéfiques pour les autres êtres humains. En ce sens, la conscience constitue le fondement de la connaissance et de la compréhension.

D’autre part, si l’on consulte n’importe quel dictionnaire, la définition de la conscience est «ce qui possède la connaissance de soi». En approfondissant cet aspect, on constate que la connaissance présente une structure tripartite: celui qui connaît, le processus de connaissance et ce qui est connu. Dans le Veda, celui qui connaît est appelé «Rishi», le processus de connaissance est appelé «Devata» et ce qui est connu est appelé «Chandas». Dans la Science Védique, on considère que Rishi, Devata et Chandas constituent un tout unifié appelé «Saṁhitā». Cette unité entre celui qui connaît, le processus de connaissance et ce qui est connu est expérimentée à travers la science du yoga. On l’appelle la «Conscience Pure».

Dans la conscience pure, celui qui connaît fait l’expérience directe de lui-même. Il s’agit d’un état de pure connaissance de soi. En physique de la régulation, nous décrivons cet état en termes de singularité mathématique créée par la rétroaction. Dans cet état singulier, les trois aspects de la conscience ne font plus qu’un, et celui qui connaît, le processus de connaissance et l’objet connu sont unifiés. Dans le yoga, l’expérience de la conscience pure se précise peu à peu pour aboutir à une expérience complète de l’état appelé «Kaivalya», un mot qui se traduit littéralement par «singularité»! Il est significatif que ce soit là le but ultime du yoga, tel que décrit au chapitre 4 du texte classique, les «Yoga Sutras» de Maharishi Patanjali, et qu’il s’agisse également de la singularité qui est à l’origine de l’univers.

Dans mes récentes recherches en physique, j’ai étudié comment la théorie quantique s’exprime à travers les singularités. La physique est très complexe, mais nous pouvons en conclure que les singularités créent une cohérence très puissante, et que les corrélations quantiques qui en résultent entre des éléments très éloignés les uns des autres confèrent à la physique un caractère holistique. Toute la physique telle que nous la connaissons trouve son origine dans la singularité au début du processus d’inflation et dans l’origine de la création par le Big Bang. Cette singularité s’apparente à la conscience autoréférente du Créateur. Ici, la physique est entièrement holistique, tout comme l’est la physique par laquelle les superamas de galaxies, les galaxies et leurs bras spiraux, ainsi que leurs amas globulaires et leurs systèmes stellaires et planétaires individuels commencent à se condenser.

La physique réductionniste grâce à laquelle nous avons tant découvert au cours des trois siècles et demi écoulés doit être contrebalancée par cette nouvelle perspective selon laquelle la structure globale de la physique est holistique. C’est ainsi que nous pouvons comprendre comment la conscience, qui est par essence holistique, imprègne l’ensemble de la création.

J’ai utilisé cette perspective pour appréhender la théorie quantique sous un angle nouveau. Anton Zeilinger a fait remarquer que nous pouvons considérer le «bit» d’information comme l’origine de la théorie quantique, et que celle-ci doit accorder une place primordiale à l’observation et à la physique de ce processus. Tout le monde s’accorde à dire qu’une fonction d’onde d’un champ quantique ne se réfère pas au système qu’elle se propose de décrire, mais plutôt à notre connaissance de ce système. Puisque «la connaissance est structurée dans la conscience», cela signifie que la conscience doit intervenir dans la création de manière fondamentale – comme l’illustre son rôle dans la singularité à l’origine de la création.

Nous examinons ensuite les processus informationnels que la théorie quantique peut décrire. Ceux-ci comprennent la production d’information (lors de l’effondrement de la fonction d’onde, par exemple lors d’une observation), la transmission d’information (dans le mouvement libre décrit par les équations d’onde) et le stockage d’information (tel que décrit par les états liés). Ces trois éléments constituent les processus conscients de la pensée créative, de la communication et de la mémoire – tout ce qui est nécessaire pour décrire les fonctions de notre esprit – notre traitement subjectif de l’information. Mais ils constituent également tout ce qui est nécessaire pour décrire la réalité extérieure en termes d’information: ainsi, la théorie quantique, déjà reconnue comme une théorie de la connaissance, s’avère capable de représenter l’univers comme une structure d’information – et, en raison de la singularité initiale, comme une structure de connaissance!

La théorie quantique contient également des corrélations, qui peuvent être utilisées pour montrer comment différents observateurs perçoivent la même chose. Elles garantissent la cohérence entre les différents canaux sensoriels: lorsque je vois une assiette de goulasch, de pommes de terre et de poivrons, je peux également la toucher, la goûter et la sentir (et entendre le bruit de mon verre contre l’assiette). Tous mes sens s’accordent pour dire qu’il s’agit de goulasch, de pommes de terre et de poivrons. Nous en parlons donc et la traitons comme si elle était purement objective.

Dans les Sciences Védiques, on reconnaît que cette «objectivation» de l’information sensorielle est un processus d’évaluation subjective. L’assiette de goulasch, de pommes de terre et de poivrons est perçue de différentes manières par les différents sens, et, en tant que grandeur «connue», elle est certes «un objet de perception sensorielle» – mais cela ne la rend pas pour autant «purement objective». Franchir ce pas est considéré comme une «erreur de l’intellect» – une erreur induite par un manque d’expérience directe et de compréhension (c’est-à-dire de connaissance) de la manière dont la structure unifiée de la conscience donne naissance à une structure tripartite de la connaissance. L’évaluation de l’assiette de goulasch, de pommes de terre et de poivrons comme étant «purement objective» est considérée comme une illusion causée par la combinaison de l’illusion parfaite de la réalité créée par le Créateur et de l’ignorance de la singularité à la source de la conscience individuelle.

La nouvelle approche védique de la théorie quantique est capable d’exprimer ces deux aspects. Le premier en considérant les quatre processus d’information décrits par la théorie quantique, et le second par les singularités de la régulation biologique à la source de la conscience incarnée, et le Kaivalya à la source de la créativité cosmique.

Dans notre civilisation, l’illusion de l’objectivité, connue dans la Science Védique sous le nom de «Maya», et l’illusion de la «réalité objective» à laquelle elle donne naissance, ont abouti au principe du réductionnisme et aux enseignements du matérialisme scientifique prônés par ceux qui croient que notre science, encore incomplète, détient les réponses définitives. Malgré tous les problèmes qu’ils ont résolus et toutes les technologies auxquelles ils ont donné naissance, ils ont engendré de nombreux problèmes majeurs, en raison de leur mauvaise évaluation du potentiel humain: anomie, dépression, mauvaise santé, déséquilibre Nord-Sud, pauvreté mondiale et guerres incessantes.

L’étude de la conscience sous l’angle de nombreuses disciplines – comme l’a visé la recherche présentée lors de ce colloque: philosophie, religion, psychologie, physiologie, psychopharmacologie, biochimie et biologie moléculaire, ainsi que mes propres disciplines que sont la physique et la biophysique – nous permettra de constater que la science repose sur une base holistique, à savoir la singularité à l’origine de la création.

La réalisation la connaissance de toutes les disciplines scientifiques, artistiques et humaines trouvent leur origine dans l’intelligence créatrice consciente de la psyché humaine, elle-même inspirée par l’intelligence créatrice cosmique universelle, est une conséquence centrale de cette approche interdisciplinaire de l’étude de la conscience. Nous voyons que la conscience est le contenu dans lequel la connaissance est structurée. Sans sujet connaissant, il ne peut y avoir de connaissance. L’étude interdisciplinaire de la conscience complète les approches adoptées jusqu’à présent par la science. Elle peut être et sera utilisée pour résoudre les problèmes engendrés par la perspective du réductionnisme objectif, et elle permettra de concrétiser les aspirations de la science des XIXe et XXe siècles à résoudre une fois pour toutes les problèmes de l’humanité. 

(Bien que n’ayant aucune référence sur ce texte, je pense qu’on peut l’attribuer au Dr John Hagelin par le ton et le thème traité.)

Questions (essayez de répondre à ces questions simplement et pour vous-même)

  • Quel est le moyen de devenir de plus en plus intelligent, jour après jour, même à un âge avancé
  • Comment pouvons-nous définir le terme «Saṁhitā»?
  • Quelle est la finalité des Yoga Sutras de Patanjali?
  • Pourquoi pouvons-nous affirmer que «La connaissance est structurée dans la conscience»?
  • Où peut bien nous conduire l’étude de la conscience sous l’angle d’une discipline?
«Dans son état d’éveil pur, la conscience humaine appréhende les détails de sa propre structure et constate que la valeur silencieuse de sa propre nature coexiste avec la valeur dynamique de sa propre nature. Cette coexistence du silence et du dynamisme offre une image du silence imprégné de dynamisme et du dynamisme imprégné de silence. Le phénomène du silence s’imprégnant sans cesse de dynamisme et du dynamisme s’imprégnant sans cesse de silence au sein de la structure du pur éveil révèle une créativité au sein de la singularité, qui constitue le fondement de tous les processus créatifs et évolutifs de l’univers dans toute sa diversité.» – Maharishi Mahesh Yogi

La Dynamique Auto-Interactive

Petit rappel: La conscience pure prend conscience d’elle-même et devient la Saṁhitā de Ṛṣi, Devatā et Chandas (dans la terminologie védique), l’unité du connaisseur, du processus de connaissance et du connu, tout en restant la conscience pure. Peut-il y avoir un phénomène plus simple et en même temps plus merveilleux que celui-ci! Et tout la création en émerge… par une simple dynamique auto-interactive de la conscience avec elle-même. 

Maharishi: «J’irai» et «je n’irai pas», entre «j’irai» et «je n’irai pas», quelle est la cause ultime [de la différence]? L’intention. L’intention, le désir. C’est donc le désir qui entraîne la transformation de «je» en «volonté» et la transformation de «volonté» en «aller» et «ne pas aller». C’est donc la transformation de la première syllabe en deuxième syllabe, la transformation de la deuxième syllabe en troisième syllabe. Qui conduit la voiture? L’intention. L’intention.

Et où voyons-nous la source de toutes les intentions? La source de toutes les intentions se trouve dans le fondement commun de toutes les valeurs possibles. Et c’est dans l’état de la Saṁhitā, dans la qualité d’éveil de la Saṁhitā, où la Saṁhitā est Ṛṣi, Devatā et Chandas. Et l’intention est que Ṛṣi soit conscient de Devatā, que Devatā soit conscient de Ṛṣi, que Devatā soit conscient de la Saṁhitā et de tout le reste, parce que c’est un état d’éveil complet.

C’est donc l’éveil pur qui joue à l’intérieur de lui-même et provoque ainsi les différents modes de ses propres expressions. Mais tout se passe dans l’océan de la conscience – un océan de conscience illimité, et toutes sortes de belles variétés.

Et alors, entre eux, la transformation des variétés est provoquée par la relation entre les variétés, ce point et ce point, émergeant de ce point unique de ce que la Science Védique appelle: Atyantabhava, le vide absolu, le néant absolu (Purusha). Mais ce néant absolu n’est pas l’inertie, c’est la conscience. C’est l’intelligence. Et c’est l’intelligence qui est la somme de toutes les valeurs opposées. Elle est pleinement éveillée, parce qu’elle est la somme de toutes les valeurs opposées. Une valeur se bat contre l’autre. C’est ce qui fait de la conscience une conscience. C’est donc elle qui apporte ses propres modifications. C’est pourquoi on parle de «dynamique auto-interactive». – Maharishi Nagar, Inde, 1988

Puruṣa et Prakṛti

Question: Quel est cet état dans lequel il y a seulement le Soi et dont les réponses viennent directement de l’intérieur?

Maharishi: C’est un état très relaxé, l’état le plus simple de la conscience, le domaine le plus naturel de la conscience humaine. C’est le milieu du vide, Anonya Abhava. C’est l’expérience de chacun quand chacun a la profonde expérience. Un certain niveau de stress profondément enraciné vient à se résoudre et dans ce processus de relâchement de tension une certaine fumée vient. Cette fumée est le résultat du succès. Alors, après quelques jours, ceci s’en va et alors, il y a une expérience plus profonde et alors, un tigre dormant, et alors encore la fumée, etc. Ceci continue dans le temps. Nous devons être avec. Nous relâchons physiquement des nœuds de stress. Ils viennent à la physiologie dû au manque d’association continue avec la totalité. Sur le niveau physiologique il y a l’espace et le temps. Donc, il y a une limitation. À un niveau cette intelligence est non-manifestée et infinie. À un autre niveau cette intelligence est dans la limitation. Les limites et l’illimité ensemble. L’illimité deviendra permanent quand les limites physiques se dissoudront. C’est notre propre mécanisme de transformation – l’état apaisé de Puruṣa témoignant de son propre processus d’éveil. C’est de cette façon que la Saṁhitā vient à être Ṛṣi, Devatā et Chandas et l’infinie diversité de l’univers. Ceci est l’analyse et la synthèse, les deux opérations, l’une après l’autre. Mais à un niveau où le silence est dynamique, l’analyse et la synthèse sont deux processus simultanés. Ceci est Puruṣa et Prakṛti. Ce ne sont pas des entités séparées. L’un est l’autre. C’est seulement la coexistence de deux valeurs: le silence et le dynamisme. Cette coexistence est une réalité conceptuelle. 

Cette intelligence est pleinement éveillée, témoin d’elle-même. Le processus de témoignage devient dynamisme, Prakṛti. Ce domaine entier de la vie est béatitude, énergie, intelligence et toutes les différentes qualités que nous mesurons, expérimentons et décrivons et qui est en fin de compte: rien – Puruṣa – la totalité. C’est simplement à cause du manque d’éducation que les gens n’expérimentent pas leur propre Soi. Du fait du manque d’éducation, nous vivons ce monde, autrement le niveau vécu est juste le silence.

On appelle Purushottam, le suprême Puruṣa, tous les innombrable Puruṣas et Prakṛtis dans la création, tous ensemble. Puruṣa est le témoin de Prakṛti. Purushottam est le témoin de tous les Puruṣas. Il est cette intelligence holistique qui témoigne de tous les Puruṣas témoignant de Prakṛtis. Ce Puruṣa, nous le considérons à partir de Paraprakṛti, la nature transcendantale, que nous savons être de huit qualités.

Ces huit valeurs divisées de Prakṛti et une non divisée: Mère Divine et Purushottam. Ce sont les étapes conceptuelles de progression. La réalité est la singularité éternelle, la totalité.

«Le travail n’est pas le but de Puruṣa. Le but de Puruṣa est d’être dans le Soi et de rayonner, de rayonner la connaissance, de parler la connaissance, de toutes les manières de présenter la connaissance et de conquérir.» – Maharishi Mahesh Yogi

La Différence entre Transcendance et Cognition

Conférence de presse mondiale du 08.03.2006

Dr Hagelin: «Merci, Maharishi. Voici une autre question courte mais profonde: Quelle est la différence entre le mécanisme d’une personne qui transcende et fait l’expérience de l’Être pur – le Veda pur, non manifesté, à la source de la pensée – et le processus que traverse un Ṛṣi lorsqu’il cognise le Veda, lorsqu’il voit et entend les hymnes du Veda. La question est donc la suivante: Quelle est la différence entre transcender pour faire l’expérience de l’Être pur, et cogniser le Veda au sein de cette réalité de l’Être?»

Maharishi: «Lorsque nous disons Veda, trois valeurs sont impliquées: le Ṛṣi, qui signifie le voyant, le processus de voir et l’objet de la vision. Ainsi, le voyant, la vision et l’objet de la vision – tous les trois signifient le Veda. Ṛṣi, Devatā, Chand – tous les trois signifient le Veda, la Connaissance Totale. La connaissance du Veda signifie que lorsque vous entendez le Veda, lorsque vous voyez le Veda, alors ce que vous voyez est: qui est le voyant, quel est le processus de voir, et qu’est-ce qui est vue, qui est le but de la vision.

«Le voyant, la vision et la vue – Ṛṣi, Devatā, Chand – sont les cognisions des trois aspects du Veda. Lorsque nous disons les trois, alors nous disons les trois ensemble – la Saṁhitā. La ‘Saṁhitā’ signifie le Champ Unifié, le Champ Unifié de tous les trois – Ṛṣi, Devatā, Chand. Trois dans l’unité – c’est le Veda. C’est l’âme de chacun. C’est l’Ātmā de chacun. C’est la Totalité. C’est la Conscience d’Unité. C’est Brahm. «Ahaṁ Brahm» – Je suis la Totalité, je suis Brahm. C’est la réalité de l’homme dans la Lumière de Dieu. C’est pourquoi l’homme a cette authenticité. L’homme est le maître de son propre destin, parce qu’au niveau supérieur, il est au niveau du Tout-Puissant, de l’éveil totale de la Loi Naturelle, de la loi cosmique, de la loi divine, de la pure divinité, de Dieu, du Champ Unifié.»

Conscience, Existence et Intelligence

Nous voyons les choses autour de nous exister. Nous voyons aussi que les choses autour de nous changent et évoluent. Nous voyons aussi qu’il y a de l’ordre dans l’évolution – une graine de pomme croîtra seulement en un pommier, etc. Ainsi il est évident que l’existence est dotée de la qualité d’intelligence – l’existence respire la vie en vertu de l’intelligence. En vertu de l’intelligence toute chose dans la création est consciente d’elle-même, et en même temps est consciente de son environnement, est éveillée à son environnement. Elle est autoréférente (elle se connaît elle-même) et elle est objet-référent (elle se connaît elle-même comme l’objet de connaissance). Ainsi, l’existence est intelligence, elle est conscience. La conscience est l’existence de toute chose, et la conscience est l’intelligence de toute chose.

La conscience est éveil, vigilance au repos, pure intelligence, pure existence, plénitude autoréférente, toute connaissance – la source, le cours et le but autosuffisant et non manifesté de toute création.

Ceux qui pratiquent la Méditation Transcendantale de Maharishi expérimentent ces qualités dans leur propre Conscience Transcendantale.

Dans son ‘état autoréférent’ ou état transcendantal, la conscience ne connaît seulement qu’elle-même; de ce fait, elle est le connaisseur d’elle-même. En étant le connaisseur d’elle-même, elle est aussi l’objet de connaissance et le processus de connaissance. Ainsi, dans son état autoréférent, la conscience est l’état unifié du connaisseur, de la connaissance et du connu.

Dans la Littérature Védique, cette structure de ‘trois-en-un’ de la conscience est appelée Saṁhitā de Rishi, Devatā, Chandas – la Saṁhitā (l’unité) de Rishi (le connaisseur), Devatā (le dynamisme du processus de connaissance) et Chandas (le connu).

La conscience est l’unité ou la coexistence de deux qualités de l’intelligence qui sont opposées l’une à l’autre:

  1. La singularité de la Saṁhitā autoréférente, et
  2. La diversité de Rishi, Devatā et Chandas.

Il est intéressant de noter que la qualité de vigilance dans la nature de la conscience est due à la coexistence de ces deux valeurs opposées à l’intérieur de sa structure. L’unité de ces qualités contradictoires à intérieur de la conscience rend la conscience éveillée, alerte et animée. La conscience est le domaine vivant de toutes les possibilités.

«Le Veda est la réalité de la structure du champ non structuré de la conscience, qui n’est créé par rien d’autre, que la conscience elle-même. La structure du Veda évolue à travers les dynamiques structurantes du Veda, qui sont latentes dans le champ de la conscience. Développer la connaissance de cette manière naturelle, représente le système parfait d’enseigner et de gagner la connaissance. Le potentiel créatif de la pure conscience, à travers les mécanismes éternellement structurants animés dans sa nature, structure ‘Shruti’, les sons du Veda et expose toutes les différentes valeurs de l’Intelligence Créatrice inhérentes dans l’état unifié de la Saṁhitā dans les différents sutras du Vedanga, Upanga et toutes les valeurs de la Littérature Védique. Il est simple de voir que le Veda et la Littérature Védique sont l’expression de l’Intelligence Créatrice latente à l’intérieur de la nature de la conscience autoréférente de chacun.» – Maharishi Mahesh Yogi, MVU, Intro, 1994

Comme l’unité (l’unicité) du connaisseur, de la connaissance et du connu s’apparente à la connaissance et aussi à la conscience, les implications évidentes sont:

  1. La conscience s’assimile à la connaissance;
  2. La conscience s’assimile au Veda;
  3. La conscience s’assimile à la Saṁhitā;
  4. La Saṁhitā (de Rishi, Devatā, Chandas) s’assimile au Veda;
  5. Le Veda s’assimile avec l’intelligence autoréférente non manifestée de la Saṁhitā, qui se conçoit des trois qualités de Rishi, Devata et Chandas à l’intérieur de sa propre singularité autoréférente – la singularité trouve la diversité à l’intérieur de sa structure;
  6. La conscience est l’unité et la diversité, les deux en même temps: l’unité du fait de la Saṁhitā, et la diversité du fait de Rishi, Devata et Chandas.

Ceci explique que les mécanismes éternels et autoréférents de transformation existent dans la coexistence de deux qualités contradictoires de la conscience – la singularité et la diversité.

Ceci est l’image de la structure de la réalité ultime: l’intelligence autoréférente en mouvement, à l’intérieur de sa propre singularité, donnant lieu aux mécanismes de la création et de l’évolution – le Champ Unifié de la pure intelligence spontanément donne lieu à la diversité de toutes les lois de la nature à l’intérieur de lui-même.

L’image est que la conscience autoréférente est le pouvoir d’organisation infini; elle est le potentiel vivant de la Loi Naturelle.

La connaissance de la singularité et de la multiplicité – l’étendue totale de la connaissance

Par la rédaction de Global Good News, 20 octobre 2008

Lors de l’inauguration de l’Université Védique Maharishi aux États-Unis le 12 janvier 1985, à Washington DC, Maharishi a expliqué:

«Lorsque la conscience est complètement autoréférente, elle se connaît elle-même. Dans cet état unifié, nous trouvons trois valeurs – le connaisseur, le connu et le processus de connaissance. Quand ils sont simultanément trois et un, il y a une contraction infinie pour rester un et une expansion pour devenir trois. 

«Il y a une pulsation ou un dynamisme infini de l’infini convergeant en un point et un point s’étendant à l’infini. Ce dynamisme infini de la nature autoréférente de la conscience pure crée ce bourdonnement ou cette vibration qui est le Veda.»

Le 11 janvier, il a dit que la conscience pure, étant autoréférente, se connaît elle-même. Elle est donc son propre connaisseur, processus de connaissance, et connu – soit Ṛṣi, Devatā et Chandas [dans le langage védique].

«La conscience pure est une, complètement ouverte à elle-même; et elle est trois, parce qu’elle est l’observateur, l’observé et l’observation. Elle est un et trois, le point et l’infini, en même temps. 

«La conscience, connaissant à la fois sa valeur de point et l’infini en même temps, doit être ici, là et partout. Cela donne un dynamisme infini,» explique Maharishi. 

«La connaissance de un et de trois ou la singularité et la multiplicité, est l’étendue totale de la connaissance. Cela donne une connaissance précise d’un point et de sa relation avec n’importe quel autre point où que ce soit et partout. Cette relation d’un point avec l’infini est le fondement de la connaissance du passé, du présent et du futur.

«En connaissant un point, il est possible de calculer précisément les caractéristiques de tous les points futurs. Le Programme de MT-Sidhi est un moyen de développer subjectivement la connaissance de l’astrologue védique ou Jyotish-Vidya, cette totalité de la connaissance qui révélera le passé, le présent et le futur – de n’importe quel aspect, n’importe où, à tout moment. 

«La recherche à l’Université Védique Maharishi se fera dans le domaine de la conscience; elle ne dépendra pas d’un grand nombre de livres de bibliothèque. Les livres de la littérature védique ancienne et de la littérature moderne de physique, de chimie et de mathématiques serviront à vérifier l’expérience du Programme de Méditation Transcendantale et de MT-Sidhi.

«La littérature védique est l’enregistrement du fonctionnement des impulsions de la nature. Ces impulsions sont de trois en un: Ṛṣi, Devatā et Chandas. En sachant comment Ṛṣi, Devatā ou Chandas fonctionne aujourd’hui, nous pouvons prédire comment il fonctionnera demain. S’il y aura une déviation du chemin naturel de l’évolution, s’il y aura un déséquilibre, il pourra alors être amendé par l’Ayur-Veda Maharishi. 

«Le niveau non-manifesté de l’un et trois ensemble est le fondement de la loi. Manu, le premier législateur [dans l’ancienne tradition védique], indique qu’à partir de ce domaine de la vie éternel, toute l’humanité peut recevoir la connaissance de la loi, la lumière de la vie pour guider tout comportement.

«Nous inaugurons la même possession de la loi naturelle qui a été exposée par Manu, Platon et tous les sages du passé qui ont établi des sièges de connaissance. Une université est un lieu de création de la connaissance, pour guider l’étudiant à localiser ce tout puissant siège de la connaissance en lui. 

«Puisque l’état de conscience de soi est un et trois en même temps, il doit y avoir un échange, une impulsion,» poursuit Maharishi. «Cette résonance dans le non-manifesté est clairement entendue – ceci est Śruti, [‘Ce qui est entendu’], le Veda. 

«L’impulsion du Veda s’apprécie elle-même, elle est entendue par elle-même. Le rythme avec lequel elle est entendu est Chandas, son observateur est Ṛṣi, et ce qui relie l’observateur et l’observé est Devatā.

«Il y a une connexion entre Ṛṣi, Devatā et Chandas parce qu’ils sont trois, et il y a perte de connexion entre eux parce qu’ils sont un. L’émergence et la perte de connexion se produisent si fréquemment que cette vibration ou ce bourdonnement est une réalité éternelle – c’est le Veda. 

«À partir de cette impulsion fondamentale, la nature se multiplie, crée l’univers tout entier et le gouverne. Le but de l’Université Védique est de déployer ce domaine fonctionnant déjà de toutes les possibilités en chacun de nous.»

Maharishi a ensuite expliqué que le Karma Mimamsa, l’analyse de l’action, [un aspect de la littérature védique], couvre non seulement la valeur manifestée de l’action, mais aussi le domaine non-manifesté de l’action où les trois sont en un. Toute action émerge de la singularité de la conscience pure, qui est en elle-même la trinité de Ṛṣi, Devatā et Chandas. 

«La singularité est le siège du Yoga [un autre aspect de la littérature védique]; les trois sont le domaine du Karma Mimamsa; et l’unité de l’un et trois dans le Soi est le Vedanta. Toutes les différentes théories de la connaissance trouvent leur origine dans cet état où l’un est trois – la Saṁhitā [l’unité, l’unicité, la totalité] du Veda. Tous les différents aspects de la littérature védique sont les versions élaborées de cette totalité de la connaissance à l’intérieur de soi-même.»

Pour la version en anglais: https://excellenceinaction.globalgoodnews.com/2008/08-oct/oct11.html

Les racines védiques de l’Ayur-Veda Maharishi (3)

Reconnecter l’individu avec le Soi, l’Ātmā, est l’objectif principal de l’Ayurveda et le processus ultime de guérison

Un mot important pour la santé en sanskrit est ‘swasthya’, qui signifie ‘établi dans le Soi’. L’Ayurveda rétablit la qualité innée de l’autoréférence à tous les niveaux de la physiologie, réactivant ainsi les mécanismes inhérents à l’auto-réparation du corps. La médecine védique utilise des procédures qui équilibrent la physiologie et renforcent les systèmes de guérison et de défense du corps.

Le corps est l’expression matérielle de la conscience

La science moderne soutient que les structures physiques du cerveau et d’autres organes qui soutiennent le fonctionnement du cerveau sont responsables du phénomène de la conscience humaine. En revanche, la médecine védique considère que la conscience, en tant que Veda, s’exprime en tant que physiologie humaine. Cette physiologie, à son tour, connaît et soutient le Veda et le manifeste aussi au fil du temps, par exemple à travers les activités des pandits védiques, qui récitent et enseignent la récitation correcte du Veda à leur progéniture (offspring).

La vie se renouvelle de l’intérieur

Le Veda est le dépositaire vivant de l’intelligence pure qui gouverne l’émergence des lois de la nature. Dans les organismes biologiques, le Veda fournit l’intelligence, par sa première expression biologique dans l’ADN, pour restaurer la totalité (wholeness), réparant les dommages, et maintenant l’homéostasie.

Le Veda, en tant que connaissance, a une structure trois en un

Tout exemple de connaissance implique qu’un connaisseur connaisse un objet. Nous pouvons appeler ces éléments: connaisseur, processus de connaissance et connu. Ils constituent l’unité essentielle de la relation que nous appelons ‘la connaissance’. Un connaisseur observe le connu, ce qui donne naissance au processus de connaissance. Ces éléments ont des noms sanskrits: Rishi (connaisseur), Devata (processus de connaissance) et Chandas (connu).

Chaque point du Veda contient les trois éléments du connaisseur, du processus de connaissance et du connu

Cette triple relation est également un processus dynamique. À chaque point dans le temps et l’espace, la connaissance est animée et chaque point a les trois valeurs du connaisseur, du processus de connaissance et du connu. C’est ce qu’on peut appeler une dynamique structurante, puisque le Veda est responsable de créer, à partir de cette triple structure, les éléments de l’univers. Cette relation dynamique est importante pour l’Ayurveda parce qu’elle est la base de l’auto-réparation. Parce que chaque point du Veda contient les trois valeurs, par tradition, avant de réciter tout ‘Richa’ (verset), l’unité de base du Veda, les pandits védiques peuvent énoncer les noms du Rishi (connaisseur), Devata (processus de connaissance) et Chandas (connu) pour cette collection de vers.

La structure du Veda est autoréférente

Chaque fois que le connaisseur et le connu ne font qu’un, au travers du processus de connaissance, la ‘connaissance’ est autoréférente, c’est-à-dire sans aucun autre point de référence extérieur. La conscience du connaisseur se retourne sur elle-même pour se connaître elle-même. Ces dynamiques structurantes de la conscience opèrent aussi continuellement dans la conscience humaine. L’autoréférence est également la dynamique structurante qui sous-tend l’auto-réparation, car le rétablissement de l’équilibre dans les organismes biologiques dépend de l’activation des réponses déclenchées par un mécanisme de détection, par exemple les boucles de rétroaction (feedback loops), etc. qui renvoient à une source de l’ordre.

La conscience est sa propre physiologie et s’exprime à travers une hiérarchie de structures

Les transformations par lesquelles le Veda devient la physiologie manifestée sont clairement décrites dans les textes védiques anciens. Dans l’expression séquentielle du Veda, on trouve une hiérarchie dans sa matérialisation en tant que corps, du subtil au plus grossier. L’intelligence non-manifestée se manifeste séquentiellement sous forme d’éléments subtils (tanmatras), d’éléments (mahabhutas), de qualités fondamentales (doshas), de sens (indriyas), de tissus (dhatus), et autres structures. Le diagnostic ayurvédique et les techniques thérapeutiques sont basés sur cette compréhension du développement du Veda.

Prajna-aparad (l’erreur de l’intellect) oubliant la totalité sous-jacente de la vie est la cause de la souffrance

Lorsque la vie est perçue à tort comme uniquement la diversité et que la valeur unifiée et cachée de la vie (l’Ātmā) est oubliée ou négligée par la conscience [individuelle], le lien de la vie avec sa source est perdu et l’individu devient sujet à une multitude d’autres erreurs intellectuelles et à la maladie. C’est ce qu’on appelle prajna-aparad – l’erreur de l’intellect.

La plupart des maladies sont causées par la violation des lois de la nature

Dans l’état de prajna-aparad, lorsque la conscience [individuelle] n’a pas accès au Veda, la demeure de toutes les lois de la nature, l’intellect (buddhi, la faculté discriminative ou décisive) peut choisir de mener des activités non favorables à la vie et entraîner la violation des lois de la nature, cause première des maladies et d’une mauvaise santé. Les textes anciens caractérisent les différents types de violations (supprimer des besoins naturels, ne pas suivre les routines quotidiennes et saisonnières, etc.). Dans la majorité des cas de mauvaise santé, y compris le traumatisme, on peut identifier une violation d’une loi de la nature. La douleur et la souffrance sont des mécanismes qui motivent l’individu à rétablir le lien avec le Veda.

Le concept de métabolisme (agni)

Une digestion et un métabolisme inefficaces créent de l’ama, des sous-produits ou des résidus qui se déposent dans les canaux de la macro et micro-circulation (shrotas) et dans les tissus (dhatus). Cela empêche la libre circulation de la matière et de l’intelligence biologiques et favorise le déséquilibre et, en fin de compte, la maladie. Ce concept reflète les connaissances actuelles de la physiologie cellulaire et des processus pathologiques tels que le vieillissement et les maladies artérielles.

Le principe d’équilibre

La physiologie est régie par les trois doshas (opérateurs physiologiques), les sept dhatus (tissus) et les trois malas (déchets) qui sont en équilibre dynamique les uns par rapport aux autres. Toute perturbation de l’harmonie naturelle, de la proportion et des rythmes biologiques de ces éléments viole le principe d’équilibre qui, s’il n’est pas corrigé, peut entraîner des troubles.