La coexistence du silence et du dynamisme

Points principaux

  • Le silence et le dynamisme
  • Les Brahma-sutras
  • Le Seigneur Krishna est Brahm
  • Le cycle de la création
  • La plénitude émerge de la plénitude

Question: «Pourquoi le Seigneur Krishna n’a-t-il pas aidé à former un grand groupe de pandits à cette époque pour dissiper la tension collective et empêcher la guerre?»

Maharishi: «Le combat du Seigneur Krishna visait à élever la conscience d’Arjuna à ce niveau du domaine du non-manifesté où le non-manifesté se manifeste.

On peut appeler cela un combat, mais c’est ainsi par nature. Et tous les Brahma-sutras – si vous vous référez aux Brahma-sutras – vous vous rendrez compte que l’enseignement du Seigneur Krishna n’est pas destiné au combat. Il vise à concilier les deux valeurs: le silence et le dynamisme.

Le silence et le dynamisme ne s’opposent pas l’un à l’autre. Car, au fond, ce ne sont pas deux valeurs distinctes. Il s’agit d’une seule et même valeur. Et c’est une valeur dépourvue de tout combat.

Mais vu de loin, on pourrait dire: «Voici le silence, et voici le dynamisme; le dynamisme lutte contre le silence, et le silence lutte contre le dynamisme.» C’est là une vision très immature de la réalité.

La Bhagavad-Gītā, le chant du Créateur, le chant du Seigneur – le chant du Seigneur se situe à son propre niveau de seigneurie. Et quel est le niveau de seigneurie de Krishna? Ces deux choses réunies: le silence infini et le dynamisme infini, ensemble.

Quelle est la réalité? Le Seigneur Krishna est Brahm lui-même, la totalité. Et qu’est-ce que la totalité? Ceci et cela ensemble. Les Brahma-Sutras l’expliquent si magnifiquement. Il n’y a pas de relation de cause à effet dans la coexistence du silence et du dynamisme. L’un n’est pas la cause, l’autre n’est pas l’effet. C’est par nature. C’est la nature du Soi d’être la totalité, d’être ceci et cela en même temps dans leur état unifié. Telle est la réalité ultime.

Les interprétations peuvent provenir de n’importe quel niveau à partir duquel on comprendrait cette chose. Mais la réalité est qu’au final, les deux ne sont pas deux – les deux ne font qu’un. Le silence est dynamique, le dynamisme est silence. Smriti est Shruti, Shruti est Smriti. Cela signifie que ce qui est entendu provient de ce qui était la mémoire. C’est la mémoire qui est venue à être entendu.

Rien de nouveau est entendu. C’est l’ancien qui est entendu. En sanskrit, on dit: Yathā Pūrvam Akalpayat – «tel qu’il était auparavant, ainsi a-t-il été créé, ainsi a-t-il été imaginé ou ainsi a-t-il été présenté». Le cycle de la création, à chaque fois, est le même qu’auparavant. En un mot, on dit «l’infini» – le même infini, la même unité.

Maintenant, vous voulez que j’aille jusqu’au bout de cela? Ce serait (peut-être) trop. Ce serait trop d’aller jusqu’au bout de cela. Il suffit de comprendre que c’est la même chose. Cette union des deux – le silence et le dynamisme – Gyan et Kriya Shakti. La partie «connaissance» et la partie «technologie». Ce ne sont pas deux choses différentes. La connaissance est technologie, la technologie est connaissance à ce niveau. C’est pourquoi on parle de «Champ Unifié».

Pour faciliter la compréhension, on parle d’unité, d’unité dans la diversité. Mais pour comprendre, on peut recourir à toute la logique que l’on veut. À son propre niveau, cependant, c’est ce que dit l’expression sanskrite: purnat purnam udachyate – la plénitude se déplace. La plénitude émerge de la plénitude. C’est la même chose: le silence est plénitude, le dynamisme est plénitude. L’un émerge de l’autre parce que les deux sont pleins, ce ne sont pas deux choses distinctes.

C’est un domaine très beau où les êtres illuminés peuvent flâner et bavarder à ce sujet. C’est très bien.» – Conférence de presse mondiale du 11.02.2004

Questions (essayez de répondre à ces questions simplement et pour vous-même)

  • À quel niveau pouvons-nous apprécier que le silence et le dynamisme ne font qu’un?
  • Les Brahma-sutras sont un ouvrage de la littérature védique, mais de quoi parlent-ils?
  • Lorsque nous disons que le Seigneur Krishna est Brahm, qu’est-ce que cela signifie?
  • Pourquoi le cycle de la création est-il toujours le même?
  • Qu’entendons-nous par la plénitude émerge de la plénitude?
Maharishi: L’Advaita trouve son accomplissement dans l’expérience du Seigneur Krishna, où il y a une forme façonnée à partir de l’Absolu [rires]. Question: Ce que vous dites là n’est-il pas la Conscience de Dieu? Maharishi: Non, la Conscience de Dieu se situe au niveau céleste. Et lorsque cela s’étend à la forme de l’Absolu – le Seigneur Krishna, cette forme particulière de l’Absolu, qui n’en reste pas moins une forme de l’Absolu, le Vedanta trouve son accomplissement. Et ce sont les shrutis, les impulsions de l’Absolu. Elles constituent la base de la vie céleste, du domaine de l’existence céleste: les shrutis – les shrutis, les impulsions de l’Absolu.

La Bhagavad-Gītā et les problèmes fondamentaux dans la vie

Certainement que le texte ci-dessous, vous invitera à relire la Bhagavad-Gītā de Maharishi à la lumière des questions et réponses entre le Seigneur Krishna et Arjuna. Vous trouverez un lien en fin de texte.

Maharishi: … la Bhagavad-Gītā est une écriture qui parle de la vie entière – toutes les philosophies, toutes les voies de la vie, tous les grands détails du fonctionnement de tous les jours. Mais malheureusement, elle n’a pas été présentée dans sa pleine envergure. La Gītā a été, selon mes conclusions, très pauvrement interprétée jusqu’à maintenant.

La grande importance dans presque toute phase de la vie – j’ai découvert que j’aurai à écrire neuf commentaires sur la Gītā et le message sera pleinement mis en lumière. Il y a six systèmes de philosophie indienne – toute la Gītā, tout verset de celle-ci, peut-être interprété dans toutes ces six différentes manières, de façon que chaque système de philosophie soit enseigné par toute la Gītā – les six systèmes.

Ce sera six commentaires. Les mots sont si élaborés, la structure entière de la Gītā est si riche dans sa présentation, que nous pouvons en retirer, très légalement, très sincèrement nous pouvons en retirer ce que nous voulons. Ce seront les six commentaires pour faire ressortir les six systèmes de philosophie indienne.

Il y aura un septième commentaire, et qui parlera des seize questions. Arjuna expose au Seigneur Krishna, les seize problèmes fondamentaux de la vie. Tout le monde est confronté à des problèmes, ce problème ci, ce problème là. Tous les problèmes pourraient être divisés en seize problèmes principaux de la vie. Tous ces seize problèmes principaux ont été exprimés par Arjuna dans le premier chapitre.

Beaucoup de commentateurs n’ont pas du tout commenté le premier chapitre, pensant qu’il ne donne que les noms des guerriers qui sont assemblés sur le champ de bataille. Mais ce n’est pas les simples noms des guerriers. Le premier chapitre ne peut pas être dispensé comme ça. Quand nous négligeons le premier chapitre, alors nous passons à côté de ces problèmes fondamentaux de la vie auxquels répond toute la Bhagavad-Gītā.

Toute la Bhagavad-Gītā perçue à partir de ce point de vue des seize problèmes fondamentaux de la vie fournit une réponse à toute question en grand détail.

Maintenant considérons, comment les problèmes s’élèvent? Les problèmes s’élèvent seulement du fait de notre manque de plénitude de la situation. Nous sommes seulement capable de voir une chose et pas plus, et quelque soit, ce que nous ne voyons pas, présente le problème. Dans toute phase de problème, que ce soit dans les affaires ou à la maison, ou dans les relations, ou ailleurs – nous ne sommes pas capable de voir le problème entier, la situation entière, et c’est pourquoi cette aspect qui nous manque, présente un problème, ici, là et là.

Quelqu’un dit un mot et nous ne savons pas ce qu’il voulait dire de plus, il a été interrompu et il n’a pas pu le dire. Nous interprétons cela et alors ça commence à nous apporter beaucoup de problèmes. Tout problème est seulement dû à notre manque de plénitude de la situation, caché quelque part derrière le problème.

Le Seigneur Krishna dans sa réponse a présenté le domaine entier de la vie. Il fait savoir à Arjuna tout détail de tous les aspects de la vie – l’absolu et le relatif, et le divin, le divin signifie le pieux ou la vie appartenant aux anges, ou à l’homme et les différents mondes, toute la géographie, l’histoire entière et toutes les différentes espèces.

Alors, Arjuna eu une vision d’ensemble de la vie. Il pouvait voir la vision tout entière. Et alors, il put voir qu’il n’était pas si petit, et si minuscule, et si limité par le temps et l’espace, et ceci, et cela. Et il pouvait voir qu’il n’avait pas seulement à poursuivre le but de sa propre, unique vie individuelle, mais qu’il devait agir comme un instrument de ce qui conduisait l’évolution de la vie cosmique.

Et quand il vit cette grande vision de la vie, quand il vit cette grande vision du Seigneur de toute la création, il ne resta aucun problème, absolument aucun problème.

Les problèmes ne sont jamais résolus au niveau des problèmes. C’est le grand enseignement que la Bhagavad-Gītā nous donne. Les problèmes ne sont pas résolus au niveau des problèmes. L’obscurité ne peut pas être résolue au niveau de l’obscurité. Si vous voulez dissiper l’obscurité, nous ne pouvons pas dissiper l’obscurité en essayant de dissiper l’obscurité.

Nous essayons de dissiper l’obscurité, en arrachant d’une porte ceci ou cela, comment pouvons-nous la faire sortir? Pour dissiper l’obscurité, pour résoudre le problème de l’obscurité, il faut amener la lumière. L’illumination, la connaissance, est la solution à tous les problèmes de la vie. Et la connaissance de quoi? La connaissance de la réalité. La réalité signifie la connaissance de la vie. La connaissance de ce que je suis. La connaissance de tout ce qui est. La connaissance de la réalité.

Qu’est-ce que la réalité? La réalité est ceci et cela. Et la réalité est ceci et cela, les deux pris ensemble… – 1964

Lien vers la Bhagavad-Gītā de Maharishi: https://books.google.fr/books?id=q-oBEVzKT1sC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

À propos de l’importance de dire du bien des autres…

Au début des années 70, Maharishi Mahesh Yogi a donné une conférence en réponse à une question sur l’importance de dire du bien des autres, précisant que la parole est une mesure de la pureté de notre cœur et de notre esprit.

Question: Maharishi, dans votre commentaire sur le Bhagavad-Gita vous dites: «Ne pas chercher l’erreur et ne pas parler des défauts des autres est considéré comme une nécessité essentielle à la réalisation de Dieu et à la libération de la servitude. Quand un homme parle des défauts des autres, il participe aux péchés de ceux dont il parle.» Comment se fait-il que parler des erreurs et des défauts des autres puisse ralentir notre progrès et influer sur le système nerveux? Quels sont les mécanismes impliqués?

Maharishi: Ce qui sort indique ce qui a été à l’intérieur. Ainsi, si les maux de quelques personnes trouvent à s’exprimer, cela signifie que ce mal était enregistré à l’intérieur. Il indique juste la structure du cœur, ce qui est contenu à l’intérieur. Si quelqu’un ne dit jamais de mal des autres, cela signifie qu’il a un cœur pur, il n’a pas de mauvais en lui.

Si quelque chose de mal est fait par quelqu’un, pourquoi devrais-je porter cette erreur, en y pensant ou en me la rappelant, et essayer de la maintenir dans mon cœur? Et si j’en parle, cela signifie que j’ai conservé quelque chose de cela. Et si le mal est conservé, alors le cœur n’est pas pur. Il indique juste quel genre de mémoire est là, si la pureté est enregistrée ou si l’impureté est enregistrée.

Dire du mal des autres cela signifie tout d’abord transplanter le mal de leur cœur dans notre cœur, transplanter le mal de leur esprit dans notre esprit, et alors laisser cette plante grandir en un arbre jusqu’à ce qu’elle s’extériorise. Elle s’exprimera de nombreuses fois. Le processus tout entier enchaîne l’évolution. Il nous tire vers le bas.

C’est pourquoi, parmi toutes les choses, le Seigneur Krishna dit à Arjuna: «Je sais que tu mérites cette connaissance de la liberté, parce que je n’ai su de toi aucun mal de quiconque.» Si vous n’avez dit aucun mal de quiconque, cela signifie que vous n’avez aucun mal dans votre cœur. C’est une mesure.

Nous ne pensons jamais de mal des autres, parce que si quelqu’un a fait mal, pourquoi devrions-nous l’apporter à notre cœur et rendre notre cœur impur? Ce n’est pas nécessaire. Mais si notre cœur est déjà impur, il sélectionnera son goût ici et là et renforcera sa qualité.

Il y a ce proverbe: «les oiseaux de même plumage volent ensemble» «ceux qui se ressemblent s’assemblent.» S’il y a des ordures déposées dans le cœur, alors il récoltera davantage d’ordures à partir de là. Les oiseaux de même plumage volent ensemble. Et puis quel que soit ce qui a été rassemblé, cela commencera à se répandre au dehors.

On ne peut pas dire, «Oh! Comment cet homme ose-t-il se comporter comme cela, en étant méditant?» Parce que l’on ne sait pas combien de bonnes choses se sont développées en lui. Nous ne l’avons pas vu trois ans auparavant. Il y a toujours une amélioration.

Ne pensons jamais quoi que ce soit de négatif de quiconque, en particulier parce qu’une fois que nous méditons, notre force de pensée augmente considérablement. Et si, avec cette force accrue de pensée nous pensons bassement de quelqu’un, nous l’entraînons à être à ce niveau de bassesse.

Ne pensons jamais du mal des autres, et ne l’exprimons pas en paroles. Jamais! Il n’est pas nécessaire d’utiliser notre temps et l’énergie de notre pensée et de notre parole pour quelque chose qui n’améliore pas notre vie, cela ne nous aide pas à nous développer. Cela n’en vaut pas la peine.

Dépensez votre énergie et obtenez la joie, le bonheur, l’évolution, une plus grande capacité à apprécier, une plus grande capacité à créer. C’est de cette façon que nous utilisons notre temps et notre énergie.